Avant même 9h, le parking du gymnase de Phoenix affichait complet. C’est dire tout l’intérêt que portent les fédérations à cette réunion de consultation du ministère de la Jeunesse et des Sports avant l’introduction à l’Assemblée Nationale du New Sports Bill. En effet, presque la totalité du mouvement sportif, même les handicapés qui  ont eu à prendre leur mal en patience pour grimper les escaliers qui mènent à la salle de réunion du gymnase de Phoenix, ont répondu à l’appel du MJS. Même si les puristes du Sports Act vous diront qu’ils sont restés sur leur faim, mais la réunion d’hier valait néanmoins le déplacement.
Car déjà autour d’un projet en 46 points, les intentions du ministère de la Jeunesse et des Sports par rapport à la nouvelle loi ont été mises sur la table des discussions. Sur les 46 points qui ont été évoqués par le nouveau maître du Sports Act, en l’occurrence le secrétaire permanent, Dev Phokeer, plusieurs points essentiels  à retenir sont entre autres…
— La nouvelle loi fera de la place à l’organisation d’une Ligue semi-professionelle
— Les clubs semi-professionnels n’auront pas l’obligation d’avoir dans leur nom celui d’une région
— Une fois la loi passée, toutes les fédérations seront désormais connues comme des National Sports Federation et se verront attribuer dans  un certificat de reconnaissance les pouvoirs que la loi leur confère.
— La mise en place d’un mécanisme d’arbitrage au niveau des fédérations, du COM et du MJS à travers un Sports Arbitration Tribunal avec des pouvoirs de sanction
— La suspension des fédérations après consultations avec la fédération internationale et cette suspension veut aussi dire perte du pouvoir délégué et d’être membre du COM
— L’élimination du Regional Sports Coordinating Committee
— La nécessité au Registrat of Association d’avoir, en amont, l’aval du ministère des Sports avant d’accorder une registration certificate à un club et une fédération
— La nécessité aux clubs et aux fédérations qui cherchent la reconnaissance du ministère des Sports de prouver qu’ils ont bien un «real, specific and ongoing acitivity».
— La mise en place des règlements internes pour chaque fédération pour assurer un peu plus d’autonomie
— L’élimination dans la nouvelle loi d’un certain nombre de «standard basis rules» pour le Comité Olympique Mauricien
— L’interdiction à une personne d’être membre de deux fédérations à la fois
Mais le débat ne fait que commencer comme a indiqué à Week-End le ministre de la Jeunesse et des Sports  après la réunion d’hier. «A priori, ce fut une réunion intéressante et aussi instructive dans le sens où nous avons eu droit à des discussions franches et directes. Le débat a été engagé et désormais les fédérations ont une semaine pour faire savoir  si elles ont encore des propositions à faire», a expliqué à Week-End le ministre Devanand Ritoo après la réunion.
Sans aucun doute, cette réunion a beaucoup de bons côtés, car elle a d’emblée permis au ministère des Sports de se dévoiler dans ce débat, sur ce qui fut au départ des amendements au Sports Act, qui par la suite est devenu le New Sports Bill. Comme l’a cherché à expliquer hier le secrétaire permanent, les points qui ont été énoncés visent d’introduire une nouvelle loi qui (a) est en «Alignement» avec la Charte Olympique, et qui va (b) reorganiser le football afin de ramener les gens vers les stades, (c) avoir une loi plus sports-friendly et (d) adopter le principe de la bonne gouvernance dans le sport.
Reste que pour l’heure les 46 points mis en avant ne sont pas encore des clauses de la loi. Il va sans dire qu’à la prochaine réunion entre le MJS et le mouvement sportif, il est à espérer que Dev Phokeer viendra avec le texte de loi qui sera présenté à l’Assemblée Nationale à la prochaine session.
Car à la vérité, les choses ne sont pas encore bien claires, malgré cet exercice d’explication du MJS. Comme par exemple, le cas du football dont les clubs semi -professionnels n’auront pas obligation de respecter la clause pour avoir le nom de leur région.
Qui sont les clubs professionnels?
Mais rien n’a été dit  à la réunion d’hier sur quels seront ces clubs professionnels. Est-ce des formations issues des compagnies privées? Ou est-que ce sera les clubs qui sont actuellement en action dans la D1 ou La Premier League qui se transformeront en clubs professionnels. Dommage que cette intention n’a pas été «éclaircie» par le MJS, car nous croyons savoir que ce même ministère a signifié son intention à la Mauritius Football Association mercredi, lors d’un réunion que la ligue professionnelle sera une ligue à l’ancienne et que la MFA n’aura qu’un droit de régard.
Le mot ‘ancienne’ dans cette perspective d’un abandon du nom de la région prend de ce fait tout son sens. D’autant plus que mardi dernier à l’Asseblée nationale, le ministre Ritoo a presque refusé de répondre à cette question lorsque le député Franco Quirin a demandé si la nouvelle loi permettra aux clubs de changer de nom. Ancienne veut-il dire dans ce contexte anciens clubs. La question mérite d’être posée et la réponse doit venir très vite du MJS.
Des éléments nouveaux
Autre point qui fait débat sur ces points qui ont été alignés, c’est sans aucun doute la question de l’élimination dans la loi des Third and Forth Schedules du Sports Act. Si pour le Forth Schedule, qui concerne les Standard Basic Rules du COM le MJS est presque d’accord pour éliminer cette clause dans la loi. Par contre pour celui des fédérations, le Third Schedule, le MJS n’est pas prêt de lâcher prise. Pour l’heure une série de points a été évoquée pour trouver une solution à cette question. Reste que le MJS veut aussi à travers cette nouvelle loi lutter contre la prolifération des clubs et des fédérations fictifs.  De plus, la question des règlements internes, approuvée par le ministère, a  aussi été évoquée comme une mesure d’accorder plus d’autonomie aux fédérations.
Le MJS compte aussi profiter de la nouvelle loi pour introduire des éléments nouveaux dans la loi. Comme par exemple la mise en place d’un MoU (Mémorundum of Undeststanding) pour l’utilisation des infrastructures du MJS ou encore l’interdiction formelle à un dirigeant d’être membre de deux fédérations à la foi. Dans le cadre du mandant de président, la question a été posée au mouvement sportif et l’idée a été émise de maintenir les deux mandants et laissé à l’assemblée générale de décider pour le 3e.
Rencontre avec le COM mercredi
«Je dois redire que pour l’heure aucune décision n’a été prise. Nous sommes juste en train de discuter avec les fédérations sur les points qui seront touchés dans la loi. Nous continuons nos discussions afin de produire une loi qui donne satisfaction, même si ce n’est pas à 100%. Durant la semaine, je compte rencontrer le président et le secrétaire-général du COM pour justement continuer cette discussion dans la bonne direction», a soutenu le ministre.