En août dernier, le karatéka champion du monde 2001, David Li Yuen Fong qui a depuis émigré en Australie, proposait aux autorités mauriciennes ses services et ce, dans le cadre de la préparation des athlètes en vue des 10èmes Jeux des Iles de l’océan Indien prévus en 2019 à Maurice. L’idée étant d’appliquer la méthode scientifique pour une meilleure analyse et amélioration des performances. Visiblement séduit par le projet, le ministère de la Jeunesse et des Sports a sollicité une étude plus approfondie avec la venue cette fois, plus précisément lors de la semaine écoulée, du « sport scientist », le Dr Sophia Nimphius. L’Américaine né à Port Rico est basée à Perth en Australie et travaille à l’Edith Cowan University (ECU), dont la section science sportive est réputée comme étant la meilleure au monde.
C’est grâce à David Li Yuen Fong que les démarches d’une éventuelle mise en place de ce projet a été enclenché auprès du gouvernement mauricien. Mais l’idée en elle-même ne date pas d’hier, puisqu’en arrivant en Australie en 2007 et de part les facilités en place dans ce pays, le Mauricien a tout de suite pensé à son pays. Et sa rencontre avec le Dr Sophia Nimphius en 2010 l’a fait voir le sport de haut niveau sous un tout autre angle. « A la vue de tout ces équipements de pointe et de ses avantages, j’ai tout de suite pensé à quel point le sport mauricien pourrait en profiter si nous pouvions faire venir ces équipements à Maurice », a-t-il d’emblée fait remarquer.
De passage à Maurice, David Li Yuen Fong en parle à son ancien entraîneur Georges Li Yin Ping et ce dernier est tout aussi emballé. « J’ai parlé des avantages de la science sportive à mon entraîneur et il a touché un mot à Mubarak Boodhun au ministère. Ce dernier a trouvé le projet intéressant et a demandé ce que l’ECU pouvait faire pour Maurice. » David Li Yuen Fong débarquait alors en août pour un repérage avec les officiers du ministère de la Jeunesse et des Sports et voir dans quel mesure aider à la préparation des athlètes en vue des JIOI. Et lors de la semaine écoulée, c’était au tour du Dr Nimphius de faire le saut dans l’île avant de regagner les Etats Unis, hier. « C’est ma toute première visite et je suis contente d’avoir rencontré des gens du ministère très motivés. Cela me fais aussi plaisir d’avoir rencontré des entraîneurs et dirigeants déterminés », a-t-elle fait ressortir.
Le Dr Nimphius s’est dite aussi très satisfaite des discussions qu’elle a eu avec les autorités mauriciennes et surtout de l’enthousiaste derrière l’implémentation d’un tel projet. « Ce qui me réjouis le plus, c’est la détermination du ministre Toussaint et de son ministère à aller de l’avant avec ce projet. Le MJS n’est non seulement intéressé à la préparation des JIOI de 2019, mais veut aller au-delà des Jeux olympiques de 2020 et de 2024. C’est justement cette grosse motivation qui m’intéresse », a-t-elle indiqué.
Selon elle, le projet consiste à faire venir à Maurice quelques étudiants qui font actuellement leurs Phd de « sport scientist ». Ces derniers, ensemble avec le Dr Nimphius et David Li Yuen Fong, travailleront avec les fédérations en vue des Jeux de 2019. « Le projet est en bonne voie et nous serons probablement de retour en janvier de l’année prochaine pour de nouvelles discussions. Tout comme le MJS, l’ECU est aussi disposé à aider Maurice lors des années à venir. Le sport de haut niveau repose énormément sur une préparation scientifique et je pense que si le projet se matérialise à Maurice, ce sera une grande avancée pour les athlètes et va surtout inspirer la future génération à être encore plus performante », a expliqué le Dr Sophia Nimphius.
Etre encore plus performant
Car selon elle, avec la mise en place de ce projet de préparation scientifique et des équipements qui vont avec, les athlètes pourront développer leurs aptitudes localement et progresser quotidiennement à travers les entraînements scientifiques de haut niveau qui leurs seront destinés. Qui plus est, a-t-elle ajouté, les entraîneurs pourront désormais faire une évaluation très pointue des performances précises, de leurs athlètes à n’importe quel moment de l’année. « Les grandes nations sportives investissent énormément dans ce domaine pour briller au plus haut niveau. Je trouve donc la démarche mauricienne de fort louable », a-t-elle précisé.
Pour conclure, le Dr Sophia Nimphius et David Li Yuen Fong ont eu l’occasion de rencontrer les directeurs techniques nationaux et autres entraîneurs nationaux. Une rencontre qualifiée de très enrichissante et au cours de laquelle les locaux ont eu l’occasion de poser des questions. « Les entraîneurs sont très intéressés par cette méthode de travail et nous voulons leur faire profiter, aussi bien qu’aux athlètes. Il a été beaucoup question du « strength and conditionning » dans la préparation des athlètes, mais également des tests physiques et de l’évalution des performances. Par rapport à ce dernier aspect justement, l’entraîneur pourra modifier sa préparation à n’importe quel moment et ainsi rendre l’athlète encore plus performant », ont-ils conclu.