« Bizin eleksion general au plus vite », a déclaré hier le leader du MMM, Paul Bérenger, devant une bonne foule rassemblée dans son fief à Stanley, Rose-Hill. Il a expliqué que le MMM et le MSM accordent leurs violons pour les travaux parlementaires mais qu’il n’y a aucune discussion d’alliance avec ce parti. Par ailleurs, il a précisé qu’il n’est pas question que le MMM entre au gouvernement avant les prochaines élections générales.
« Je suis inquiet de voir que tout le monde pe content MMM », a affirmé Paul Bérenger avant de lancer sur le ton de la plaisanterie que le MMM « pe gagne harcèlement politique ».
Au chapitre des alliances politiques, Paul Bérenger a affirmé qu’il fallait éclaircir la situation. C’est ainsi qu’il a soutenu que « beaucoup de monde a la nostalgie de l’alliance MMM-MSM des élections de 2000. Il est vrai que le gouvernement qu’a connu le pays entre 2000 et 2005 avec Anerood Jugnauth et Paul Bérenger comme Premier ministre était une alliance exemplaire. Très peu de pays ont connu un gouvernement de coalition qui a duré pendant 5 ans sans connaître aucune friction, ni prise de bec. Ce fut un travail d’équipe ».
Du côté du Ptr, il a fait mention d’une interview de presse donnée par la nouvelle secrétaire générale du Ptr, Kalyanee Juggoo, qui parle de deuxième République et d’alliance MMM-Ptr. « J’ai lu une interview de la nouvelle secrétaire générale du Ptr. Mo gagne inpe tracas sa manière tout dimoune pe content nous. Nou pe gagne harcèlement politique », dit-il. « Il y en a qui rêvent d’une deuxième alliance MMM-travailliste et d’une deuxième République. Il est hors de question que le MMM entre dans le gouvernement avant les prochaines élections générales. Ce dont ce pays a besoin, c’est d’élections générales », a-t-il affirmé.
Auparavant, Paul Bérenger avait constaté que les travaux parlementaires reprennent la semaine prochaine après quatre mois de congé alors que « le pays pe koulé ». « La situation dans le pays continue à se détériorer et SAJ a exprimé les mêmes inquiétudes que moi à ce sujet. Même les travaillistes sont inquiets devant la détérioration de la situation », a-t-il dit. Il estime que le pays dispose d’un gouvernement illégitime soutenu par deux transfuges et quatre parlementaires PMSD. Il considère que la situation en termes de fraude et de corruption est pire que ce que le pays avait connu à l’époque de « Daby-Badry ».
« Nou pou donn sok »
Après avoir évoqué les problèmes autour de la carte d’identité la semaine dernière, M. Bérenger a annoncé qu’il se propose de parler de la situation au CEB aujourd’hui. « L’ICAC continue à ne pas faire son travail comme il le faut ». Il a d’autre part dénoncé ce qu’il estime comme « une dégringolade de la démocratie » avec « le comportement de la MBC, le renvoi des élections municipales » alors que de nombreuses questions parlementaires sont toujours restées sans réponses. Sur le plan économique, Paul Bérenger a observé que ce sont les PME qui sont les plus frappées par la crise économique et a déploré que ce dossier ait été confié à Jim Seetaram. « C’est un symbole qui démontre que le gouvernement a la plus mauvaise équipe économique qui soit ».
Une dizaine d’orateurs ont pris part au meeting présidé par Deven Nagalingum. Ils ont pour la plupart dénoncé la situation dans le pays, annoncé les élections générales au plus tard l’année prochaine et le retour de Paul Bérenger comme Premier ministre du pays.
Steve Obeegadoo a estimé que jamais depuis la fin des années 70 l’opposition n’a été aussi forte au parlement qu’elle l’est aujourd’hui, avec un gouvernement qui s’appuie sur deux transfuges et quatre éléments du Parti mauricien social démocrate (PMSD). Il affirme que rien ne va plus avec une baisse dans l’investissement, la hausse de la dette du pays et du taux de chômage parmi les jeunes, sans compter la crise financière internationale à laquelle le pays a à faire face. Il dénonce la fraude et la corruption, les passe-droits, et d’autres scandales qui rythment le quotidien, allant même jusqu’à se demander « s’il y a un gouvernement dans ce pays ». Il soutient que c’est une opposition forte qui sera au parlement mardi « pou donn sok ».
Rajesh Bhagwan a abondé dans le même sens. Il a fustigé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qu’il accuse de gouverner le pays « comme si c’était sa propriété privée ». La hausse du nombre d’accidents, dont le dernier en date jeudi, a été un des points évoqués par le politicien de même que par ses confrères. Il a fait comprendre que l’opposition sera sans pitié au parlement, au point où certains « ont intérêt à réserver une chambre à City Clinic ».
Le Deputy Leader du parti, Alan Ganoo, s’est demandé si Ramgoolam est en mesure de révoquer Dhiraj Kamajeet alors qu’il est en situation de faiblesse. Par conséquent, fait-il ressortir, il continue à être « un objet de chantage ». « Navin Ramgoolam pe tenir lor beki », dit-il. Alan Ganoo trouve inadmissible que les vacances parlementaires aient duré quatre mois alors que la situation va de mal en pis dans le pays. Il appréhende déjà un renvoi des élections municipales.
Il affirme que le MMM a passé 32 ans dans l’opposition et 10 ans au gouvernement. « Le parti a jeté les bases pour une économie solide et a travaillé pour consolider l’unité nationale ».
Alan Ganoo affirme que le pays a besoin d’élections générales. « Nous sommes le seul parti qui puisse aller seul aux élections générales et ramener le pays sur le chemin de l’avenir », conclut-il.