Le premier groupe d’élèves admis en form I en 2005 dans les collèges catholiques d’après le concept “Mixed abilities” participera aux prochains examens de HSC. Les enseignants trouvent que le moment est opportun pour une étude approfondie par le BEC du système en vigueur depuis sept ans. En attendant, ils suggèrent une « dose de streaming subject wise » sans rejeter la cohabitation des diverses compétences en classe.
Certes le taux de réussite des collèges catholiques aux deux derniers examens de SC n’a pas chuté depuis l’introduction du concept “mixed abilities” à l’entrée en form I. Ces deux dernières années, il y a même eu deux ou trois établissements affichant 100 % de réussite et plusieurs collèges dépassant la barre des 90 %. Mais une analyse détaillée des résultats révèle une baisse dans la qualité de la performance, d’où les préoccupations des enseignants et leur cri d’appel pour un réajustement de la formule qui tiendrait compte des nouvelles réalités de la classe.
Les collèges catholiques ne feront pas machine arrière sur le “Mixed abilities” et les enseignants du secteur en sont conscients. D’ailleurs, ils soulignent qu’ils ne sont nullement contre la cohabitation des élèves de différents niveaux académiques dans une même classe. Cependant ils souhaitent que les responsables de l’éducation catholique entreprennent une étude scientifique pour établir les forces et faiblesses du système. « Après sept ans il y a suffisamment de données pour cette étude. Si le BEC veut améliorer la qualité de l’éducation qu’elle offre à la population il faut qu’elle aille dans cette direction », soutiennent plusieurs enseignants.
En attendant quelques profs qui sont dans le service depuis plus de trente ans, après une analyse de la situation, proposent une dose de streaming. Cependant pas la formule de streaming en vigueur dans leurs collèges dans le passé et qui existe toujours dans les collèges d’État et qui laisse sur la touche bon nombre d’enfants mauriciens. « Une formule plus moderne et qui serait plus acceptable » indique l’un de ces forts. Laquelle ? « Nous ne catégoriserons pas les élèves en les séparant dans les classes différentes mais en instituant une mobilité entre groupes de niveaux différents dans les différentes matières. Nous préconisons une forme de streaming subject wise et cela donnerait des chances à tous les enfants. Dépendant de ses compétences, un élève pourrait se retrouver dans un groupe à performance moyenne dans une matière spécifique mais dans un groupe à niveau plus élevé dans une autre matière. L’enfant se mesure à lui-même. Les moins doués dans une matière arriveraient au niveau requis tandis que les meilleurs dans cette même matière atteindront l’excellence. Ainsi aucun élève ne serait étiqueté comme “pa bon” ou “terib” en les confinant dans des classes spécifiques tout au long de l’année scolaire », explique un partisan de cette formule. La mise en pratique d’une telle formule ne poserait-elle pas de problèmes pratiques ? « Oui au début, mais nous pouvons commencer par l’appliquer pour les matières principales soit l’anglais, le français, les maths », réplique notre interlocuteur.
Les responsables du BEC admettent que la mise en pratique des “Mixed abilities” n’est pas de tout repos et misent ainsi sur la formation continue avec l’apport des spécialistes pour aider les enseignants à faire face aux difficultés quotidiennes.