« Seulement 23 des “Top 50 Companies” mauriciennes comptent des femmes au sein de leur conseil d’administration », a souligné Jane Valls, Chief Executive Officer du Mauritius Institute of Directors (MiOD) lors du lancement du forum “Women on boards in Mauritius” à Ébène ce matin, et ce en présence notamment de la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille. Selon une étude du MiOD, poursuit-elle, les conseils d’administrations sont constitués de seulement 7% de femmes.
La CEO de MiOD a, lors d’une présentation, avancé, données à l’appui, que la présence des femmes aux conseils d’administration des compagnies, à travers le monde, « donne de meilleurs résultats » pour diverses raisons et « diminue les risques de banqueroute jusqu’à 20% ». En Afrique, « la présence de femmes au sein des conseils d’administration pourra ajouter jusqu’à 12% du Produit national brut ». Pour Jane Valls, le défi pour Maurice est « de voir comment “unlock the potential of women” ».
Selon les chiffres communiqués par la CEO du MiOD, seules 25 femmes sont membres de conseils d’administration, certaines d’entre elles siégeant sur plus d’un. Par ailleurs, seulement 7% de femmes siègent aux conseils d’administration des 10 “Top companies” de la SEM. Elle relève aussi que 23% des directeurs enregistrés auprès du MiOD sont des femmes. D’un ordre général, les compagnies « cherchent des gens avec un bagage financier » pour devenir directeur. Dans cette optique, Jane Valls lance un appel aux femmes pour qu’elles se forment à la finance, et ce « afin d’augmenter leurs chances d’être recrutées comme directrices ».
Citant de nombreuses études entreprises à travers le monde, elle fait ressortir que la présence de femmes ou un “more gender-diverse board” contribue « à de meilleures performances en ce qui concerne le retour sur la vente, le retour de l’équité, le retour sur l’investissement, le “stock price growth” et l’operating profit ». De plus, « MSCI studies found that companies with less gender-diverse boards are more likely to be plagued by “governement related controversies” ». Elle souligne que les femmes « tend to be much more risk averse investors than men », ajoutant qu’elles ont une « perspective différente des questions complexes qui touchent le monde des affaires » aujourd’hui. Aussi, le fait que les femmes constituent 70% des consommateurs est, selon elle, « un aspect non négligeable pour chercher à obtenir leurs points de vue » sur le comportement économique et le choix des consommateurs.
Selon Jane Valls, il y a une dizaine d’années, une étude de Price Waterhouse Coopers avait révélé que 5% des femmes occupaient des postes à responsabilités, la CEO du MiOD ajoutant « ne pas avoir de doute que ce pourcentage ait doublé ». Elle souligne que 50% des détenteurs de licences des universités mauriciennes sont des femmes et estime que si elles ne sont pas incluses dans les compagnies, « cela constituera une sous-utilisation de leurs compétences ». De plus, « si la compétition pour un poste à responsabilités inclut à la fois l’homme et la femme, la compagnie augmente ses chances de trouver le meilleur ». Elle note également que les compétences féminines seront « bientôt nécessaires dans un pays vieillissant où le “skilled labour” est en nette diminution ». De même qu’il faudrait, selon elle, consolider l’économie et financer de manière durable le système de pension. Elle dit constater que des “poor career prospects” découragent les femmes à poursuivre leur carrière. Toutefois, l’intervenante a souligné qu’à travers le monde, la présence de femmes au sein des conseils d’administration est de 12%, la Norvège arrivant en tête avec une présence féminine de 35%.
Lekha Seebaluck, codirectrice avec Aisha Allee-Mosaheb de Blast Communication, a également fait une présentation de la compagnie, qui a vu le jour en 2004 et qui se développe avec une forte présence féminine à tous les niveaux.