Le leader de l’Opposition, Paul Bérenger, est revenu à la charge, lors d’une conférence de presse ce matin, pour dénoncer l’éparpillement de l’action gouvernementale par rapport au dossier des Chagos, qui oppose Maurice à la Grande Bretagne. Il estime que les propos du Premier ministre à ce sujet aux Nations unies ont été faibles et déplore qu’aucune mention n’ait été faite concernant les Chagossiens.
Paul Bérenger a annoncé son intention d’aller de l’avant avec l’organisation d’une conférence publique sur les Chagos. Par la même occasion, il a demandé au Premier ministre de ne pas se rendre au Sommet du Commonwealth. « S’il décide d’y aller, il sera de son devoir de soulever la question du sort de la communauté tamoule au Sri Lanka et l’affaire des Chagos et des Chagossiens », a déclaré le leader de l’Opposition. Il a également fait mention du sommet spécial de l’Union africaine consacré à la Cour criminelle internationale et a souhaité que Maurice précise sa position à ce sujet.
Pour Paul Bérenger, les propos tenus par le Premier ministre concernant les Chagos ont été très faibles et pêchaient par le silence observé par rapport aux Chagossiens. Pourtant, dit-il, à son retour de Londres l’année dernière, le Premier ministre avait, en réponse à une Private Notice Question, fait plein de promesses, à savoir qu’il avait parlé au Premier ministre britannique David Cameron et que Maurice et la Grande Bretagne étaient arrivés à un accord sur le début d’un processus de dialogue positif sur les Chagos. De plus, les dirigeants de la Grande Bretagne, des États-Unis et de Maurice devaient se rencontrer afin de lancer le démarrage des discussions. « Il n’en a rien été jusqu’aujourd’hui », a dit Paul Bérenger, qui constate que David Cameron a donné une version contredisant celle de Navin Ramgoolam, en particulier concernant une éventuelle rencontre à trois.
« C’est avec tristesse que je dis que Ramgoolam a, depuis 2005, raté des occasions historiques, surtout après l’arrivée de Barack Obama qui a succédé à Georges Bush à la présidence américaine et après que Gordon Brown a succédé à Tony Blair à la tête du gouvernement britannique et après l’arrivée de David Cameron à la tête de ce même gouvernement ».
M. Bérenger estime que le gouvernement mauricien éparpille trop ses efforts au lieu de se concentrer sur la souveraineté mauricienne sur les Chagos, qui nécessite une action sur le plan diplomatique et politique. Il a observé que Maurice a entrepris des actions contre la Grande Bretagne sur trois fronts. En premier lieu devant le Tribunal international des Droits de la Mer à La Haye pour contester la création de la zone marine protégée. Une action a aussi été entreprise devant la Commission des Nations unies sur les limites du plateau continental. A ce propos Maurice a un conflit avec les Maldives et le Sri Lanka en prenant en compte le plateau continental des Chagos. Paul Bérenger estime à ce sujet que le gouvernement mauricien a raison de « put on record » ces conflits. Finalement Maurice affronte la Grande Bretagne dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les discriminations raciales.
Paul Bérenger a annoncé qu’il compte aller de l’avant avec une conférence publique consacrée aux Chagos et envisage de poser des PNQ au Parlement. Il a déploré qu’en 2005, par fanatisme politique, le gouvernement travailliste ait abandonné tout le travail abattu par le gouvernement MMM-MSM. Il a affirme qu’il avait rencontré lui-même Jack Straw, secrétaire au Foreign office, George Bush et le secrétaire du Commonwealth McKinnon à l’époque. Le gouvernement n’avait qu’à bâtir sur le travail déjà accompli, dit-il.
Abordant le sommet du Commonwealth qui doit avoir lieu au Sri Lanka, Paul Bérenger a observé que cette organisation est en crise avec la décision du Premier ministre canadien de ne pas s’y rendre et de geler l’aide canadienne à cette organisation. Le PM canadien M. Harper a estimé que le gouvernement du Sri Lanka viole les valeurs du Commonwealth par sa façon de faire vis-à-vis de la communauté tamoule. Il a relevé que le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé son intention de se rendre au Sri Lanka pour dénoncer les mauvaises actions du gouvernement sri lankais. « Ce qui est une hypocrisie de la part des Britanniques tenant en compte le peu de considération qu’ils accordent aux Chagos et aux Chagossiens ».
Paul Bérenger a pris note de la décision du Premier ministre de se rendre au Sommet du Commonwealth et lui a demandé de ne pas se rendre au Sri Lanka. La délégation mauricienne peut être dirigée par un autre ministre. « Si le Premier ministre décide de s’y rendre, il sera de son devoir de soulever publiquement la question du sort de la communauté tamoule au Sri Lanka et l’affaire de Chagos et des Chagossiens ».
Commentant la possibilité que Maurice accueille le sommet du Commonwealth en 2015, il a observé qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. « Si la Grande Bretagne continue à ignorer nos revendications concernant la souveraineté des Chagos, est-ce que nous pourrons nous permettre de féliciter la Grande Bretagne sur le sol mauricien pour avoir excisé les Chagos du territoire mauricien ? Le gouvernement qui veut accueillir le sommet du Commonwealth n’a pas encore réfléchi à la portée de l’organisation du sommet à Maurice ».
Le leader du MMM s’est également appesanti sur le sommet de l’Union africaine prévu samedi qui sera consacré à la Cour criminelle internationale. Plusieurs pays ont demandé que l’Union Africaine se retire de la CCI. Il s’est demandé si Maurice pourra faire entendre sa voix à ce sommet et qui représentera le gouvernement mauricien. Il a rappelé que l’adhésion de Maurice à la CCI a été adoptée à l’unanimité par le parlement. Il s’est interrogé sur le rôle de l’Afrique du Sud et a rappelé que le président du Kenya fait l’objet des poursuites.
Le vote à 16 ans a aussi été évoqué par M. Bérenger qui a observé que le PTr s’est prononcé contre. Le MMM est en faveur du vote à 16 ans pour les élections régionales. Il a insisté sur l’introduction de l’éducation civique et politique à l’école et la nécessité de retourner aux administrations régionales le pouvoir concernant l’organisation des activités sportives, culturelles et des loisirs.
Paul Bérenger a finalement présenté ses félicitations aux Mauriciens qui ont remporté deux médailles d’or et deux médailles d’argent aux championnats du monde de kick-boxing au Brésil.