Le leader du MMM, Paul Bérenger, est revenu samedi sur l’adoption de l’Insurance (Amendment) Act par le Parlement pour affirmer que le recours à une provision de la Constitution afin d’empêcher tout recours à la Cour suprême envoie « un très mauvais signal » aux investisseurs étrangers. Le texte de loi a en effet été adopté mardi dernier par une majorité de trois-quarts validée par le décompte des votes.
Pour Paul Bérenger, le gouvernement avait, lors de débats sur l’Insurance (Amendment) bill mardi dernier, « réagi à chaud et sans réfléchir à une proposition faite par Alan Ganoo » dans son intervention à cette occasion. Il a expliqué que le gouvernement a, pour la première fois, eu recours à une provision constitutionnelle adoptée après la cassure du MMM-PSM en 1983? mais avant la création du MMM. Selon lui, le groupe, dirigé par sir Anerood Jugnauth à l’époque, voulait démontrer qu’il était « plus à gauche que le MMM ». Le groupe, qui allait devenir le MSM, devait par la suite conclure une alliance avec le PMSD et le PTr, et l’amendement constitutionnel n’a, depuis, jamais été utilisé… jusqu’à mardi dernier, explique le leader des mauves. Cette clause prévoit que si une législation concernant la nationalisation est adoptée par une majorité de trois-quarts, elle ne peut être contestée en Cour suprême. Il a observé que, durant les débats de mardi dernier, les intervenants de la majorité étaient « conscients de la possibilité que la constitutionnalité de cette loi soit contestée » en cour. « Le gouvernement a agi sans réfléchir au moment de l’intervention d’Alan Ganoo pour s’assurer que le texte de loi ne soit pas adoptée seulement par une simple majorité, mais par une majorité de trois-quarts, afin de contourner ce problème », a-t-il dit, avant de questionner : « Si la majorité était convaincue par la constitutionnalité de cette législation, pourquoi a-t-il eu recours à la Section VII de la Constitution ? » Ce faisant, a fait comprendre Paul Bérenger, le gouvernement a envoyé aux investisseurs « le message qu’il peut tout faire avec sa majorité de trois-quarts » à l’Assemblée. « C’est le plus mauvais signal qu’il pouvait envoyer aux investisseurs étrangers ! » Le leader du MMM estime que « cela s’ajoute au fait que l’image du secteur financier mauricien a déjà été ternie par l’amateurisme avec lequel le dossier Bramer Bank/BAI a été traité ». Et de faire mention d’articles parus dans la presse internationale, dont The Economist, qui demande aux investisseurs « de venir en vacances à Maurice mais de ne pas y investir ». Paul Bérenger a rappelé que d’autres dispositions légales existent concernant le droit à la propriété privée pour contester cet amendement.
Concernant l’affaire BAI, Paul Bérenger a expliqué que le MMM « continuera à s’assurer que le gouvernement tienne ses promesses concernant la protection des emplois et les intérêts des détenteurs de polices d’assurance et autres plans de la BAI ». Abordant un autre dossier délicat, Paul Bérenger a attiré l’attention sur le fait qu’Air Mauritius aurait conclu un second hedging sur les produits pétroliers pour une durée de deux ans. En raison de ce hedging, « Air Mauritius ne bénéficie nullement de la baisse des prix des produits pétroliers sur le marché international ». Au prix actuel des produits pétroliers (autour de USD 60 le baril), « Air Mauritius aurait en effet déjà perdu Rs 400 M ». Tenant en compte que le hedging en question serait d’une durée de deux ans, au prix actuel des produits pétroliers, la compagnie aérienne pourrait perdre « jusqu’à Rs 2 milliards ». Il a de fait exhorté le gouvernement, principal actionnaire de la compagnie nationale, de « dire la vérité à la population ».
Au chapitre des élections municipales, Paul Bérenger a annoncé l’organisation d’un campaign committee cet après-midi, durant lequel la question des candidatures sera évoquée. De son côté, le bureau politique du MMM se rencontrera demain. Faisant référence à la déclaration de sir Anerood Jugnauth sur la nécessité de « nettoyer les municipalités », il a observé que le travail de nettoyage a déjà été effectué avec le MMM et le MSM à ce niveau. Parler de « nettoyage » en présence du PMSD est donc, pour le leader mauve, « le joke du siècle ». Paul Bérenger a ainsi estimé qu’il « n’y a rien à nettoyer dans les municipalités, et surtout pas avec le PMSD ».