L’ancien boxeur, Bruno Julie, après avoir appris la nouvelle d’un haut cadre du MJS, la constatation d’une déduction de ses allocations pour les mois d’octobre et de novembre.

Les bénéficiaires n’ont, en revanche, pas été avertis au préalable de cette démarche.

L’allocation mensuelle dont bénéficie les anciennes gloires sous le State Recognition Allowance Scheme, depuis octobre 2017, est désormais taxable ! C’est ce que nous avons appris, en fin de semaine, après avoir d’abord eu vent d’une déduction notée par les anciens athlètes sur leurs relevés bancaires pour les mois d’octobre et de novembre. Week-End a contacté l’ancien boxeur et seul médaillé olympique en bronze mauricien à ce jour, nommément Bruno Julie, qui nous a confirmé la nouvelle suite à une conversation téléphonique avec un haut cadre du ministère de la Jeunesse et des Sportsf jeudi matin.

Une question nous interpelle toutefois après que nous ayons pris connaissance de cette affaire. Pourquoi ce qui n’était pas taxable il y a deux ans l’est aujourd’hui ? Bruno Julie dit lui-même ne plus rien comprendre. «Ce qui est bon de savoir, c’est que j’ai été surpris de constater une déduction de mon allocation dès le mois d’octobre. D’autres amis, anciens athlètes comme moi, m’ont appelé pour me faire aussi part de leur déception. Sur le coup, j’ai pensé que ce n’était qu’une erreur et que les dispositions nécessaires allaient être prises en conséquence le mois suivant», dit-il.

Malheureusement, fait-il remarquer, tel n’a pas été le cas, d’où la décision du médaillé olympique d’appeler le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, mercredi après-midi, pour en avoir le coeur net. « Malheureusement, le ministre n’a pu me donner les éclaircissements que je recherchais. Il m’a d’abord dit qu’il n’était pas au courant de la situation. Selon lui, c’était peut-être par rapport à la taxe. Cette réponse m’a surpris et je n’ai pas manqué de le lui faire savoir», fait-il remarquer.
«Une injustice réparée» disait le PM !

Finalement, Bruno Julir est fixé le lendemain matin même, suite à un appel téléphonique d’un haut cadre du MJS. «On m’a fait comprendre que c’était normal que cet argent soit taxable. En revanche, on m’a expliqué que si je ne suis pas taxable, le bureau de la MRA (Mauritius Revenue Authority) va me rembourser après l’exercice des « Returns » à la fin de l’année financière. Il a aussi été porté à ma connaissance que la pension est taxable, mais pas les allocations financières attribuées dans le cadre des bourses de haut niveau et autres cash prizes», s’interroge-t-il.

Pourquoi donc la taxe est maintenant comprise alors que les anciennes gloires sont rémunérées depuis octobre 2017 ? Selon l’ancien boxeur, l’officier en question lui a expliqué que Sheila Seebaluck, ancienne Chief Executive Officer du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) n’était pas au courant de cela ! La question que nous nous posons toutefois, c’est pourquoi les «têtes pensantes» au MJS n’ont-ils pas pris les dispositions nécessaires pour rappeler l’ancienne CEO à l’ordre pendant tout ce temps ? Pourquoi avoir attendu deux ans pour appliquer la taxe et ce, sans même avoir eu la décence d’en informer les anciennes gloires ?

Ou encore, pourquoi avoir appliqué cette mesure à la fin d’octobre quand on sait que le contrat de Sheila Seebaluck n’avait pas été renouvelé au début du mois d’avril ? Pourquoi parle-t-on désormais de pension, alors que dans le passé, il avait été bien précisé aux anciennes gloires que cet argent n’était qu’une allocation ? Pourquoi joue-t-on désormais avec les mots ?

Ce qui est sûr, c’est qu’une fois encore, la méthode du MJS surprend, notamment après l’affaire du Cash Prize Reviewed Scheme 2015 dans laquelle certains boxeurs (boxe française) ont été fort injustement pénalisés. C’est dire aussi à quel point cette démarche contraste avec le discours du Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui parlait d’«une injustice réparée» lors du lancement officiel du State Recognition Allowance Scheme le 3 octobre 2017, à Ebène !