Maurice a sauvé la mise lors des VIIIes Jeux de la Francophonie en juillet dernier à Abidjan en Côte d’Ivoire grâce aux frères Joseph, médaillés d’or en danse. Au niveau sportif, la judokate rodriguaise Christiane Legentil avait été la seule à se hisser en finale, soit celle des moins de 52 kg, où elle avait malheureusement perdu face au Kosovar Distria Krasniqi. Toutefois, il semblerait cette performance est loin de suffire aux exigences du High Level Sports Unit (HLSU) du ministère de la Jeunesse et des Sports. Pour preuve, celle qui a fait honneur à la République de Maurice a cette compétition a vu sa bourse de haut niveau passer de Rs 23 000 à Rs 19 500 ! A noter que Maurice avait décroché trois autres médailles (bronze) à cette compétition grâce à l’autre judokate Sarah Sylva (-57 kg) et aux représentants en athlétisme, nommément Bernard Baptiste (poids) et Jérôme Caprice (marche).
25 juillet 2017, Abidjan Côte d’Ivoire. Christiane Legentil, 25 ans, dispute la finale de judo des moins de 52 kg face à Distria Krasniqi, championne du monde junior 2015. Au terme de ce combat, la Rodriguaise est battue face à celle qui vient tout juste de décrocher le titre de championne d’Europe, des moins de 23 ans. Perdre une finale n’est jamais facile à digérer, mais toujours est-il qu’il faut avoir beaucoup de mérite pour décrocher une médaille d’argent dans une compétition de cette envergure. Il semblerait malheureusement qu’au MJS et au niveau du caretaker committee en judo, on semble avoir un tout autre jugement de la situation. Sinon, comment expliquer le fait que la bourse de Christiane Legentil, classée en catégorie intercontinentale, a connu une baisse.
Baisse inexpliquée de Rs 3 500
Bénéficiaire d’une allocation de Rs 23 000 pour la période juillet-septembre dernier, la Rodriguaise a reçu un véritable coup de massue en constatant qu’elle percevra…Rs 19 500 pour la période octobre-décembre 2017 ! Pourquoi cette baisse de Rs 3 500 mensuellement ? Dans l’entourage de la judokate, c’est l’incompréhension la plus totale d’autant précise-t-on, que les multiples démarches entreprises, auprès du MJS,  et qu’auprès du caretaker committee n’ont rien donné. Selon les critères établis au niveau du HLSU, il est important d’être performant pour conserver sa bourse, voire bénéficier d’une augmentation. Que reproche-t-on donc à Christiane Legentil, une athlète qui est passée par des moments extrêmement douloureux avant de revenir petit à petit au plus haut niveau. Sur quel critère s’est-on basé pour lui enlever Rs 3 500 ? C’est la grande question que l’on se pose.
 Blessée en 2015 et opérée en juin de la même année, Christiane Legentil a galéré avant de retrouver le haut niveau. Pour cela, elle a pu compter sur le soutien de sa famille, sans oublier celui de l’ancien Chief executive officer du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES), Michael Glover. Remise de sa blessure, elle a participé à deux Open et terminé cinquième aux Championnats d’Afrique en Tunisie. Idem au Grand Prix de Budapest en Hongrie avant de mettre le cap sur Rio au Brésil pour participer aux Jeux olympiques où elle a pris la septième place, tout comme en 2012, à Londres en Angleterre. Cela après avoir croisé sur sa route, lors du combat pour une place sur le podium, une certaine Majlinda Kelmendi (Kosovo), alors championne du monde, qui sera ensuite championne olympique. Christiane Legentil avait auparavant remporté deux combats dans sa catégorie.
 Aux Championnats d’Afrique de cette année à Madagascar, Christiane Legentil, s’est offerte une médaille d’argent. Elle a été ensuite en stage pendant moins de deux mois en France avant de décrocher la médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie. En revanche, elle n’a ensuite pas été en mesure de rayonner aux Championnats du monde en Hongrie. Ce qu’il faut se demander, c’est de savoir si Christiane Legentil a disposé des facilités appropriés sur la durée qui lui aurait permis d’aller encore plus haut.
Que les faits soient rétablis
Il serait bon de savoir si Christiane Legentil peut désormais profiter d’une « sparring partner » à sa mesure et ce, depuis sa malheureuse et vilaine blessure au genou à l’entraînement en 2015 ? Qu’a-t-elle bénéficier comme préparation de haut niveau hormis ce stage en France qui, nous sommes convaincus, est insuffisant pour un athlète de haut niveau de briller sur le plan mondial. Ce ne sont d’ailleurs pas les boxeurs qui nous diront le contraire après leur participation aux Mondiaux d’Hambourg en août toujours, en Allemagne.
A notre niveau, nous maintenons que la judokate rodriguaise a subi une injustice. Par rapport à la régularité affichée au cours de ces derniers mois, elle ne méritait certainement pas un tel traitement. Car au cours de ces deux dernières années, elle a fait preuve de détermination et d’abnégation pour être à nouveau performante au plus haut niveau. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, est-il au courant de cette injustice, lui qui se dit très proche des sportifs et qui avait été parmi les premiers à féliciter Christiane Legentil à Abidjan en juilet dernier ?
 Les faits doivent être établis très rapidement, M. le ministre. Car il est inacceptable, voir honteux que d’un côté, la seule médaillée d’argent aux Jeux de la Francophonie soit pénalisée de la sorte !!!