La Mission d’observation électorale de l’Union africaine (MOEUA), conduite par la chef de mission, le Dr Aminata Touré, ancienne Premier ministre du Sénégal, a rendu un rapport préliminaire positif concernant le déroulement des élections générales de 2014. Le rapport préliminaire a été rendu public à l’hôtel Labourdonnais en présence des 30 observateurs venus de 19 pays du continent africain, dépêchés par la Commission de l’Union africaine dans le cadre des élections générales de cette année.
La MOEUA était représentée par 30 observateurs, dont des parlementaires panafricains, des responsables d’organes de gestion des élections et des membres d’organisations de la société civile. Cette délégation étrangère était conduite par la chef de mission, le Dr Aminata Touré, ex-Premier ministre et ex-ministre de la Justice de la République du Sénégal. Dans un rapport préliminaire rendu public hier soir à l’hôtel Labourdonnais, à Port-Louis, la chef de mission dresse un bilan positif du déroulement des législatives de cette année. « La mission d’Observation de l’Union africaine note avec satisfaction que les élections législatives du 10 décembre 2014 se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes de liberté et de transparence », en observant aussi « qu’aucun électeur n’a été privé d’exercer son droit de vote et que le secret du vote a été bien préservé dans tous les bureaux de votes visités ».
Cependant, la MOEUA devait faire part de quelques recommandations au Parlement en vue des prochaines législatives lors de ces observations au jour de vote jusqu’au jour de la proclamation des résultats. La MOEUA remarque par ailleurs « des disparités significatives entre la taille de la population de certaines circonscriptions » et recommande à la Commission des délimitations des circonscriptions de « procéder à un examen de la délimitation de circonscriptions afin d’avoir une représentation plus équilibrée et plus juste du territoire national ». La MOEUA relève aussi le fait que c’est la première fois que les électeurs se serviront d’une pièce d’identité pour aller voter et constate que « ces réformes n’introduisent pas un mécanisme efficace pour éviter le double vote comme le ferait le doigt imbibé d’encre ».
Concernant la représentation de la femme dans toutes les fonctions applicables lors de ces élections générales, la MOEUA recommande la réforme du cadre juridique afin d’assurer la parité des sexes à l’Assemblée nationale, notant une amélioration de la représentation de la femme au cours des cinq dernières élections, mais remarquant toutefois que les chiffres ne sont pas conformes aux normes « de la charte africaine sur la démocratie et sur les objectifs de parité établie par la SADC sur le genre et le développement ». La MOEUA note aussi qu’il n’existe aucune législation spécifique « régissant le financement des partis politiques et des candidats ». Mais aussi : « Il n’y a pas de financement public des partis politiques et des campagnes électorales en république mauricienne. Cette situation ouvre la porte à l’influence indue de l’argent privé dans les élections et dans la sphère de l’élu. » Elle recommande ainsi la réglementation du financement privé des partis politiques et la mise en place du financement public des partis politiques. La MOEUA note aussi que la répartition du temps d’antenne aux partis et aux candidats pour des émissions politiques « n’est pas réglementée par la loi, mais plutôt par le radiodiffuseur lui-même, en consultation avec les partis et les candidats ». Elle recommande ainsi d’inclure dans la loi électorale la régulation des médias en période électorale et d’assurer un accès équitable aux médias par les partis politiques et les candidats. Elle recommande aussi une « réglementation en vue d’avoir une date butoir de fin de campagne électorale et d’interdire toutes activités de campagne le jour du scrutin ».