Déjà six mois aux commandes du sport mauricien et à un mois du coup d’envoi de la 9e édition des Jeux des îles, Yogida Sawmynaden a tenu à dresser un bilan, de faire le point et d’évoquer les prochains objectifs. C’était au cours d’un point de presse tenu par le ministre de la Jeunesse et des Sports hier en fin de matinée.
Concernant l’échéance à court terme que sont les Jeux des îles, le ministre s’est voulu rassurant. « Nous avons donné un dernier coup de pouce afin que nos représentants puissent exceller au maximum. Le courant est bien passé lors des rencontres avec les différentes disciplines et je me suis impliqué personnellement pour le recrutement des directeurs techniques nationaux. L’entente et la motivation sont présentes. Nous sommes prêts ».
Et d’ajouter : « Nous avons investi plus de Rs 20 millions pour des camps d’entraînement et la participation à des tournois internationaux. Ces JIOI constitueront le déclic du sport mauricien. De plus, nous soumettrons un rapport pour l’organisation de la prochaine édition en 2019. »
Toutefois, même s’il s’attend à une meilleure moisson que lors de la dernière édition, Yogida Sawmynaden a fait ressortir que les athlètes devront se sentir bien dans leur peau et qu’il n’est pas question d’obtenir des médailles à n’importe quel prix. Référence a ainsi été faite à la judokate Christiane Legentil, qui a dû se faire opérer en Allemagne suite à une blessure subie à l’entraînement.
« Pour que Christiane participe aux JIOI, il fallait qu’elle soit rétablie à 100%. Ce qui n’est pas le cas. Nous ne voulons pas briser la carrière de la judokate, même si cela constitue un coup dur pour le judo ». Ou encore à Kennedy St Pierre, qui n’a pas obtenu le feu vert d’un organisme international. « C’est malheureux. Nous ne pouvions pas transgresser les règlements ».
Reste que le ministre soutient que depuis sa prise de fonction, il a dressé un bilan négatif. « J’ai constaté un net déclin du sport en général et par ricochet de la jeunesse avec ses problèmes sociaux. Nos jeunes manquent de repères et la plupart de nos infrastructures sportives se trouvent dans un état déplorable ou à l’abandon. Ce n’est guère réjouissant ».
D’où son intention de redresser la barque. Et ce, avec une politique à être appliquée sur plusieurs axes, à savoir l’entretien de ces infrastructures, la construction de nouvelles, la consolidation du football professionnel, la vulgarisation du sport pour tous, la promotion du sport scolaire, l’accent sur la formation avec le retour du grass root level en collaboration avec le ministère de l’Éducation.
Concernant le football, Yogida Sawmynaden a souhaité que le projet puisse être mené à bout et a estimé que la relance de cette discipline passe par la réouverture du Centre national de formation et le support accordé aux écoles de foot. Cette relance touchera également les autres disciplines collectives.
Le ministre, après avoir constaté l’absence de communion et d’appartenance lors des Sports Days auxquelles il a assisté, a plaidé en faveur d’une nouvelle formule pour les compétitions intercollèges. « Nous travaillons avec les stakeholders afin de retrouver la pépinière et les spectateurs », a-t-il indiqué.
Les activités physiques à l’école primaire de même que l’ouverture d’infrastructures, telles que les gymnases des institutions secondaires, après les heures de classe et les week-ends figurent également parmi ses projets.
Tout en souhaitant l’élaboration d’une nouvelle Sports Act avec la collaboration de tout un chacun, le ministre a émis le souhait que Maurice devienne un centre pour le sport africain qui pourrait accueillir les sportifs étrangers. L’après-carrière du sportif demeure également une de ses préoccupations.