Les statistiques parlent d’elles-mêmes : les motocyclistes sont les plus usagers de la route les plus vulnérables. Aussi, le ministre des Infrastructures publiques et du Transport Nando Bodha a annoncé de nouvelles mesures cette année afin de renforcer leur  sécurité. Celles-ci impliquent notamment l’ouverture de six à sept moto-écoles d’ici juillet et un nouveau système pour l’attribution du permis de conduire pour ces véhicules.
Avec un total de 77 morts en 2012, 54 en 2013, 65 en 2014 et 51 en 2015, les motocyclistes sont les plus vulnérables sur nos routes, devançant même les piétons. Raison pour laquelle le ministère du Transport a pour principal objectif de diminuer le nombre croissant d’accidents et de victimes. Lors d’une conférence de presse jeudi après-midi, le ministre Bodha a annoncé une liste de nouvelles mesures à l’intention des motocyclistes à partir de juillet.
Le parc de motocyclettes mauricien est évalué à 200 000 véhicules, toutes catégories confondues. De nos jours, lorsqu’un aspirant motocycliste obtient son “learner”, il est autorisé à piloter n’importe quelle cylindrée, et ce peu importe son nombre d’années d’expérience. Aussi des modifications seront apportées à cette loi, selon le ministre. Avec environ 10 000 “learners” et licences pour motos délivrés chaque année, Nando Bodha a annoncé l’établissement de quatre nouveaux types de permis. Ainsi, les motocyclistes âgés de 15 ans ne pourront conduire que des motos de moins de 50 cc. Après trois ans d’expérience, soit à 18 ans, ils auront alors droit à une licence leur permettant de passer à la catégorie de 50 à 125 cc. Après trois années supplémentaires, ils pourront acquérir une 125-300 cc et, par la suite, à des cylindrées de 300 cc et plus. À noter que les nouveaux motocyclistes plus âgés, de 24 ans par exemple, seront uniquement autorisés à piloter des motos de 125-300 cc, soit le temps pour eux d’acquérir l’expérience nécessaire et d’être éligibles aux plus grosses cylindrées.
De six à sept moto-écoles
Par ailleurs, le “learner” d’un motocycliste ne sera valide que pour six mois, autrement dit le temps nécessaire pour s’inscrire à une moto-école. Cette formation sera obligatoire avant l’examen de conduite. En outre, le “learner” ne donnera plus la possibilité de rouler sur nos routes, sauf si son détenteur est accompagné d’un moniteur accrédité.
Six à sept moto-écoles seront ainsi ouvertes, comprenant une quarantaine de moniteurs homologués par le ministère du Transport et qui auront au préalable suivi une formation de 640 heures. Chacune de ces écoles sera équipée d’une bande bitumée (de 100 m de long sur 6 m de large, en ligne droite, avec des cônes) et d’un bâtiment pour la formation des futurs motocyclistes. La formation comprendra la partie théorique, la maîtrise de l’engin et la conduite. Une attestation certifiant leur participation aux cours sera nécessaire pour que les aspirants puissent passer leur examen de conduite. La dizaine de policiers examinateurs choisis pour superviser les examens devront également se soumettre à une formation spéciale, qui sera plus poussée que celle des moniteurs, comprenant plus de 800 heures. Le ministère des Finances a alloué au ministère de Nando Bodha un budget de Rs 5 M pour la formation des 40 moniteurs et de dix examinateurs durant les quatre mois à venir.
Par ailleurs, Nando Bodha a également mentionné que son ministère travaillera en étroite collaboration avec la National Transport Authority (NTA) afin que les motos importées soient aptes à circuler sur nos routes. Le ministre précise que nos routes n’ont été conçues que pour les voitures, ajoutant que désormais, le “design” considérera aussi la sécurité des motocyclistes et des piétons.