Samedi, lors de l’Assemblée des délégués de son parti, Paul Bérenger a considéré que l’alliance PTr-MMM avait perdu les élections « par la faute de Navin Ramgoolam ». Il s’est demandé si « les gaffes » de l’ancien Premier ministre ne faisaient pas partie d’une « stratégie calculée » afin de ne pas obtenir une majorité de trois-quarts au Parlement, tempérant toutefois en disant n’avoir « aucune réponse de façon catégorique ».
Dans son premier discours prononcé depuis les élections du 10 décembre dernier, Paul Bérenger a affirmé que le MMM accepte les résultats des élections. De même, il a demandé à son électorat de « ne pas avoir d’amertume » et à « ne pas chercher de boucs émissaires » avant de souhaiter « bonne chance » au nouveau gouvernement. II a toutefois affirmé être « bien inquiet » pour le pays dans les semaines à venir.
Le leader du MMM est revenu sur les circonstances ayant mené son parti à rompre le Remake 2000 pour, finalement, conclure une alliance avec le PTr. « Toutes les décisions prises par le MMM l’ont été de façon collective, tant au niveau du comité central que du bureau politique », a-t-il lancé. Une des raisons ayant motivé sa décision de conclure une alliance était, selon lui, la crainte que le PTr et MSM arrivent à une alliance. Il aurait été « difficile pour le MMM », dit-il encore, de diriger seul le pays en cas de victoire. Il n’a toutefois pas caché sa colère vis-à-vis de Navin Ramgoolam, à qui il attribue « l’occasion ratée de faire de Maurice un pays phare et un modèle de démocratie ».
Revenant sur les raisons de sa défaite, Paul Bérenger  a reconnu que le MMM a eu « tort de sous-estimer la rage » de la population contre lui et sa lenteur au niveau de la prise de décision. Selon lui, Navin Ramgoolam, « par le ton et le comportement adoptés » tout au long de la campagne, « n’a rien fait pour améliorer son impopularité et pour gagner la sympathie des militants ». Et de faire mention des « gaffes » commises par le leader du Parti travailliste, à l’instar, avant les élections, de sa déclaration à l’effet qu’il avait utilisé « la réforme électorale pour attraper le gros requin ». Aussi Paul Bérenger s’est-il interrogé sur les « gaffes de Ramgoolam », se demandant si, en fin de compte, « elles ne s’inscrivaient pas dans une stratégie visant à ne pas obtenir une majorité de trois-quarts » au Parlement.
Le leader du MMM a néanmoins accepté de faire son autocritique ainsi que celle de son parti. « Je suis emmerdé contre Ramgoolam, mais je suis aussi emmerdé contre la direction de mon parti et contre moi-même », a-t-il lancé. Évoquant les raisons de sa colère, il s’est ainsi demandé comment il a pu « accepter qu’un transfuge comme Michael Sik Yuen soit porté candidat » aux élections. Il s’en ait aussi pris contre « quelques dirigeants ayant participé pleinement dans le processus de prise de décisions » au sein des instances du MMM et qui, après les élections, ont eu « la lâcheté de critiquer ces mêmes décisions ». Il a finalement rappelé avoir décidé d‘assumer le rôle de leader de l’opposition jusqu’au 8 février, date à laquelle l’assemblée des délégués décidera du renouvellement des dirigeants des différentes instances du parti. Il se réserve toutefois le droit de prendre sa décision concernant la ligne à suivre par la suite.
L’assemblée de délégués a approuvé la décision du renouvellement le 8 février prochain. Les membres ont ainsi jusqu’au 7 janvier pour soumettre leur candidature. Il a aussi été décidé que le nombre de membres élus au comité central par les délégués passera de 20 à 30 et que le nombre de membres siégeant au bureau politique passera, lui, de 16 à 20. Ce vote a été précédé d’un débat durant lequel les délégués ont soutenu la nécessité pour Paul Bérenger d’être maintenu au leadership du MMM. Ils ont aussi eu le langage tenu durant la campagne, notamment concernant les travailleurs de l’industrie sucrière. Et d’être très critique vis-à-vis de la communication du MMM durant la campagne. « Pourquoi, alors que le MMM dispose d’avocats et de personnes compétentes, avez-vous permis que nous soyons traités de cette façon dans les médias durant la campagne ? Pourquoi avez-vous laissé le champ libre à nos adversaires dans les radios privées, même s’ils menaient campagne contre nous ? » a demandé une déléguée. D’autres intervenant ont, eux, demandé que la direction « écoute davantage la voix des militants » et que « plus de places soient faites pour les jeunes dans les instances » du parti.