Le leader du MMM, Paul Bérenger, a conseillé à nouveau samedi à la présidente de la République de se retirer tranquillement « avant que toutes sortes de pétitions commencent à circuler ».
Pour Paul Bérenger, la présidente n’aurait jamais dû entrer dans ce qu’il a qualifié de « kales pouri » qui l’a amenée à la State house. « Ou finn plaide coupable, retire ou trankil », a lancé le leader du MMM. Il a annoncé que la lettre qui circule dans les partis de l’opposition parlementaire pour réclamer la démission de la présidente sera étudiée par le bureau politique de son parti aujourd’hui ou demain.
Toujours en ce qui concerne l’affaire Alvaro Sobrinho, Paul Bérenger estime que la FSC n’aurait jamais dû donner des permis d’opération aux trois compagnies et une licence d’Investment Banking à la société appartenant au milliardaire angolais. Il a fait remarquer que le monde entier sait qu’une clique au pouvoir en Angola a détourné des milliards de dollars découlant des revenus des produits pétroliers produits par ce pays au lieu de les utiliser pour le bien-être de la population. Il a rappelé que le Portugal, qui fait partie de l’Union européenne, poursuit actuellement le vice-président angolais pour corruption, ce qui est une première dans le monde. Il a dit son étonnement que le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance parle aujourd’hui de surmédiatisation de l’affaire Alvaro Sobrinho à Maurice. Il estime que les permis et licences accordés à Alvaro Sobrinho à Maurice auraient dû tout simplement être annulés. Paul Bérenger a, par ailleurs, demandé à la FSC de circuler les lettres adressées par la FSC aux autorités portugaises ainsi que la réponse qui a été obtenue.
Commentant les enquêtes en cours concernant la saisie de 135 kg de drogue, Paul Bérenger a estimé que la population a le droit de savoir ce qui se passe. Pour lui, le Premier ministre Pravind Jugnauth bluffe et fait des déclarations qui brouillent les pistes. Il lui a reproché de profiter d’une fête religieuse pour affirmer que son gouvernement a obtenu « rezilta lor rezilta » dans le combat contre la drogue. Or, selon lui, une bonbonne vide qui visiblement avait été utilisée pour transporter de la drogue a récemment été découverte à Montagne Jacquot, démontrant que des cargaisons de drogue sont déjà entrées au pays à l’insu des autorités portuaires et que Maurice est devenue un centre de distribution pour la drogue.
Concernant l’enquête sur la vente de Britam dans le cadre de l’affaire BAI, Paul Bérenger a soutenu que la composition de la commission d’enquête instituée par le gouvernement n’est pas crédible et a souhaité qu’elle soit revue.
Incompétence
Paul Bérenger a aussi évoqué la performance du ministre de l’Intégration sociale lors de l’exercice de PNQ mardi dernier. C’est la première fois, après qu’un ministre n’eut pas été en mesure de répondre aux questions du leader de l’Opposition, que trois parlementaires de la majorité ont dû venir à sa rescousse en donnant une conférence de presse en sa faveur, dit-il. Pour lui, l’incompétence du ministre de l’Intégration sociale est symptomatique du degré d’incompétence dans le gouvernement.
Paul Bérenger a expliqué qu’à la suite de la présentation du budget, il avait accueilli favorablement l’annonce budgétaire selon laquelle les familles dont les revenus totaux ne dépassent pas Rs 9 720 seraient top up afin qu’elles puissent atteindre ce niveau. Il affirme qu’il regrette aujourd’hui de l’avoir dit après avoir appris que seulement 8 214 familles en sont bénéficiaires et que 14 462 ont été disqualifiées « à la suite d’un exercice d’évaluation basé sur des critères superficiels et injustes, sans même qu’elles n’aient été informées ». Selon lui, un système d’appel aurait dû avoir été prévu pour celles qui se sentent lésées. Concernant le CSR, Paul Bérenger a, à nouveau, critiqué le système préconisé par le gouvernement consistant à transférer 50 % de l’argent recueilli des compagnies dans le NCSR Fund cette année et 75 % l’année prochaine. Pour lui, ce système conduira à la disparition de plusieurs ONG. De plus, dit-il, le risque que le CSR soit détourné de sa vocation première pour devenir un système de sécurité sociale avec sa lourdeur administrative est grand.
Paul Bérenger a déploré le manque d’information autour de la présence de la personnalité malgache qui est arrivée à Maurice la semaine dernière pour des soins dans une clinique privée alors qu’elle est recherchée par Bianco, un organisme équivalant à l’ICAC.
Finalement, le leader de l’opposition a accueilli favorablement l’interpellation d’Alan Ganoo concernant l’introduction du kreol au Parlement.