Elle enchaîne depuis trois ans les concours dédiés à la cause environnementale. Après son succès au concours Miss Earth Mauritius en 2016, Amber Korimdun a été sacrée Miss Eco International Mauritius deux ans plus tard. Avec ce titre en poche, elle a représenté Maurice au niveau international en Égypte au début de cette année. Fort de ses succès et de ses expériences, l’enseignante de 24 ans est encore plus verte d’ambition pour contribuer au réveil écologique.

Depuis un an, elle enseigne l’anglais à la Northfield International High School. Un métier où la jeune femme s’épanouit. Cette amoureuse de la langue de Shakespeare aime partager son savoir, être au contact des jeunes et surtout être en mesure de faire germer ses idéaux auprès d’un public plus que réceptif au réveil écologique.
Elle nous reçoit lors de sa pause déjeuner. Très à cheval sur la “ponctualité”, la Miss Eco International Mauritius ne cesse de jeter des coups d’œil à sa montre, de peur d’être en retard…

Ambitions écologiques.

Avec un père journaliste et une mère au foyer, la benjamine de cette fratrie de deux enfants a longtemps été une “fille à papa” quelque peu insouciante. Aujourd’hui, avec son sacre et sa carrière professionnelle, elle prend la mesure de ses responsabilités d’adulte. C’est motivée par une mentalité écoresponsable que la passionnée de randonnée s’est inscrite au concours Miss Eco International Mauritius, fondé par Let’s Take Care of the planet (projet de l’ONU). Une plate-forme qui a comme objectif de sensibiliser et de créer un impact à travers le thème du tourisme et de l’environnement.

Amber Korimdun s’est envolée en mars dernier pour l’Égypte dans le but de représenter Maurice à l’étape internationale de ce concours réunissant 80 pays. Une expérience qui lui a permis d’avoir une exposition internationale et de s’imprégner positivement des ambitions écologiques d’autres pays participants. “Chaque fille est venue avec ses idées et les actions prises au niveau écologique dans son pays. Il y a des projets qui peuvent s’appliquer à Maurice.”

Mettre la main à la pâte.

Amber Korimdun souhaiterait s’investir davantage auprès d’autres associations et ONG. Elle est consciente que remporter ce concours ne la qualifie pas automatiquement comme ambassadrice de la cause verte. “À Maurice, même si c’est un concours de beauté avec une cause environnementale, on a tendance à toujours l’associer à l’univers de la mode. Seule, je peux apporter ma voix, mais pour faire bouger les choses, il faut travailler de concert avec d’autres plates-formes.”

Lors de la compétition Miss Eco en décembre dernier, “nous avons collaboré avec la Chinatown Foundation, qui a comme objectif de redonner vie à ce quartier de Port-Louis”. Entre autres visions pour sécuriser et booster l’économie de ce quartier de la capitale, un volet de ce projet vise à embellir et assainir son environnement. “Nous avons planté des arbres et nettoyé le coin. En participant à Miss Eco International Mauritius, mon but n’était pas uniquement de prendre part à un concours de beauté pour me valoriser. Le fait que cette plate-forme ait une visée autre que les concours classiques me correspondait bien”, précise cette fitness addict. Celle qui se décrit comme une personne très simple et terre à terre explique “qu’on est amené à mettre la main à la pâte en faveur de notre environnement”.

Sensibilisation.

La Miss verte estime qu’à l’échelle nationale, davantage d’actions et de projets pourraient être implémentés. “Des matières en ce sens devraient être enseignées aux élèves.” L’enseignante d’anglais a comme ambition de lancer un projet d’eau potable dans les écoles de Maurice. “La sensibilisation commence dès cet âge. C’est à travers l’éducation que nous serons en mesure d’éveiller les consciences.” En attendant, nous pouvons tous contribuer individuellement à une île Maurice meilleure. “Pourquoi ne pas adopter la méthode écologique des 5R dans notre quotidien ?” Une philosophie zéro déchet à cinq règles consistant à refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter. “Nous pouvons commencer le combat à la maison en adoptant des gestes écoresponsables qui feront plus tard une différence. La gestion de déchets est primordiale. Pour ne pas polluer davantage notre environnement, il faut trier, recycler, réutiliser.” On ne cesse de le répéter, “mais rien qu’en évitant de jeter les vêtements non utilisés et en les donnant à d’autres, cela fait une différence. Nous sommes dans une société où l’on consomme plus qu’il n’en faut. Nous devrions tous adopter une approche plus saine dans notre style de vie”.

Chaque action compte.

Dans l’institution où elle travaille, la Miss Eco s’épanouit grâce à plusieurs petits projets. Tout dernièrement, elle a mis en place un Eco Fashion Club, permettant d’adopter une attitude de mode écoresponsable. “Avec des matières recyclées, nous confectionnons des vêtements qui seront présentés lors d’un show pour la Fête de la Musique. Une aubaine pour créer une prise de conscience sur la gestion des déchets.” Pour minimiser l’usage du plastique, “les élèves sont aussi invités à apporter leurs propres récipients à l’achat d’un repas ou à remplir leurs bouteilles à la fontaine d’eau”.

En marge de la Journée Mondiale de l’Océan, observé le 8 juin, Amber Korimdun souligne que pour éviter d’agrandir davantage “le continent de plastique” et tuer à petit feu notre écosystème marin, le travail doit commencer chez nous. “L’état de nos océans est alarmant. Comment des brosses à dents et d’autres objets se retrouvent-ils dans l’océan ?”. Même si nos actions ne doivent pas se limiter à une journée, la jeune femme estime que cela peut aider, dans la mesure où cette journée engendre plus de mobilisations. “À l’époque où nous vivons, chaque action, chaque voix et chaque journée comptent dans ce combat.”