Les entreprises du secteur privé peuvent désormais s’inscrire à l’Integrity Pledge Project (IPP), projet visant à engager le monde des affaires dans la lutte contre la corruption à travers l’amélioration des pratiques au sein des entreprises. Lancé hier au Hennessy Park Hotel par le Mauritius Institute of Directors (MIoD) – en collaboration avec l’ICAC, Business Mauritius, Transparency Mauritius et des entreprises privées –, l’IPP comprend un outil d’évaluation permettant aux entreprises d’identifier et de réduire les risques de corruption au sein de leurs opérations.
« Le but de ce projet est de soutenir les entreprises du secteur privé dans la lutte contre la corruption. Nous savons tous que la corruption représente un problème majeur pour le progrès d’une entreprise, tant au niveau de la performance financière qu’à celui de la réputation même de l’entreprise. La corruption a également un impact néfaste sur l’économie d’un pays. Avec l’IPP, nous souhaitons mobiliser un maximum d’entreprises du secteur privé pour qu’elles se soumettent d’abord à l’évaluation de leurs pratiques et, ensuite, pour qu’elles puissent bénéficier d’un programme d’amélioration de ces pratiques. Il s’agit aussi pour ces entreprises de prendre un engagement formel à lutter contre la corruption », déclare Juan Carlos Fernandez Zara, CEO du MIoD, dans un communiqué de presse. Ce dernier a fait une présentation du projet lors de la cérémonie de lancement.
L’outil d’évaluation se présente sous la forme d’un document comprenant 36 questions concernant divers éléments des opérations d’une entreprise, notamment la mise en place d’un programme anti-corruption, la gestion du “sponsorship” et des dons, la gestion des cadeaux au niveau des entreprises, le “whistleblowing” et les contrôles internes. Une fois le questionnaire complété, les entreprises pourront ainsi faire un état des lieux des systèmes existants et identifier les éléments qui nécessitent une amélioration. Les entreprises recevront un score basé sur les réponses données dans le questionnaire et devront obtenir un minimum de 50% pour passer à l’étape suivante, soit la signature du « pledge », qui symbolise leur engagement contre la corruption.
Juan Carlos Fernandez Zara souligne que le processus débouchant sur l’IPP ne signifie pas qu’une entreprise n’est pas affectée par la corruption. « Le projet reconnaît toutefois que la mise en place de pratiques et contrôles au sein des entreprises permet de mieux identifier et gérer les risques de corruption », précise le CEO du MIoD.
Lors de leurs allocutions respectives, le directeur général de l’ICAC, Navin Beekarry, le CEO de Business Mauritius, Raj Makoond, et le directeur exécutif de Transparency Mauritius, Rajen Bablee, ont tous mis l’accent sur le rôle que doit jouer le secteur privé dans la lutte contre la corruption. Un kit explicatif et des formulaires d’inscriptions ont été remis ce matin à des représentants de plusieurs entreprises du secteur privé, les invitant à s’inscrire au projet. L’IPP est financé conjointement par le MIoD et le Centre for International Private Enterprise, une entité basée aux Etats-Unis et qui oeuvre pour renforcer la démocratie dans le monde par le biais du secteur privé.