Est-ce selon le cahier des charges ou un coup d’accélérateur du ministre des Sports dans le processus pour amender le Sports Act? Si la question reste posée,  le moins qu’on puisse dire pour l’heure est que le communiqué du Conseil des ministres de vendredi dernier, présidé par le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, où il est indiqué que ce même Conseil a pris note de la démarche du ministre de la Jeunesse et des Sports, est salutaire. Car ce n’est un secret pour personne que le mouvement sportif dans son ensemble attendait avec une certaine impatience ces amendements. Surtout après les évènements qui ont secoué et perturbé l’organisation de l’assemblée générale élective du Comité Olympique Mauricien. Qui au final s’est terminé par une feuille de route du CIO qui réclamait des amendements au texte de loi dans les six mois sous peine d’une menace de suspension.
La raison de l’échec
Mais déjà une première surprise. On ne parle plus des amendements au Sports Act, mais d’un New Sports Bill. Le communiqué du Conseil des ministres est limpide sur cette question et interrogé hier matin, le ministre Devanand Ritoo explique cette démarche. «Il était effectivement question de proposer des amendements à la loi. Mais comme la loi depuis 2002 a connu toute une série de modifications, nous avons considéré qu’il était plus juste de venir avec une nouvelle loi. D’autant que nous  envisageons d’apporter des modifications importantes dans le fonctionnement des fédérations qui s’occupent des Team Sports», a expliqué à Week-End Devanand Ritoo.
En effet, ce communiqué qui a été émis signifie l’intention du gouvernement de venir avec une nouvelle loi, dont six idées autour desquelles va s’orienter. Le football reste, malgré ses nombreuses imperfections dans sa gestion et son organisation du terrain, une préoccupation majeure pour l’État. Ce, malgré l’échec de la politique de la relance initiée avec l’arrivée de Devnand Ritoo au 3e étage de l’Emmanuel Anquetil Building en septembre 2008 et de la création de la Fondation pour la Formation du Football (FFF)  pour les jeunes. Un des points identifiés comme les raisons de cet échec: la régionalisation.
Selon le communiqué, la nouvelle loi va revoir l’organisation du football à Maurice avec comme intention de raviver l’intérêt du public pour ce sport et renforcer la cohésion, probablement sociale même si ce n’est pas indiqué dans le texte. Pour refaire venir le public vers le football, l’idée «géniale» qu’a trouvée le gouvernement c’est de rendre le processus de l’application de la régionalisation beaucoup plus flexible. Comment et surtout pourquoi? Pour l’heure le ministre soutient à Week-End qu’il faut attendre que le texte de loi arrive pour connaître la vrai «méthode qui sera appliquée».
Cependant, Devanand Ritoo ne cache pas sa déception devant l’échec que connaît actuellement le football mauricien. «On a tout essayé depuis ces 15 dernière années, tout en injectant des millions et des millions de roupies et le football mauricien ne progresse toujours pas. On verra bien les résultats en Zambie dans la COSAFA et on dira encore une fois que rien n’est fait pour faire le football mauricien progresser. La régionalisation est-elle un échec? Nous nous posons la question et nous comptons bien engager des discussions avec la fédération et les stakeholders pour trouver une formule qui peut, en effet relancer le football mauricien. Il ne faut pas se voiler la face devant ce qui se passe dans le football. Une rencontre de D1 se joue devant une poignée de spectateurs, alors que les rencontres Fire-Cadets se jouent devant une foule impressionnante dans les régions. Il faut savoir pourquoi? Il faut aussi savoir pourquoi ce qui était notre fierté ne l’est plus aujourd’hui», s’interroge Devanand Ritoo.
Mais cette démarche risque fort bien de se retrouver devant une opposition. Déjà l’opposition parlementaire a commencé ce qu’on appelle une collecte d’informations sur les propositions que compte apporter le ministre sur la régionalisation. Qui, il faut le rappeler est le cheval de bataille du MMM, en particulier son leader Paul Bérenger qui est de retour aux affaires. Et la MFA à travers son président (en congé) Vinod Persunnoo qui avance à Week-End de suivre cette affaire de près. «Si la nouvelle loi vient avec une proposition pour une ligue professionnelle avec l’implication des firmes privées je ne serai pas contre. Par contre si cette loi favorisait le retour des anciens clubs, je lutterais contre ce fait», avance-t-il à Week-End.
CIO: pas in toto
Fait notable dans le communiqué du Conseil des ministres de vendredi, l’alignement du New Sports Bill avec la Charte Olympique. Cette démarche fait suite à la feuille de route du CIO sur l’actuel texte de loi où Lausanne, à travers Jérome Poivey (le Head of Institutional Relations and Governance Noc Relation Departement du CIO), réclame des amendements à 11 sections du Sports Act et que deux Schedules soient ni plus ni moins «repealed». Les sections concernées sont:  Section 4 (1) (b), Section 4 (2), Section 5, Section 6, Section 8, Section 9, Section 10 (a), Section 11 (1), Section 11 (3), Section  11 (8) (b), Section 12, Third Schedule (Standard Basic Rules for Sports Federation) et Forth Schedule (Standard Basic Rules of Mauritius National Olympic Committee).
La «chasse» aux sections «qui ne sont pas en conformité avec la Charte Olympique» par le CIO n’est pas tout à fait du goût du ministre. Devanand Ritoo qui n’hésite pas à montrer de la réticence pour ne  pas dire de la résistance devant ce qui est considéré comme le «dictat de Lausanne.» «Je ne veux pas trop me prononcer sur les propositions du CIO sur la loi. Au sein de mon ministère, nous sommes en ce moment dans une période de recherche sur ces propositions. Pour l’heure, je dis oui à certaines propositions du CIO seulement», déclare le ministre à Week-End. Sans doute cette partie des amendements de la loi risque de provoquer pas mal de secousses dans les sempiternels désaccords entre le MJS et le COM. Surtout sur la proposition d’éliminer le Forth Schedule du Sports Act, qui est en réalité l’acte de naissance des fédérations.