La somme de Rs 1,4 milliard est dépensée annuellement dans le cadre des actions concernant la violence domestique et la violence à l’égard des femmes, selon une étude menée il y a quelques années par l’ancien ministère de la Femme. C’est ce qu’a indiqué la ministre de l’Égalité des genres Mireille Martin lors d’un récent discours à la haute commission britannique à Floréal dans le cadre du projet Men Against Violence de Women in Networking. MAV compte mener auprès des garçons âgés de 11 à 22 ans une campagne de sensibilisation sur la lutte contre la violence.
La ministre de l’Égalité des genres a observé que ces « 1.4 billion rupees to deal with could have been used in a different and more constructive manner ». Mireille Martin a déclaré que son ministère vient de lancer une plateforme contre la violence domestique, tout en se disant croire dans l’engagement citoyen pour combattre ce fléau. « We can make a difference », a-t-elle lancé.
En marge de la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes le 25 novembre, Women in Networking (WIN) organise une série d’activités. Outre une campagne de sensibilisation à travers des affiches, brochures, entre autres, 25 hommes de Men Against Violence (MAV) sont formés pour mener une campagne de proximité auprès des garçons de 11 à 22 ans. La formation est assurée par Suzanne Williams, consultante britannique ayant de longues années d’expérience sur le sujet pour avoir entre autres travaillé pour Oxfam. La formation a eu lieu le week-end dernier. Elle a repris jeudi et se poursuit jusqu’à dimanche.
WIN est d’avis que la tranche d’âge 11-22 ans est la plus appropriée pour faire la différence si on veut briser le cycle de la violence et changer l’attitude des hommes vis-à-vis des femmes. S’adressant aux invités de la réception, Mme Williams a rappelé que la violence peut prendre différentes formes, dont socio-économique, émotionnelle et psychologique. Selon elle, « it is all about sensibility. We are all affected by violence ».
Répondant à une question du Mauricien sur le degré de conscience de l’auteur d’un acte de violence notamment psychologique ou émotionnelle, la consultante britannique a affirmé que celui-ci n’en est pas toujours conscient. « It is also sometimes unconscious. » Suzanne Williams a cité l’exemple d’un groupe d’hommes qui font des plaisanteries qui peuvent être perçues comme de la violence ou encore qui disent des choses sous la pression de leurs amis. Cependant, a-t-elle précisé, « they also have the choice to try to understand and how to react. There is no excuse ». D’autant que souvent l’on est conscient qu’il y a une limite à ne pas franchir.
Suzanne Williams a par ailleurs indiqué que la pire violence, notamment émotionnelle, existe au sein de la famille. « You know the expression death by a thousand cuts », a-t-il affirmé en expliquant que ces violences subtiles minent et nuisent les femmes au sein du couple jusqu’à ce qu’elles perdent toute estime de soi. Dans certaines situations, a poursuivi la consultante, la séparation peut en être la seule solution. Cependant, « il y a souvent des hommes qui décident de changer car ils souhaitent rester avec leurs femmes et enfants. D’ailleurs, on en a vu de nombreux exemples ».
Lors de son intervention, Mme Williams a parlé des femmes qu’elle a rencontrées au Brésil et qui se coupaient le bras pour sentir quelque chose à force d’être constamment sous le choc. Elle a aussi déclaré que le changement commence par nous. « Small change can make big difference and change is possible », a dit la consultante tout en notant que beaucoup d’hommes se sentent concernés par la situation.
Le WIN Champion de MAV, pour sa part, a soutenu  que 35 % des hommes sont violents. Or, a constaté  Eddy Jolicoeur, comme la majorité ne le sont pas, « we’ll try to make it to 100% ».
Par ailleurs, dans le cadre de son action de sensibilisation, WIN a lancé un projet pour recueillir un maximum de signatures de ceux qui s’engagent contre la violence à l’égard des femmes. Les signatures seront ensuite remises au Speaker de l’Assemblée nationale. L’organisation souhaite que les politiques font de cette question leur priorité.