Le porte-parole du MMM pour les questions économiques, Reza Uteem, a lors d’une conférence de presse tenue hier, qualifié les objectifs fixés par le Premier ministre dans sa Economic Mission Statement de samedi dernier « d’irréalistes et d’irréalisables ».
La Economic Mission Statement de sir Anerood Jugnauth, selon Reza Uteem, a été en premier lieu un exercice de communication mais aura surtout indiqué une volonté du Premier ministre à reprendre les choses en main. Ce qui, selon lui, constitue un désaveu du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Il a constaté, depuis le début de l’année, une perte de confiance de la population et des opérateurs économiques dans la politique économique du gouvernement qui, selon lui, a été un échec. Et de citer des exemples de ce qu’il estime être une mauvaise gestion de l’affaire BAI, les traités de non double imposition avec l’Afrique du Sud et l’Inde « qui n’ont pas été renégociés convenablement », la politique énergétique qui laisse à désirer et le manque de leadership. Le porte-parole du MMM a, par ailleurs, observé que le ministre des Finances a été le seul à prévoir une croissance économique de 5,3 % pour 2015 et une croissance de 5,7 % pour 2016/2017. Le bureau des statistiques prévoit, poue sa part, une croissance de 3,8 %, le MCB Focus une croissance de 3,8 %, la MCCI une de 3,7 % et la BoM de 3,7 %, souligne-t-il dans ce contexte.
Reza Uteem se demande, par ailleurs, comment le Premier ministre peut-il annoncer la création de 100 000 emplois en 2019, ce qui équivaut à la création de 25 000 postes annuellement alors que depuis le début de l’année 6 300 personnes ont déjà perdu leur emploi ; « De plus, le taux de chômage, estimé à 8,7 %, est en hausse et le nombre moyen de création d’emplois annuellement s’élève à 5,500. Les secteurs qui sont censés contribuer à la création d’emplois sont en crise. Le secteur manufacturier connaît actuellement une croissance de 1,8 % ». M. Uteem se demande également comme la part du PIB pourrait passer de 18 % à 25 %.
S’agissant des TIC, ce secteur emploie actuellement quelque 15 000 personnes et le Premier ministre veut doubler cet effectif, indique Reza Uteem, qui se dit sceptique à ce sujet dans la mesure où ce secteur manque de compétences. L’absence d’un ICT Academy se fait sentir, dit-il, tout en ajoutant : « Si le gouvernement est serieux concernant les TIC, le secteur le plus porteur et qui offre de l’espoir à nos jeunes et surtout aux 5000 diplômés en IT chaque année, il faut d’abord un ministre à plein-temps et non un part-time job comme c’est le cas à présent ; et il faut aligner nos compétences et être en mesure d’offrir aux compagnies du secteur ICT tout le soutien. » Le porte-parole du MMM poursuit : « C’est seulement grâce à ces changements et aussi après avoir baissé le coût du ‘bandwidth’ – un des plus élevés au monde – de manière à faire de Maurice une plate-forme compétitive avec des ressources qualifiées et de qualité – que nous pourrons commencer à retrouver espoir. »
Reza Uteem a aussi mentionné les « oubliés » de la Economic Mission Statement, notamment l’agriculture, l’industrie cannière, la sécurité alimentaire, la politique énergétique, l’économie durable, l’environnement et l’écologie. Et de constater qu’il n’y aura rien non plus sur la formation de manière à régler l’inadéquation entre l’offre et la demande. Le député mauve déplore également que rien n’a été énoncé, dans ce discours, sur le combat contre la pauvreté.