« Maurice est toujours exposée à des risques d’épidémie de chikungunya car seulement 30 % de la population a eu la maladie lors des dernières épidémies de 2005 et 2006 », soutient un rapport du ministère de la Santé publié en décembre dernier. En outre, indique ce document, « très peu ou presque pas de personnes sont immunisées contre la fièvre dengue ».
« La majorité de la population est encore susceptible de contracter ces infections transmises par des moustiques. Et les enfants nés au cours des années précédentes représentent un nombre significatif de personnes non immunisées contre ces maladies », affirment les autorités sanitaires. Pendant les mois d’été, les hausses de températures et les grosses averses entraînant des accumulations d’eau augmentent les risques d’épidémie. « Comme il n’existe aucun traitement spécifique ni aucun vaccin contre le chikungunya et la dengue, la prévention et le contrôle de la prolifération des moustiques restent les seuls moyens de se protéger », indique le ministère. En 2013, 2 115 tests conjoints de chikungunya et de dengue ont été réalisés et 330 tests par “blotting paper” ont été effectués de janvier à mi-décembre dans les services de santé publique. De janvier à novembre, 881 374 sites ont été visités et traités aux insecticides.
Lors de la réunion intersectorielle de décembre dernier, le ministère de la Santé a mis l’accent sur la coopération entre les secteurs privé et public pour contrôler les infections causées par les arbovirus transmis par les moustiques. « Bien que nous n’ayons aucun rapport sur des cas transmis par les moustiques localement, Maurice reste vulnérable à ces infections en raison des liaisons aériennes et commerciales avec des pays où le chikungunya et la dengue sont endémiques », indique le ministère. Dix-sept cas de fièvre dengue ont été détectés parmi des passagers à l’arrivée en provenance de l’Inde pendant la période de septembre à mi-décembre 2013. Quarante-six cas de malaria ont été dépistés, dont 13 chez des Mauriciens en provenance d’Afrique et 33 chez des étrangers ayant voyagé en Inde et en Afrique. Aucun cas de chikungunya n’a été répertorié en 2013, indiquent les autorités sanitaires.
Traitements aux insecticides
Le ministère de la Santé fait ressortir qu’une fois la fièvre dengue introduite dans un pays il est très difficile de l’éradiquer. De ce fait elle a tendance à réapparaître périodiquement. Le moustique Aedes albopictus qui transmet le chikungunya et la dengue est présent à Maurice de même que l’anophèle, vecteur de la malaria. Des cas importés des Comores ont été à l’origine de la première épidémie locale de chikungunya de 2005 qui a resurgi en 2006, rappelle le ministère. Une épidémie localisée de fièvre dengue a également eu cours dans la région port-louisienne en 2009. La surveillance de la maladie est effectuée par la Communicable Dicease and Control Unit du ministère de la Santé. La densité de la population des moustiques est par ailleurs étudiée par la Vector Biology and Control Division et les sites de reproduction des moustiques repérés à proximité des zones résidentielles et dans celles sujettes à des inondations. « Les moustiques sont attrapés et envoyés au laboratoire en vue de la détection de virus et de micro-organismes », indique le ministère de la Santé. Des tests ont été effectués sur des moustiques en provenance de 415 localités à travers l’île. Le screening à l’aéroport à travers le scanner thermal et les tests réalisés sur les voyageurs à l’arrivée au moyen de la technique de « blotting paper » introduite en 2012 au département de virologie font partie des contrôles de routine de l’Inspectorat sanitaire. « En cas de demande de test de chikungunya le laboratoire réalise aussi celui de la dengue et vice-versa car les signes cliniques des deux infections sont plus ou moins identiques », explique le ministère. Des pulvérisations d’insecticides pendant un cycle de dix jours ont lieu dans des lieux à risques et dans les hôtels, pensionnats, hôpitaux, écoles, entre autres. Pendant cette période, 48 580 toits ont été traités, 33 361 drains, 11 092 écoles et 4 493 institutions de santé, entre autres.