Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, a tenu à marquer le coup jeudi dernier face à la presse à 30 jours de la 9e édition des Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI, 1er-9 août) à La Réunion, procédant notamment à un premier bilan depuis sa prise de fonction le 14 décembre dernier. L’occasion pour le ministre de revenir sur les 5 axes prioritaires à sa politique qui demeure : la construction et l’entretien des installations sportives, la consolidation du football professionnel et du sport d’élite, la promotion du sport scolaire, la vulgarisation du sport pour tous et la formation et le renforcement des capacités.
« Après six mois en fonction à ce ministère, j’ai trouvé que c’était le moment idéal de dresser un premier bilan de l’action du MJS. Ce timing coïncide aussi avec le compte à rebours pour les JIOI car aujourd’hui (Jeudi 2 juillet) nous sommes à J-30 du début de la compétition », fait-il ressortir. 5 axes prioritaires étaient à l’ordre du jour dont un constat en décembre 2014 à janvier 2015 depuis sa prise de fonction. « Un regard triste et critique en voyant le déclin du sport et qui par ricochet a entraîné dans son sillage notre jeunesse mauricienne dans un état d’apathie et de léthargie avec les problèmes sociaux que l’on connaît : délinquance, violence, consommation croissante de cigarettes, d’alcool, de drogues et une perte totale de repère avec le manque de modèle à suivre ».
Il soutient, « J’ai fait la tournée des infrastructures sportives et j’ai vu des stades dans un piteux état, des espaces malentretenus, des infrastructures laissées à l’abandon comme le Centre national de Formation de Football à Réduit. D’autres facilités sous-utilisées…bref, une situation peu reluisante pour le monde sportif ». Yogida Sawmynaden indique qu’avec sa collègue, la ministre de l’éducation, Leela-Devi Dookun-Luchoomun, « nous travaillons sur le concept du sport à l’école primaire avec des professeurs d’éducation physique qualifiés et aussi mettre à la disposition du public mauricien les infrastructures sportives des collèges et écoles (46 sites identifiés) pour la pratique du sport ».
Le ministre est également revenu sur le nombre de DTN qui sont arrivés depuis sa prise de fonction. « Cela représente un certain coût et je me suis personnellement impliqué dans bien des cas pour faciliter leur venue. Autre changement apporté : une Medical Unit qui fonctionne à plein régime à Vacoas. Parallèlement, des suppléments alimentaires et autres vitamines sont mis à leur disposition…sans compter les contrôles anti-dopage qui y sont menés régulièrement. Il était important aussi d’intégrer un suivi psychologique, qui dans le sport moderne, est impératif. J’ai aussi insisté pour changer l’alimentation des athlètes avec l’apport de nutritionnistes ».
Le ministre des Sports estime aussi avoir apporté une aide conséquente aux sportifs dans le cadre de leur préparation pour les JIOI. « Près de Rs 20 M déboursées pour les camps d’entraînement, la participation à des compétitions internationales », explique-t-il. Mais le point le plus important de sa conférence de presse demeure que « l’athlète, le sportif doit être au coeur de nos préoccupations ». Il ajoute, « Il y a quelques semaines, le sport local a été frappé en son coeur par la blessure de la judokate Christiane Legentil. Tout le monde s’accorde à dire qu’avec elle, c’était l’or garanti aux JIOI! Quand on m’a appris qu’elle pouvait être soignée, je n’ai pas hésité une seule seconde pour valider son déplacement en Allemagne..mais à une condition : quelle que soit l’issue de son opération là-bas, même si elle était rétablie à 99 %, il ne fallait prendre aucun risque ».
Les projets en chantier
« L’important c’est la carrière de cette digne représentante du quadricolore. Nous ne voulons pas mettre en péril l’intégrité physique de nos athlètes. Christiane Legentil aura bien d’autres occasions pour nous prouver son talent, et ce n’est pas la possibilité d’une médaille, d’une gloire temporaire et éphémère qui nous fera changer d’avis » affirme-t-il. Autre changement important, le barème des cash-prize release des sportifs pour leurs entraînements. a été revu à la hausse depuis sa prise de fonction. À noter que le ministre est aussi intervenu pour faciliter le…
« Depuis quelques mois, un comité planche sur les amendements du Sports Act. Nous voulons d’une loi harmonieuse, qui pourra permettre aux sportifs de s’épanouir et de donner le meilleur d’eux-mêmes. Il n’est plus possible d’opérer avec autant de fédérations qui ne sont pas ‘compliant’. La nouvelle loi, qui est actuellement en préparation, devra d’une part permettre la consolidation des acquis existants, et d’autre part, ouvrir la voie au développement de nouvelles disciplines », explique le ministre. L’accent sera aussi mis sur la formation. « La reflexion sur une nouvelle formule des inter-collèges a déjà commencé, nous voulons ainsi permettre aux talents d’émerger au niveau scolaire. Nous avons l’ambition de mettre sur pied un centre d’excellence pour le sport de haut niveau, style INSEP ».
Comment oublier le sport roi « avec là-aussi une consultation avec le monde du ballon rond pour la création ou un meilleur encadrement des écoles/académies de foot. Avec l’arrêt du football en 1999, ce sont deux générations de potentiels bons footballeurs que nous avons perdus. Cela ne doit pas se répéter ». Autre point abordé : faciliter l’employabilité des sportifs après leur carrière. « Il serait souhaitable que le secteur privé soit notre partenaire dans cette démarche fort louable. Des incitations fiscales sont à l’étude pour rendre ce rêve réalisable dans un futur proche. Ceci s’inscrit dans notre philosophie de préserver la dignité du sportif, qu’il ne soit pas laissé aux oubliettes après ses exploits sportifs ».