Le MITD a informé, récemment dans une lettre, l’assistant manager du centre de formation d’Ébène de sa réintégration mais a émis un “severe warning” contre lui. Hemant Madhow, suspendu de ses fonctions depuis le 21 janvier, rejette cependant cette décision qui intervient après la soumission des recommandations du comité disciplinaire à la direction de l’institution le 25 mars. Le syndicaliste la qualifie d’ailleurs d’« injuste ». Son homme de loi Me Kishore Pertab réclame, lui, la publication du rapport du comité.
Le comité disciplinaire institué pour faire la lumière sur l’affaire Hemant Madhow avait soumis son rapport le 25 mars. Or, ce n’est que tout récemment que le MITD a fait connaître sa décision. L’institution informe l’assistant manager du centre de formation d’Ébène, dans une lettre, de sa réintégration avec un severe warning.
« In light of the foregoing, the MITD Board has after a review of your personal file decided, (a) reinstate you in your employment with immediate effect, (b) to give you a very severe warning, (c) to closely monitor your acts and doings, more particularly as regards compliance with the rules and regulations of the MITD », soutient l’institution dans sa correspondance. Le Board du MITD fait aussi savoir à Hemant Madhow qu’il pourrait être sujet à « more severe disciplinary actions ».
Pour l’assistant manager, la décision du MITD est une autre « injustice » à son égard. « Si l’établissement avait simplement à passer en revue mon personal file pour prendre une décision, alors pourquoi avoir gaspillé l’argent public en instituant un comité disciplinaire pour se pencher sur cette affaire ? », s’insurge le syndicaliste.
Hemant Madhow estime par ailleurs que l’attitude du MITD constitue « une sorte de harcèlement ». Dans sa lettre de réintégration, ajoute-t-il, son employeur ne lui laisse aucune chance de faire appel. Il insiste ainsi sur une réintégration sans aucune condition.
Son homme de loi Me Kishore Pertab se dit pour sa part convaincu que les recommandations du comité disciplinaire, présidé par Me Hervé Lassémillante, n’ont pas été mises en pratique. « Je mets au défi le MITD et le ministère de l’Éducation de venir en avant avec ce qui est écrit dans le rapport », déclare-t-il. Il demande ainsi qu’une copie du document lui soit remis ainsi qu’à son client. « Si vous ne le pouvez pas, alors rendez-le public pour la transparence ! »
Pour Me Kishore Pertab, le MITD fait subir une « réintégration arbitraire » à son client. « De plus, cette institution n’a pas respecté le délai de sept jours prescrit par la loi pour faire connaître sa décision », lance l’avocat précisant que d’autres actions judiciaires pourraient être entamées.
Rappelons que l’assistant manager du centre de formation du MITD à Ébène a été suspendu de ses fonctions le 21 janvier avec effet immédiat. Cette action disciplinaire était justifiée par l’établissement à travers « cinq charges » retenues contre Hemant Madhow, également président de la MITD Employees Union. On lui reprochait, entre autres, d’avoir fait des commentaires jugés non-fondés sur la gestion du MITD sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre dernier et d’avoir ouvertement critiqué l’établissement pour sa façon de procéder dans un cas d’allégation de pédophilie.
Me Hervé Lassémillante, qui présidait le comité disciplinaire, a ainsi reconnu dans un premier ruling que c’est en tant que syndicaliste que M. Madhow était intervenu à la radio le 20 novembre. « Counsel agreed that according to the audio recording extract, M. Madhow was introduced as the president of the MITD Trade Union », avait-il dit.