Sophie Kammerer-Farant, directrice du Service Louvre-conseil et Clio Karageorghis, architecte-conseil du Musée du Louvre, ont passé une semaine à Maurice, à la demande du ministre des Arts et de la Culture, Santaram Baboo, pour faire un état des lieux de nos musées nationaux, notamment ceux de Port-Louis et de Mahébourg. Lors d’une conférence publique suivie d’une cérémonie de signature de renouvellement de l’accord-cadre culturel avec le gouvernement français, à l’Institut français de Maurice (IFM), à Rose-Hill, vendredi dernier, Sophie Kammerer-Farant devait, en réponse à une question du Mauricien, soutenir qu’« il y a un patrimoine digne d’intérêt à Maurice, mais il faudra repenser la façon dont ces collections sont mises en valeur ».
Tout en soulignant qu’il serait un peu tôt pour dresser un état des lieux des musées visités dans le cadre d’un projet échelonné pour une mise aux normes internationales de ces institutions, Sophie Kammerer-Farant a affirmé qu’il leur faudra « du temps pour analyser et laisser mûrir les éléments de terrains recueillis » au cours de ce séjour avant que sa collègue et elle ne s’attellent à l’écriture d’un rapport détaillé, dès leur retour à Paris, et qu’elles soumettront aux autorités. Elle constate qu’« il y a une volonté politique » à mettre en valeur les collections des musées mauriciens, qui rappelle-t-elle, a été le point de départ de cette mission. Le ministre des Arts et de la Culture, Santaram Baboo, avait sollicité l’expertise du Louvre lors de son déplacement à Paris en mai 2015, à l’occasion d’une exposition à l’Unesco intitulée « History and significance of the National Archives in the Republic of Mauritius ». Pour elle, « c’est un atout important pour l’évolution du projet ».
Lors de ce premier déplacement à Maurice du Service Louvre-conseil, qui intervient et accompagne des pays, à leur demande, dans la création et la mise à niveau des musées et la revalorisation de leurs collections, Sophie Kammerer-Farant souligne qu’elles ont eu des rencontres avec une trentaine de personnes issues de domaines divers de la culture et du patrimoine, dont des collectionneurs, des historiens et des artistes. Cela leur a permis d’avoir « une vision complète mais non exhaustive de la situation à Maurice ». Elle ajoute qu’elles ont reçu, à chaque fois, un accueil chaleureux de la part des Mauriciens et ont été frappées « par le dynamisme de Maurice à faire de la culture un moteur du développement futur ». Les deux missionnaires du Louvre ont également visité les deux sites mauriciens classés patrimoine mondial de l’Unesco, à savoir l’Aapravasi Ghat et le paysage culturel du Morne, le Blue Penny Museum et le musée de l’Aventure du Sucre durant leur séjour.
Dans son discours vendredi à l’occasion de la signature d’un avenant à l’accord-cadre de coopération culturelle, l’ambassadeur de France à Maurice, Laurent Garnier, a souligné que cet accord de coopération culturelle entre les deux pays comporte un nouvel élément portant sur la mise en valeur du patrimoine muséal et des formations. Une nouveauté qui intervient pour la première fois depuis la signature du premier accord datant des années 70. Le renouvellement de l’accord de coopération intègre également le développement de l’industrie cinématographique à Maurice. Répondant à une question d’un membre du public qui souhaitait être mis au courant du contenu de cet accord, Laurent Garnier a souligné que « les éléments de cet accord sont publics ».
Par ailleurs, à l’issue d’une présentation des services du Louvre-conseil et de l’exposition temporaire qui a lieu au musée du Louvre pendant trois mois deux fois par an, Clio Karageorghis a, en réponse à une question du public, souligné qu’aucun déplacement d’une exposition temporaire du Palais du Louvre n’est prévu pour Maurice ou La Réunion. À titre indicatif, elle souligne qu’il est difficile pour Le Louvre de déplacer des éléments de sa collection pour une exposition temporaire au Louvre de Lens, par exemple, qui se trouve à une heure de train de Paris.