Le secteur financier mauricien est en mesure de proposer toute une panoplie de produits et services susceptibles de soutenir la croissance économique en Afrique, en particulier en matière d’investissements dans le secteur minier. Tel est le message transmis hier par des professionnels de la finance à Maurice aux participants de la conférence “Mines and Monet Access Africa”, qui a pris fin à l’hôtel Intercontinental, Balaclava, après deux jours de discussions.
Lors d’une session animée par Ben Lim, Chief Executive Officer (CEO) d’Intercontinental Trust, société de gestion établie dans le secteur du global business, Richard Arlove, CEO d’Abax, également une Management Company, James Benoît, CEO d’AfrAsia Bank, et Shamin Sookian, Head of Listing de la Bourse de Maurice, ces professionnels ont présenté les capacités du centre financier à agir comme plateforme pour la structuration des investissements dans le secteur minier aussi bien que dans d’autres secteurs, les avantages en termes de coûts d’administration et de charges fiscales compétitives offertes par Maurice ainsi que les incitations ou bénéfices associés à une cotation sur le marché boursier local.
« Maurice est une économie réelle. Ce n’est pas un paradis fiscal. L’économie mauricienne est plutôt bien diversifiée », a fait ressortir d’emblée Richard Arlove. Ce dernier s’est appesanti sur les avantages fiscaux liés à l’investissement, rappelant qu’un taux d’imposition uniforme de 15% est appliqué à Maurice avec possibilité pour les sociétés opérant un certificat de “Global Business I” de bénéficier d’un “tax credit”, qui ramène alors le taux effectif à 3%. Richard Arlove a également indiqué qu’il n’y a pas de taxe sur la plus-value ainsi que de “withholding tax”, ce qui est une incitation pour les sociétés holding d’investissement entre l’Asie et l’Afrique. Maurice, a ajouté le CEO d’Abax, est reconnue pour sa coopération en matière d’échanges d’informations et de transparence. Les  traités de non-double imposition et accords de promotion et de protection signés avec divers pays africains offrent des avantages non négligeables et une protection contre toute tentative d’expropriation.
Le centre financier de Maurice est en mesure de pourvoir toute une gamme de services aux sociétés minières tournées vers l’Afrique. Maurice, selon les participants à la table ronde de “Mines and Money Access Africa”, a acquis une expérience en matière d’externalisation de la gestion de registre salarial, de services administratifs de “back-office” et comptables. Ces services peuvent apporter de la substance aux activités des sociétés minières, qui décident de s’incorporer localement. Richard Arlove et Jams Benoît ont également mis l’accent sur les capacités des institutions financières mauriciennes à soutenir les sociétés minières dans leurs démarches pour l’obtention de capitaux frais pour assurer leur développement. Avec ses 23 banques, dont neuf locales, le secteur bancaire mauricien a des ressources pour accompagner les sociétés minières dans l’expansion de leurs activités en Afrique. Cet accompagnement peut prendre la forme de “syndicated loan” ou de partenariat avec d’autres institutions basées dans les pays où les sociétés minières mènent leurs opérations.
James Benoît s’est appesanti sur la solidité, la résilience et la rentabilité du secteur bancaire mauricien. Celui-ci, a-t-il indiqué, présentait, en septembre 2013, un ratio d’adéquation du capital de 16,4%. Le secteur financier, a-t-il ajouté, enregistre aussi un taux de croissance soutenu de l’ordre de 6% annuellement. « We are well positioned to be the banking hub for the African continent », a-t-il soutenu. James Benoît a laissé entendre que les crédits offerts à des entreprises étrangères tournent autour de USD 9,3 milliards, soulignant que les crédits à des sociétés opérant en Afrique ont augmenté de trois fois au cours des trois dernières années.
Sur les quelque 250 sociétés qui se font enregistrer chaque mois dans le secteur du “Global Business” à Maurice, environ 50% sont orientés vers l’Afrique, a annoncé Ben Lim, ce qui selon lui démontre l’intérêt que le continent suscite chez les investisseurs. Pour Shamin Sookia, la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM), représente une plateforme appropriée pour les “Junior Mining Companies” qui recherchent une cotation boursière en vue de lever des capitaux. Selon le Head of Listing de la SEM, il y a nécessité d’établir une connexion étroite entre les sociétés minières qui veulent développer leurs activités en Afrique et les pourvoyeurs de capitaux basés dans le secteur du “Global Business”, plus précisément les “global funds”. La Bourse de Maurice veut et peut jouer ce rôle d’intermédiaire entre les deux parties, a soutenu Shamin Sookia. Ce dernier a ensuite fait état des frais compétitifs qui sont imposés à Maurice pour une cotation boursière. « We are certainly a service platform. We are trying to build the ecosystem aroung mining », a-t-il souligné.
Notons par ailleurs que le Board of Investment a signé un accord avec les promoteurs de “Mines and Money Access Africa” pour la tenue à Maurice des prochaines conférences. La deuxième édition a été fixée à début juin 2015.