À une conférence de presse hier dans la capitale, le président du Mauritius Labour Congress a soutenu entre autres que le 1er-Mai est « un jour destiné à rendre hommage aux travailleurs » mais que le gouvernement a « hijack » cette fête du Travail qui est devenue « purement politique ». Haniff Peerun a aussi demandé à Shakeel Mohamed, le ministre du Travail, d’« obliger chaque travailleur à se syndiquer », comme c’est le cas en Chine.
C’est à la rue Louis de La Faye à Port-Louis que le Mauritius Labour Congress (MLC) a tenu sa conférence de presse hier, dans le cadre de la fête du Travail. Le président du MLC a accueilli favorablement les propositions du ministre de tutelle concernant les lois du travail. Son président Haniff Peerun a avancé que le gouvernement doit décréter un autre « workers day », en se référant à quelques pays qui ne célèbrent pas la fête du Travail le 1er mai, à l’instar de l’Angleterre qui célèbre cette fête le premier lundi de septembre.
Haniff Peerun a enchaîné par ailleurs avec son programme du 1er-Mai. Le MLC prévoit notamment de se rendre à 8 h 30 au cimetière Saint-Jean pour un hommage aux travailleurs décédés. Et à 10 h, le MLC se rendra à l’école Chou-Chou, à Réduit pour « une journée célébrée en famille ». Les délégués syndicaux seront notamment présents à cette occasion.
Le président du MLC a évoqué les activités politiques du 1er-Mai. Selon lui, l’utilisation des bus par les partis politiques ce jour-là « pénalise ceux qui utilisent régulièrement ce moyen de transport », alors que certains bus engagés pour le 1er-Mai n’ont qu’une dizaine de passagers. Selon Haniff Peerun, cela revient à « exploiter la misère des gens ». « On leur donne à manger, à boire, on les emmène à la plage ».
Poursuivant, Haniff Peerun a lancé un défi au gouvernement : « Vous avez envie de mesurer votre popularité ? Ne donnez pas de bus gratuit, ne donnez pas à manger gratuitement ni de boisson gratuite et ne faites pas de pique-nique. À ce moment-là nous verrons combien de personnes seront présentes. »
« Combien d’argent sont-ils en train de dépenser ? », a demandé M. Peerun. Avec cet argent, le gouvernement aurait pu « construire des logements, soulager la misère, donner de la nourriture à ceux qui n’en n’ont pas », avance-t-il, soulignant que le meilleur moment de dépenser cet argent serait lors de la fête de l’indépendance. « C’est une fête nationale pour tous. »
Pour Haniff Peerun, les partis devraient indiquer d’où proviennent leurs finances. Il a demandé à ce qu’une enquête soit instituée sur les finances des partis politiques.