Le MMM est résolument contre un nouveau recensement communautaire de la population et se prononce aussi contre l’abolition du Best Loser System (BLS) — deux souhaits émis par les porte-parole du Parti travailliste ces derniers jours. En revanche, le MMM insiste sur l’urgence d’une réforme électorale et son leader, samedi dernier, a suggéré un projet de loi qui comprendrait deux parties bien distinctes ; la première établissant les caractéristiques du nouveau système électoral et la seconde axée sur l’abolition du BLS. Paul Bérenger souligne que la promesse faite par le Premier ministre au Parlement le 27 juillet dernier pour la présentation au plus vite d’un projet de loi pour la réforme électorale n’a débouché jusqu’ici sur aucune action concrète et lance avec gravité en direction de Navin Ramgoolam : « Ler badine inn fini. »
Le leader du MMM met en garde contre un éventuel recensement de la population sur la base des communautés comme suggéré par Patrick Assirvaden (président du Ptr) et Arvind Boolell (ministre des Affaires étrangères) après les conclusions du Comité des Droits de l’Homme des Nations unies à la suite de la plainte logée par Rezistans ek Alternativ. « Se enn propozision retrograd refer enn resansman kominal
40 an apre seki ti fer an 1972 », soutient Paul Bérenger en rappelant que le gouvernement MMM-PSM avait aboli cet aspect dans le recensement de 1982.
S’agissant de l’abolition du BLS comme proposée aussi par ces deux dirigeants du Ptr, Paul Bérenger est convaincu que le Premier ministre n’obtiendra pas au Parlement les trois-quarts de voix requis pour abolir un tel système car il y a des divergences, selon lui, au sein de la majorité gouvernementale sur cette question. « Mo met o defi Navin Ramgoolam vinn de lavan avek enn proze delwa pou abolir Bestloser. Li bizin trwa-kar vot ek mo pa trouv li pou gagn trwa-kar. Dan so prop parti ena dimounn ki pa dakor ek pa pou vote ek MSM dir ki li pou vot blok kont. »
Mais selon le leader du MMM, il y aurait unanimité, valeur du jour, sur les autres aspects de la réforme électorale qui inclurait une dose proportionnelle ainsi qu’un quota pour la candidature féminine. « Tou dimounn dakor lorla. Pa trwa-kar ki li pou ganye me 100 %. Ena inanimite », affime Paul Bérenger. C’est pour cette raison qu’il propose un projet de loi à deux volets bien distincts pour la réforme électorale. Selon le leader de l’opposition, ce projet de réforme électorale qui aurait dû être une priorité du chef du gouvernement depuis longtemps l’est davantage après le “ruling” du Comité des Droits de l’Homme des Nations unies à la suite de la demande de
Rezistans ek Alternativ. D’où son appel pressant au Premier ministre pour présenter au plus vite un projet de loi y relatif. « Si Navin Ramgoolam est sérieux, qu’il présente au plus vite un projet de loi pour la réforme électorale et chacun prendra alors ses responsabilités. »
Dans un autre volet de sa conférence de presse, le leader du MMM a fait un tour d’horizon de la situation dans le pays pour soutenir que « rien ne va plus ». « Tout fout le camp. Je vais donner une demi-douzaine d’exemples et si cela continue, ça va mal finir », prévient Paul Bérenger. Ce dernier a fait état des problèmes suivants : les marchands de rue à Port-Louis et la séquestration du maire pendant plus de quatre heures lors d’une réunion avec ces marchands ; la pénurie des médicaments dans les hôpitaux ; la congestion routière en dépit des gros investissements dans les infrastructures routières ; la prolifération des “taxis marrons” causant préjudice au service de transport en commun ; l’environnement sale à travers le pays et les incendies dans les champs de cannes. Selon le leader du MMM, la population est déjà irritée par beaucoup de problèmes et craint qu’un nouveau report des élections municipales ne provoque davantage de mécontentement. « Si le gouvernement amende à nouveau la loi pour repousser les élections à 2013 cela va mal finir. »
Le leader de l’opposition a aussi fustigé le gouvernement pour ce qu’il qualifie de « mismanagement total » du dossier concernant le pèlerinage à la Mecque. Paul Bérenger a circulé à la presse une copie d’une communication officielle émanant des autorités saoudiennes, datant de mars dernier et dans laquelle elles informaient le gouvernement qu’elles limiteront le nombre de visas d’entrées pour les pèlerins mauriciens à 1 300. Or, dit-il, le gouvernement et le Centre culturel islamique ont laissé croire ces derniers mois aux futurs pèlerins que le pays obtiendra 2 000 visas d’entrées.