Maurice est devenue le 60e État membre de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui ratifie la Convention du travail maritime 2006, (plus connue sous l’acronyme MLC 2006) et le 6e parmi les États faisant partie du mémorandum d’entente sur le contrôle des navires du port par l’État pour la région de l’océan Indien. Une délégation mauricienne, dirigée par le ministre du Travail Shakeel Mohamed, se trouve actuellement à Genève dans le cadre de la conférence internationale du Bureau international du travail (BIT).
Le gouvernement mauricien a déposé la semaine dernière, auprès du BIT, l’instrument de ratification de la MLC, 2006. Maurice possède en effet une flotte marchande totalisant plus de 113 000 tonnages bruts, et fournit également de la main-d’oeuvre à la flotte mondiale, dont les gens de la mer sont formés à son académie de formation maritime, fondée en 1970. « La ratification n’est pas une décision prise hâtivement, mais elle est le résultat de tout un travail préparatoire entrepris dans mon pays pour la mise en oeuvre effective de la convention. Les ministères du Travail et du Transport maritime, de même que les partenaires sociaux, ont été sensibilisés et formés sur la MLC, 2006. Ils ont mené des travaux préparatoires pour la ratification et la mise en oeuvre de la convention, y compris la préparation des règlements d’application, en collaboration avec le BIT. Grâce à ce processus, nous sommes convaincus que la MLC apportera non seulement une protection efficace à nos marins, mais qu’elle assurera que notre industrie du transport maritime sera compétitive. Cette ratification renforce notre engagement pour la mise en oeuvre effective de la convention », a déclaré le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Shakeel Mohamed, au moment du dépôt de l’instrument de ratification de la convention.
En recevant l’instrument de ratification, Guy Ryder, Secrétaire général de la conférence internationale du travail, a déclaré : « Maurice et le bureau ont travaillé ensemble sur la MLC, 2006, depuis 2007, quand ce pays a accueilli le séminaire national tripartite, qui a adopté un plan d’action sur la convention. Un autre atelier de formation tripartite a eu lieu très récemment en ce mois de mai. Au cours de cette formation, les participants ont examiné non seulement les dispositions de la MLC, 2006, mais également un projet d’amendement à la législation existante afin de garantir la mise en oeuvre effective de la convention en adoptant des recommandations pour un suivi ultérieur. Je suis donc particulièrement heureux que toutes ces mesures prises ont porté leurs fruits et ont conduit, aujourd’hui, au dépôt de l’instrument de ratification. »
À quoi sert la convention ?
Cette convention maritime du travail, 2006, entrée en vigueur le 20 août 2013, établit des conditions minimales de travail et de vie pour tous les gens de la mer sur les navires visés. La MLC 2006 a été adoptée par les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs lors d’une session extraordinaire de la conférence internationale du travail en février 2006 pour fixer des normes internationales dans une industrie véritablement mondialisée.
Cette convention générale énonce en un seul et même document le droit des gens de la mer à des conditions de travail décentes pour ce qui est de la quasi-totalité des aspects de leurs conditions de travail et de vie : âge minimum, contrat d’engagement maritime, durée du travail ou de repos, paiement des salaires, congés annuels rémunérés, rapatriement en fin de contrat d’engagement, soins médicaux à bord, recours à des services de recrutement et de placement privés sous licence, logement, alimentation et service de table, protection de la santé et de la sécurité, prévention des accidents, et procédures de traitement des plaintes des gens de la mer. Elle a été élaborée de manière à être appliquée à l’échelle mondiale, facile à comprendre et à mettre à jour, et respectée par tous, et elle deviendra le « quatrième pilier » du régime réglementaire international applicable à un secteur maritime de qualité, en complément des conventions clés de l’Organisation maritime internationale ayant trait à la sécurité et à la sûreté des navires ainsi qu’à la protection du milieu marin.