Joe Lesjongard et Rafick Sorefan se sont exprimés hier sur les raisons les ayant poussés à démissionner du MMM. Ils dénoncent le fait que « la démocratie est en train de céder la place à la dictature » et regrettent que « l’esprit d’équipe n’y est plus ». Selon eux, le MMM est devenu aujourd’hui « un fan-club autour du leader ». Ils ont toutefois conservé le flou autour de leur avenir politique.
Accompagnés de Jean-Claude Barbier, qui a pour sa part été expulsé du MMM la semaine dernière, les deux démissionnaires ont présenté des excuses aux militants pour ce qu’ils ont « subi lors des dernières élections ». Expliquant leur démarche, ils affirment qu’il y a un « malaise profond » au MMM et n’excluent pas la possibilité que d’autres membres leur emboîtent le pas. Joe Lesjongard a aussi assuré que son colistier du No 14, Alan Ganoo, est « sensible » à sa démarche.
Il ajoute que son départ découle d’une « mouvance » qui a commencé lors des dernières élections. « Nous ne voulons plus subir les conséquences des mauvaises décisions qui nous éloignent des valeurs militantes. » Joe Lesjongard évoque également le manque de solidarité et le fait que « chacun cherche son avantage personnel ». De même, il regrette que certains aient « oublié les valeurs », selon lui. « La démocratie cède la place à la dictature et la lutte contre la corruption n’est plus une priorité », dit-il. Pour lui, le MMM ressemble aujourd’hui à un « fan-club tournant autour de son leader ».
De son côté, Rafick Sorefan a rappelé qu’il a quitté le Parti travailliste pour rejoindre le MMM « parce que le parti avait des valeurs comme la lutte contre la corruption ». Toutefois, ajoute-t-il, « tel n’est plus le cas aujourd’hui ». Pour lui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la réunion de l’exécutif de samedi dernier, où « certains n’avaient pas été appelés ».
Selon lui, le leader « mène le parti à sa perte » et il prévoit que ces démissions auront un « effet boule de neige ». Rafick Sorefan regrette également que Paul Bérenger ne « veuille pas passer le flambeau ». Quant à Jean-Claude Barbier, il a dénoncé la manière dont il a été expulsé du parti. « On a envoyé une lettre à la Speaker pour lui dire que je ne faisais plus partie du MMM… Quelle élégance ! » Le député, qui rappelle avoir passé 40 ans au MMM, estime qu’à ce jour, les raisons de cette suspension ne sont pas encore claires.
Les trois députés ont toutefois entretenu le flou sur leur avenir politique. Ils n’ont ni confirmé ni infirmé une possible adhésion au Mouvman Liberater d’Ivan Collendavelloo ou à un autre parti du gouvernement.