Le Head of Institutional Relations and Gouvernance du Comité International Olympique (CIO), Jérôme Poivey ,a envoyé un courrier électronique au président du Comité Olympique Mauricien (COM) à la fois instructif et révélateur. En effet, dans ce courrier à Philippe Hao Thyn Voon, Jérôme Poivey vient confirmer ses dires faits à Moscou au cours d’une réunion — qualifiée d’informelle —  au secrétaire permanent du ministère de la Jeunesse et des Sports, Virenkumar Daby, et puis fait toute une série de recommandations pour ce que Jérôme  Poivey considère pouvant aider à «discuter de manière positive, constructive, transparente et ouverte des relations entre le CNO / le Mouvement Olympique à Maurice et les autorités gouvernementales».
D’abord il n’y a plus l’ombre d’un doute. La réunion — même si elle est considérée comme informelle par Jérôme Poivey — a bel et bien eu lieu et le moins qu’on puisse dire, des sujets à caractère important et qui peuvent modifier les concours du mouvement sportif mauricien ont été discutés. S’il est vrai que l’écriture de Jérôme Poivey est fortement diplomatique, il n’en demeure pas moins vrai que le CIO est à cheval sur ses principes. Notamment le respect de la Charte Olympique et les règlements de la Fédération Internationale.  « Le CIO a rappelé et explicité à cette occasion les principes de base du Mouvement Olympique et sa position équilibrée favorisant une collaboration harmonieuse entre les autorités gouvernementales et le CNO / Fédérations Nationales pour assurer le meilleur développement possible du sport au niveau national tout en respectant le principe d’autonomie des organisations sportives nationales (CNO et fédérations nationales) et de non-ingérence des autorités gouvernementales dans les affaires internes du CNO et des fédérations nationales. Cette coopération entre les pouvoirs publics doit donc s’opérer dans un climat de respect mutuel et en bonne intelligence dans une logique de partenairat entre tous les acteurs et de strict respect des compétences, des prérogatives et des attributions de chacun», peut-on lire dans ce courrier électronique.
Comme il est mentionné depuis le départ ,le Sports Act a été parmi un des sujets discutés lors de cette réunion où étaient aussi préents Vivian Gungaram et Philippe Hao Thyn Voon. Sur ce chapitre, le responsable des CNO au Château de Vidy à Lausanne souligne quelques points d’importance capitale. D’abord que l’élaboration d’une loi relève de la compétence de l’Etat. Mais soutient Jérôme Poivey: «dans la logique de bonne collaboration évoquée précédemment entre tous les partenaires, il a vivement recommandé d’associer étroitement le CNO et les fédérations nationales dans le travail préparatoire de révision de la législation actuelle pour garantir le respect des principes fondamentaux qui gouvernent le Mouvement Olympique».
Amendements avant Londres 2012
En clair, le CIO souhaite donc que le mouvement sportif soit associé dans l’élaboration de la nouvelle loi. Il propose aussi dans la foulée que le CIO peut donner son temps pour un avis préalable sur le projet «réviser  la nouvelle legislation sportive de la manière «purement informelle et consultative.» Pour ensuite ajouter: «Ceci, de manière constructive et pour s’assurer en amont que la nouvelle législation sportive sera bien compatible avec les principes fondamentaux du Mouvement Olympique et permettra à chacun de travailler sur une base saine et solide. Afin de résoudre les problèmes actuels liés notamment à la législation sportive en vigueur, il a été recommandé que le processus de révision de cette législation soit accompli au plus vite et si possible avant les prochains Jeux Olympiques de Londres»
Le courrier de Jérôme Pouvey souligne aussi que Virenkumar Dady s’est engagé au principe de travailler «ensemble de manière concertée et préalable a été accepté de tous lors de cette réunion». Le PS de Devanand Ritoo s’est aussi engagé à relayer le message du CIO aux autorités concernées à son retour au pays. Lors des discussions, qui se sont favorisées durant la World Olympic Convention, Jérôme Poivey a aussi fait ressortir ce que le CIO entend par autonomie du mouvement sportif. Il a, entre autre parlé des finances publiques qui sont allouées aux fédérations. «Les subventions publiques ne doivent pas être utilisées pour justifier des ingérences dans le fonctionnement interne de ces organisations sportives qui sont régies par leurs propres statuts», a fait ressortir le rédacteur de ce courrier électronique.
Puis la question d’autonomie du mouvement olympique, qui comprend aussi les fédérations nationales. «le CIO a rappelé clairement dans cette réunion que la composition, les opérations internes, les procédures de fonctionnement, les mécanismes de prise de décision, les modalités d’élections, la durée et le nombre des mandats des dirigeants, etc. ne doivent pas être définis ni imposés par la loi ou par décision des pouvoirs publics mais relèvent de la compétence propre de chacune de ces organisations sportives et doivent être définis par elles dans leurs propres statuts (adoptés par l’assemblée générale de chaque organisation) conformément aux règles des instances sportives internationales respectives auxquelles elles sont affiliées ou par lesquelles elles sont reconnues», peut-on encore lire.
AG: «La plus haute autorité interne»
En clair, les dispositions internes de chaque fédération  relèvent directement de chaque organisation nationale et  personne ne peut se substituer au pouvoir de décision des assemblées générales. «CIO a recommandé vivement que ces dispositions internes ne figurent pas dans la prochaine législation nationale révisée mais bien dans les statuts de chacune de ces organisations sportives décidées et adoptées par leurs assemblées générales respectives qui, en principe, constituent la plus haute autorité interne de l’organisation, conformément aux règles des instances sportives internationales concernées», conclut Jérôme Poivey, qui a formulé le souhait que cette base de données aidera aux différentes parties de travailler de manière concertée.