La Central Investigation Division (CID) de Rivière-Noire est de nouveau sous les feux des projecteurs. Après la charge provisoire d’assassinat retenue contre cinq policiers dans l’affaire de brutalité policière alléguée sur la personne d’Iqbal Toofany, qui serait mort après avoir été battu à mort, cette fois, c’est un pêcheur de Tamarin qui déclare avoir été menotté aux pieds lorsqu’il a été interrogé par des enquêteurs de la CID à l’hôpital Victoria, à Candos, suite à un incident survenu en 2009 à Tamarin avec son beau-frère. Le contestataire avait logé une mise en demeure en Cour suprême. L’affaire sera entendue en mai de cette année.
Dooyoodan Neemye, le contestataire, avait logé une mise en demeure en janvier 2010, dénonçant la manière dont la police de Rivière-Noire l’avait traité lorsqu’il était admis à l’hôpital Victoria suite à une altercation avec son beau-frère dans la matinée du 2 janvier 2009. Ce dernier a succombé à ses blessures alors que Dooyoodan Neemye a, lui, été brûlé au second degré. Suite à cette altercation, le contestataire relate qu’il s’est rendu au poste de police de Rivière-Noire pour consigner une déclaration à la police, mais qu’au vu de graves blessures au corps, l’officier qui l’a entendu lui a demandé d’aller se faire soigner avant qu’il ne donne sa version des faits. Il avait alors été admis à l’hôpital Victoria pour des soins. Dooyoodan Neemye explique ainsi qu’il ne savait pas qu’il avait un statut de suspect dans cette affaire et pensait que les officiers de police qui étaient venus l’interroger ne faisaient que prendre sa déclaration. Toutefois, il s’est aperçu que, pendant son admission à l’hôpital, il était sous surveillance policière.
Dooyoodan Neemye relate ainsi que le 4 janvier 2009, un policier avait demandé à ce qu’il soit menotté aux pieds sur son lit d’hôpital, sans lui donner de raisons. Le contestataire ajoute que sa femme et ses enfants étaient « choqués et traumatisés » quand ils sont venus lui rendre visite, en voyant ses menottes aux pieds. D’autant plus, dit-il, que tous ceux qui faisaient le va-et-vient à l’unité des grands brûlés pouvaient le voir ainsi menotté. Il s’avère d’autant plus que, quand il devait prendre une douche ou aller aux toilettes, l’officier qui le surveillait retirait les menottes qui l’attachaient au lit mais gardait ses pieds enchaînés et l’accompagnait. Le plaignant déplore le fait que ces agissements ont cessé le jour où son conseiller légal lui a rendu visite à l’hôpital, soit le 15 janvier 2009. Le contestataire a obtenu sa décharge de l’hôpital le 16 janvier 2009.
Dans sa mise en demeure, l’intéressé déplore le fait d’avoir été traité comme « un dangereux criminel qui a dû être enchaîné à son lit d’hôpital pour des raisons de sécurité ». Il soutient que les agissements des officiers de police l’ont « humilié » devant sa famille et devant tous ceux qui ont pu le voir à cette période, ajoutant que cela a terni sa « réputation » aux yeux de la société. Il demande ainsi, dans cette mise en demeure, des dommages de Rs 1 M pour préjudice subit. Dooyoodan Neemye est représenté par Me Yahia Nazroo et l’avoué Komadhi Mardemootoo.