Le leader du MMM a demandé ce matin au Premier ministre d’arrêter, dit-il, le glissement vers un État policier. « Je demande un retour à la police républicaine, au service du pays et non pas du Parti travailliste », a déclaré Paul Bérenger lors d’une conférence de presse à Port-Louis.
M. Bérenger, qui avait à sa gauche le Dr Zouberr Joomaye, a dénoncé « le rôle politique joué par la police ces derniers jours ». Il a également estimé que le Ruling de la magistrate Gayan-Jaulimsing concernant Showkutally Soodhun hier a fait honneur au judiciaire.
Paul Bérenger a d’emblée ce matin dénoncé « le plus sévèrement possible » le « rôle politique » joué par la police ces derniers jours.
« Il est bien difficile de penser que le zèle de la police ces derniers jours n’ait pas obtenu le feu vert de Navin Ramgoolam. Ce que nous avons vu ces derniers jours est indigne d’une démocratie », a-t-il dit. « Nous avons vu des façons de faire à la Tonton Macoute, qui constituent une très grave atteinte à la liberté d’expression », a ajouté Paul Bérenger
« Il semble que dans sa panique, Ramgoolam voit des complots partout et que la police qui est prête à jouer un rôle politique et trouve, elle aussi, des complots partout », a lancé le leader de l’Opposition. Il a, dans ce contexte, cité une phrase du Premier ministre de l’Inde Manmohan Singh qui, à son retour en Inde après avoir participé à l’Assemblée nationale des Nations unies, a affirmé que « it is the business of the opposition to oppose and depose government ». Ce qui, selon lui, reflète bien la situation à Maurice.
Le leader de l’Opposition a observé que les problèmes ont commencé lorsque le Premier ministre a appelé la police à son bureau afin de faire une accusation de « diffusing false news » contre lui. Il a rappelé avoir alors conseillé à la police de relire tous les jugements publiés concernant les accusations de false news « avant de faire des bêtises ». Pour lui, les jugements de la Cour suprême sont clairs : « Pour être trouvé coupable dans une affaire de ce genre, il faut qu’il y ait mauvaise foi et que l’information diffusée soit susceptible de troubler l’ordre public », a-t-il dit. Or, soutient Paul Bérenger, toutes les précautions ont été prises et les vérifications faites. De plus, a-t-il poursuivi, lors de sa conférence de presse, il avait pris la précaution de parler de manière calme en utilisant le conditionnel.
Full inquiry
M. Bérenger a observé que la police a laissé tomber l’accusation de « diffusing false news » et qu’elle a changé totalement de direction pour se baser sur une déposition faite à la police par le frère de la députée travailliste Nita Deerpalsing concernant une conversation privée entre deux amis afin d’introduire une accusation de « conspiracy to destabilize the government ». « La police a dû se rendre compte de l’aspect grotesque de cette accusation pour introduire une nouvelle accusation, à savoir “conspiracy to fabricate false facts” visant le Premier ministre. C’est honteux pour la police », affirme M. Bérenger. Il a dénoncé la façon dont Zouberr Joomaye a été interrogé par la police et la décision de cette dernière de remettre des documents aux parents de ce dernier afin, ajoute-t-il, de l’intimider. « Je dénonce également la façon de faire de la police vis-à-vis de Showkutally Soodhun, qui a été caractérisée par la mesquinerie, la persécution et le refus de bail ».
Paul Bérenger a, en revanche, accueilli favorablement le Ruling de la magistrate Gayan-Jaulimsing, qui, dit-il, a fait honneur au judiciaire. Il a demandé au Commissaire de police et au surintendant en charge de l’enquête de faire très attention. « En temps et lieu il y aura une full enquiry sur toute cette affaire. Je dénonce avec dégoût et mépris la façon de faire de Nita Deerpalsing et de son frère. J’avais des renseignements selon lesquels c’est Nita Deerpalsing qui a poussé son frère à faire une déclaration à la police. Sa déclaration à une radio privée l’a confirmé ».
Paul Bérenger a observé qu’alors que la police a été en mesure de faire ce qu’elle a fait contre Zouberr Joomaye et Showkutally Soodhun, elle a ignoré les déclarations du PPS Khamajeet, qui, soutient-il, « a menti, comme cela a été confirmé par ses propres agents ». « Voilà ce que le Ptr est devenu », a-t-il lancé.
« Je demande à Navin Ramgoolam de mettre fin à tout cela et d’arrêter le glissement vers un État policier. Je demande un retour à la police républicaine au service du pays et non pas du Parti travailliste ».
Paul Bérenger a affirmé que le MMM a connu cela dans le passé et que jamais il n’acceptera le « dominère », « surtout venant d’un gouvernement de transfuges ».
Le leader de l’opposition a finalement exprimé ses sympathies au Dr Zouberr Joomaye et à sa famille ainsi qu’à Showkutally Soodhun et sa famille. Il a annoncé que le Dr Joomaye fait partie des personnalités du MMM qui ont été cooptées au bureau politique du MMM qui se rencontre chaque semaine.