« La Commission for Conciliation and Mediation (CCM) a failli à sa tâche », estime le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, au sujet de l’affaire de pédophilie alléguée au MITD. Suite à une deuxième suspension d’Hemandar Madhow en tant que président de la MITD Employees Union pour avoir fait des dénonciations à la presse, le MITD, ayant reconnu que celui-ci l’a fait en tant que syndicaliste et non en tant qu’employé, aurait verbalement accepté, en septembre 2013, de le réintégrer. Mais faute de signature d’un accord entre Madhow et le MITD, tâche qui, selon la FCSOU, « aurait dû incomber à la CCM », le premier nommé n’a pu réintégrer son poste. Suite à cela, la FCSOU demande la révocation des ministres du Travail et de l’Éducation.
Selon le président de la FCSOU, au moment où l’affaire de pédophilie avait éclaté au MITD, l’institution a cherché des « boucs émissaires ». Il poursuit : « Malheureusement, les employées Pascal Baudet et Sudha Singh sont tombées dans le filet. C’était un complot suite à une PNQ, à l’Assemblée nationale, sur cette affaire. » Dans ce même contexte, selon M. Gopee : « Hemandar Madhow a dénoncé beaucoup de choses au MITD et, suite à cela, il a été suspendu de ses fonctions. Il a été convoqué devant un board disciplinaire et lorsqu’on a vu qu’il avait fait ces déclarations en tant que syndicaliste, et non en tant qu’employé, on n’a pu le sanctionner et il a réintégré son poste », rappelle-t-il. Et d’ajouter qu’à la suite de sa réintégration au MITD, M. Madhow a fait d’autres déclarations en tant que syndicaliste. « Là aussi, ils ont trouvé une raison pour le suspendre une deuxième fois. »
La FCSOU dit avoir écrit à ce sujet au Premier ministre et au ministre du Travail Shakeel Mohamed afin « qu’ils y mettent de l’ordre ». N’ayant point eu de réponses de leur part, M. Gopee indique avoir écrit au Bureau international du travail. « Cette instance a écrit au gouvernement mauricien pour chercher des explications. Dans une lettre que j’ai reçue du BIT lundi, il est fait mention de la position de Maurice sur le cas de Madhow. Mais je vois que Maurice a induit le BIT en erreur. Le fait que le MITD a refusé de reprendre Madhow et qu’il n’y a pas eu de démarches de la part du PM et du ministre du Travail, j’ai approché la Commission for Conciliation and Mediation. »
Selon Narendranath Gopee, après trois réunions avec la CCM, le MITD et Madhow, il a été convenu, verbalement, lors de la dernière rencontre, en septembre dernier, de réintégrer ce dernier. Mais « la CCM n’a pas bien fait son travail », poursuit-il, ajoutant : « Le président aurait dû faire signer un accord par Madhow et le MITD. Aujourd’hui, le MITD, malgré ce qui était convenu, refuse de signer cet accord. » L’ancien président de la MITD Employees Union a ainsi « enregistré une deuxième “labour” dispute à la CCM ». Et d’ajouter : « D’après la loi du travail, si le président de la CCM juge que le conflit ne tient pas selon la loi, il dispose de 14 jours pour le rejeter. Or, ce n’est que trois mois après qu’il vient dire qu’il rejette ce conflit. C’est complètement illégal. » Selon M. Gopee, « nous avons, de fait, logé une affaire au tribunal pour un award ». Par ailleurs, la FCSOU demande la révocation des ministres du Travail et de l’Éducation « au vu de leur silence total dans cette affaire ».