Le leader du MMM, Paul Bérenger, a considéré samedi que le budget présenté par Pravind Jugnauth jeudi dernier est irresponsable et n’est pas viable. De plus, il estime que le présent budget n’entraînera pas la relance économique.
Paul Bérenger, qui livrait ses premières analyse du budget en attendant le discours plus détaillé du porte-parole du MMM pour les questions économiques, Reza Uteem, au Parlement aujourd’hui, a estimé que la croissance risque d’être inférieure aux 3,9 % prévus par le ministre des Finances. Il attribue cette estimation à la sous-utilisation des dotations budgétaires consacrées au développement. Il a cité le cas de l’année dernière durant laquelle sur Rs 10 milliards prévues pour le budget de développement, seulement Rs 7 milliard ont été dépensées. Ainsi, un tiers de ce budget n’a pas été utilisé, a-t-il observé. Il est allé plus loin dans son constat en considérant que le budget est irresponsable et n’est pas viable. Il cite en exemple le déficit budgétaire estimé pour l’année prochaine, estimé à 3,2 %. « Or ce que le Premier ministre et ministre des Finances n’a pas dit, c’est que deux énormes revenus exceptionnels ont été injectés dans le budget : un montant de Rs 6 milliards provenant du Build Mauritius Fund, celui prévu dans le cadre du Mauritius Resilience Fund  et un don de Rs 5,4 milliards du gouvernement indien. Si Pravind Jugnauth voulait parler le langage de la vérité, il aurait dû reconnaître que sans l’injection de ces fonds exceptionnels, le déficit aurait atteint un niveau de 5,3 % du PIB. Ce qui est énorme », dit-il. Il estime que tout l’exercice budgétaire devra être revu dans un proche avenir.
Concernant la dette, Paul Bérenger a accueilli favorablement la décision d’aligner le calcul du niveau de la dette sur la méthode utilisée par le FMI et Moody’s, entre autres. Il observe que le ministre des Finances a reconnu que le taux de la dette a atteint 66 % du PIB alors que le niveau acceptable est de 60 %. Il ne pense pas toutefois que le niveau de la dette pourra être ramené à 63 % comme annoncé, tenant en considération les différentes réclamations faites au gouvernement en guise de dédommagements.
Concernant le métro express, Paul Bérenger a observé que le coût de ce projet est actuellement estimé à Rs 21 milliards dans le PSIP. Il souhaite toutefois que le rapport singapourien soit publié le vite possible et veut connaître le niveau de subside qui sera nécessaire chaque année pour que ce projet soit viable.
Quant à Agaléga, Paul Bérenger a renouvelé sa demande concernant la publication de trois rapports, à savoir le protocole d’accord signé par le gouvernement au sujet du financement de la piste d’atterrissage et de la jetée en 2015, le project report préparé par l’Inde et l’accord sur la sécurité maritime conclu en Inde. Il estime que le silence autour de ce projet nourrit toutes sortes d’inquiétudes qui sont très malsaines et qui desservent l’amitié entre l’Inde et Maurice.
Le leader du MMM déplore qu’aucune mention n’ait été faite à la BAI et réclame que le gouvernement informe les policy holders qui attendent d’être remboursés de ce qu’il les attend. Par ailleurs, il estime que Pravind Jugnauth a le devoir de dire s’il avait envoyé les deux personnes dont les voix sont entendues dans une bande sonore pour négocier avec Dawood Rawat à Paris.
Paul Bérenger a observé que par la faute du gouvernement actuel et du précédent, le pays doit payer par milliards et qu’il s’agit maintenant de préserver la réputation du pays. « Si on suit la logique d’Etienne Sinatambou, en refusant de payer les dédommagements à Betamax conformément à l’accord de l’arbitrage, cela risque de faire un tort immense au pays en tant qu’État de droit », estime Paul Bérenger. Il a finalement dénoncé la prise de position de Showkutally Soodhun qui a pris sur lui pour prendre position dans le conflit opposant l’Arabie Saoudite au Qatar. Ce qui a nécessité un démenti immédiat du ministre des Affaires étrangères.
En réponse à des questions de la presse, Paul Bérenger s’est étonné que le ministre des finances ait parlé de negative income tax sans faire mention du salaire minimum. Quant à la baisse de la taxe sur les compagnies orientées vers l’exportation à 3 %, tout en considérant que c’est une bonne chose, il s’est demandé ce que sont devenues les promesses de Rs 10 milliards destinées aux PME. Il a également eu un bref commentaire sur les élections en Grande Bretagne en soulignant le rôle des jeunes dans celles-ci. Cela devrait, dit-il, inspirer les jeunes Mauriciens.