Les membres de la commission de la Santé du MMM ont rencontré la presse hier à Port-Louis. À l’agenda : l’arrêt du traitement de la méthadone aux toxicomanes?, les nouvelles drogues synthétiques?, le rapport de l’Audit?, l’affaire DY Patil et l’annonce du gouvernement à l’effet que les travailleurs étrangers ne bénéficieront plus de soins gratuits dans le service hospitalier local.
Dans l’ensemble, la commission fustige le ministre de la Santé, Anil Gayan, fait appel « au bon sens et à la raison de tout un chacun au sein du gouvernement », et réclame « des mesures qui soient en phase avec le respect des droits de chacun ». Ces membres du MMM rappellent que le parti « est en faveur de la venue de nouveaux traitements de substitution, tels que le Suboxone, que nous avions nous-mêmes préconisés et le Naltrexone. Mais il ne faut pas pour autant stopper la méthadone ».
Encadré du Dr Satish Boolell, Gaytree Dayal, Franco Quirin et Osman Dusmohamed, le Dr Zouberr Joomye a animé ce point de presse de la commission de la santé du MMM à l’hôtel Saint Georges hier. Le premier item à l’agenda était la décision, « contre toute attente et à la surprise générale, même de ses propres techniciens, du ministre de la Santé Anil Gayan d’arrêter le traitement de la méthadone aux toxicomanes. Ce, alors que ce traitement a fait ses preuves?, ainsi qu’en atteste le National AIDS Secretariat (NAS) dans son Country Program Report à l’Onusida pour l’année en cours ». Le Dr Joomye devait, ainsi, citer texto ce rapport qui affirme que « following the introduction of Harm Reduction strategies, such as the Needle Exchange Program (NEP) and methadone treatment, the percentage of Injecting Drug Users (IDU) has decreased from 68 % in 2011 to 31 % in 2014 ». Le MMM se demande comment « le ministre a pu prendre la décision de stopper le traitement de méthadone, alors que ce médicament a fait ses preuves ». Le parti accuse, dans la foulée, Anil Gayan d’avoir fait preuve de « dédain envers les toxicomanes et leurs proches », tout en rappelant qu’un « toxicomane est un malade. Il mérite une approche humaine, un encadrement et un accompagnement. Et non pas d’être traité comme un moins que rien ». Sur ce point, le Dr Joomye a soutenu son argument, notant que « dès son arrivée au ministère de la Santé, Anil Gayan a décentralisé les points de dispensation de méthadone vers les postes de police. Tout le monde sait qu’un toxicomane ne se sentira jamais en sécurité ni à l’aise pour se faire soigner dans l’enceinte d’un poste de police ».
Dans le même souffle, la commission santé du MMM déplore que « le ministre souhaite arrêter le programme d’échanges de seringues. Ici encore, c’est le même problème : il est d’avis qu’il y aurait un “trafic” de seringues par les ONG?et leur coupe ainsi les vivres. D’autre part, il réclame des ONG que celles-ci communiquent aux services de santé les numéros des cartes d’identité des bénéficiaires. C’est tout bonnement impensable et à l’encontre des droits humains ».
Le Dr Joomye a néanmoins précisé que « nous sommes conscients que le programme de méthadone a certaines failles?, notamment lors de son stockage, sa dispensation et ses caractéristiques addictives. Mais il ne faut pas oublier que c’est un médicament recommandé par l’OMS et qu’il a fait ses preuves depuis qu’il est utilisé en 2006 à Maurice ». Pour cause, le traitement à base de méthadone a permis de réduire considérablement la transmission du VIH/sida par voie intraveineuse. Le médicament est également utilisé durant les cures de désintoxication et a ainsi permis à nombre d’usagers de drogues dures de recouvrer de la maladie de dépendance.
La commission santé du MMM a également sévèrement critiqué « la décision d’Anil Gayan, encore une fois, contre toute attente et sans consultations aucune, que les travailleurs étrangers ne bénéficieront plus de soins gratuits dans nos hôpitaux ». Intervenant sur ce sujet, le Dr Boolell devait lancer un appel « sur le plan humanitaire, parce que nous savons que cette décision concerne surtout les travailleurs bangladeshis et chinois qui sont à Maurice. Ils contribuent au développement de notre pays. Je ne pense pas que c’est de gaieté de coeur que ces personnes souhaitent se retrouver malades à Maurice, loin des leurs… »
La Commission santé du MMM a appelé le gouvernement à « organiser une table ronde, mieux, des assises de la drogue, avec la participation des ONG ». Lors de ce point de presse, il a également été question du rapport de l’Audit et des gaspillages du ministère de la Santé?, ainsi que de l’affaire DY Patil et la non-reconnaissance des diplômes des 40 jeunes qui ont suivi une formation dans cette institution.