Lors d’un « management meeting » tenu mercredi, mot d’ordre de la direction pour ne pas divulguer des informations à la presse visant à « ternir l’image de l’institution »

La direction du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) s’est réunie mercredi pour annoncer les délibérations du board. Nombreux ont été choqués d’apprendre la nomination de Mahendranath Mungur, qui remplissait jusque-là les fonctions par intérim au poste d’Assistant Manager Logistics and Procurement.

L’appel à candidatures pour ce poste vacant avait été lancé il y a un mois suite à des doléances reçues sur la façon de travailler de ce dernier. L’on dénonce une fois de plus la nomination de quelqu’un proche du pouvoir. Par ailleurs, la direction a fait comprendre que les employés ne doivent pas divulguer d’informations internes à la presse.

La nomination de Mahendranath Mungur au poste d’Assistant Manager Logistics and Procurement n’est pas vue d’un bon œil par les employés du MITD. Jusqu’à récemment, ce dernier agissait comme Acting Assistant Manager Logistics and Procurement en raison de son ancienneté. Suite à des doléances de plusieurs centres de formation, dénonçant « une certaine incompétence et des achats retardés », le management avait pris la décision de lancer un appel à candidatures pour trouver un autre candidat à ce poste. Raison pour laquelle les employés ont été choqués d’apprendre hier que c’est bel et bien Mahendranath Mungur qui a été nommé à ce poste. « Il y a eu plusieurs plaintes concernant cette personne. Pendant longtemps, les achats d’équipements ont été retardés et ceux audités pour être mis en vente à l’encan n’ont pas été disposés. Il n’a rien fait et la direction était bel et bien au courant des plaintes à son égard.

D’où la décision du management de “advertise” ce poste pour trouver un autre candidat. Aujourd’hui, il a été nommé parce qu’il est le frère d’un ex-ministre et qu’il est le cousin d’un membre du MSM », s’insurgent les employés du MITD. Ils soulignent que « les nominations au sein du MITD se font une fois de plus non pas en fonction des compétences, mais sur la base de la politique de petits copains ».

Lors de la réunion de mercredi pour annoncer les délibérations du board, la direction s’est fait un devoir de prévenir ses employés qu’ils ne doivent pas divulguer d’informations qui pourraient « ternir l’image de l’institution » à la presse. « On nous a fait comprendre qu’il ne faut pas communiquer avec la presse et qu’il pourrait y avoir des sanctions », disent-ils. La direction aurait aussi, lors de cette réunion, concédé que le problème de questionnaire identique à celui de 2018 pour les élèves ayant pris part au National Certificate Level 3 et 4 dans la filière “Engineering” est « grave », mais devait toutefois se contenter de dire qu’elle « fera une croix sur la personne ayant préparé le questionnaire ».

Or, les formateurs soulignent que « c’est tout un département qui est concerné, et non pas une seule personne, car après que les questionnaires sont préparés par des personnes externes, il y a un modérateur qui effectue contrôle de “quality assurance” pour, justement, trouver les fautes et évaluer le questionnaire » en relation avec l’Assessment Scheme. « Comment se fait-il que personne n’a remarqué qu’il y a un problème avec le papier ? Tous les ans, il y a des problèmes avec les questionnaires, car il n’y a plus de contrôle de “quality assurance” au sein du MITD. C’est tout le département qui doit être revu », disent-ils.

Par ailleurs, la direction aurait préféré ne prendre aucune décision concernant le « cafouillage » au niveau des salaires et des fiches de paie à ce stade. « Le management s’est contenté de dire qu’actuellement, ce sont juste deux personnes qui font le “payroll” manuel de plus de 800 employés », font ressortir les employés.