Le Comité d’enquête institué par le gouvernement pour faire la lumière sur les graves allégations de pédophilie contre un ex-instructeur du MITD a conclu que celles-ci ne tiennent pas la route. Le Fact Finding Committee (FFC) s’est basé sur le rapport d’un examen médico-legal faisant mention de « intact genital conditions ». De ce fait selon le comité d’enquête il n’a pu y avoir de relations sexuelles.
Le ministre de l’Éducation a fait une déclaration au parlement hier sur le rapport de ce FFC mais n’a pas déposé de copie de ce document. Les réactions n’ont pas tardé : indignation du côté des femmes parlementaires de la majorité qui réclament la démission de Pravind Jugnauth pour avoir utilisé le terme « gouvernement pédophile », tandis que la Commission femmes du MMM se pose certaines questions et parle de « conclusion hâtive ».
C’est dans le sillage d’une PNQ du leader de l’Opposition le samedi 17 novembre 2012 sur cette affaire que le gouvernement a pris la décision d’instituer un Fact Finding Committee (FFC) et d’en confier la présidence à la magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen. Ce comité d’enquête, qui a commencé ses travaux en janvier dernier, a soumis son rapport le 29 mars. Il y a eu au total 28 témoins qui ont déposé à cette instance durant la période du 12 février au 15 mars.
Voici les principales conclusions de ce FFC que Vasant Bunwaree a communiquées hier au Parlement : aucun des 28 témoins n’est venu de l’avant pour dire qu’ils ont vu l’instructeur N.C. et la mineure V.A. « together involved in an inappropriate behaviour » ; il n’y a eu aucun « independent evidence » pour soutenir les allégations d’acte abusif ; le propriétaire du pensionnat où les actes allégués auraient eu lieu a affirmé que cette maison a cessé d’opérer depuis plusieurs années.
Le point saillant du rapport du FFC a cependant trait à un rapport médico-légal évoquant la « partie génitale intacte » de la mineure et qui conduit le comité d’enquête à parler de « speculations » dans cette affaire. « According to this medico-legal report, the examination of the minor on 25 February 2013, has revealed that there could not have been any sexual intercourse upon her in view of the intact genital conditions. The Fact Finding Committee finds that this medical evidence is crucial to put an end to speculations. »
Cependant, le FFC recommande la police de poursuivre son enquête dans cette affaire en fonction des informations à obtenir auprès des fournisseurs de la télécommunication. « In light of the information to be obtained from telecommunication service providers as per section 32 of the Information and Communication Technology Act 2001, the Police should pursue its enquiry and refer the matter to the Director of Public Prosecution for any further action. »
Le FCC a aussi fait quelques observations sur la manière dont cette affaire a été traitée et médiatisée. Ce comité d’enquête a fait des recommandations pour une meilleure gestion de ce genre de problème qui pourrait surgir à l’avenir. Par ailleurs, il soutient que le ministère de l’Égalité des genres, du Développement des Enfants et du Bien être de la Famille « should communicate more with other institutions and improve its standard practice with regard to provision of information ». Selon lui, la police aussi devrait « should act promptly » dès qu’elle est en présence d’une plainte concernant un enfant en vue de rassurer le public.
Si les conclusions du FFC ont été comme une douche froide pour l’opposition hier après-midi au Parlement en revanche, les députés de la majorité ont hué le camp adverse. « Shame » « Zet labou lordimoun pou nanrien, pa honte », « menteur », ont crié des députés du gouvernement. La députée Nita Deerpalsing s’est distinguée dans cette vacarme, en s’en prenant directement à Pravind Jugnauth. « Al zet to lekor dan kaskad », a-t-elle lancé en direction du leader du MSM.