Concernant le ministère de l’Égalité des Genres, le rapport de l’Audit relève divers manquements dans la gestion des abris pour enfants, le non-respect de la loi pour le déboursement de fonds, le Child Protection Register (CPR) pour encadrer les enfants victimes d’abus qui n’a été qu’un feu de paille…
L’Audit relève qu’un contrat avait été alloué à une société privée fin 2012 pour la somme de Rs 2 856 472 pour mettre en place le Child Protection Register (CPR), une base de données informatique pour les quelque 6 000 cas d’enfants concernés par des problèmes de délinquance, maltraitance, violence ou détresse. Cela devait permettre le suivi des abus sur les enfants. En mars 2015, une somme de Rs 2 570 817, soit 90 % du coût total, avait été remise à l’entreprise. Or ce projet n’a jamais décollé.
Un autre manquement concerne un bâtiment à GRNW, dont la construction a été terminée en mai 2012 et qui devait être utilisé comme un centre de soins résidentiels (Drop in Center) pour les enfants victimes d’exploitation sexuelle. Malgré des dépenses de plus de Rs 21 M, ce centre n’est toujours pas en opération, bien que présenté par le ministère comme étant en ligne avec les engagements pris au niveau international. Concernant l’abri La Marguerite, à Belle-Rose, un contrat avait été remis à une organisation non gouvernementale en 2013 pour une somme de Rs 4 725 600 pour une durée d’une année. Le contrat a été reconduit sur une base d’un mois en avril 2014. Un an plus tard, aucun appel d’offres n’avait été formulé par le ministère pour la gestion de l’abri, et plusieurs conditions n’avaient pas été respectées. Le ministère avait alors soutenu qu’avec le recrutement des agents d’exécution, le suivi des abris serait entrepris de manière plus efficace. Pour ce qui est du Shelter pour les enfants en détresse de Floréal, plusieurs manquements ont été également signalés. Entre autres, les livres de comptes étaient introuvables, le personnel en sous-effectif, et ce alors que ce Shelter avait bénéficié d’un Social Program et reçu une somme de Rs 1,89 M en 2011 pour sa rénovation par le Conseil national de l’enfance. En juillet 2009, le ministère avait mis en place un programme de collaboration spéciale pour aider les enfants et les femmes en détresse à Maurice et Rodrigues. Une subvention de Rs 2 M pour chaque projet avait été allouée sur une période de deux ans à cet effet. Selon ce qui avait été décidé, un coordonnateur devait être soutenu dans sa tâche par trois animateurs sociaux, ce qui n’a pas été le cas. Rs 116,4 M avaient été déboursées par le ministère pour 148 projets retenus entre juillet 2009 et décembre 2014, et en avril 2015, le registre des demandes pour des fonds placés sous l’égide du Special Collaborative Programme to Help Women and Children in Distress n’était toujours pas à jour et ne respectait pas les critères imposés.
Le rapport de l’Audit relève également le non-respect de la loi autour du déboursement des fonds. Parmi les irrégularités notées, des chèques signés par différents secrétaires et non le président du board comme stipulé par la loi.