La Commission éducation du MMM parle de « situation chaotique » au MITD et soutient que cette institution « est à la dérive ». Une situation qu’elle attribue d’une part à « l’incapacité » du board de gérer les affaires de cet organisme, et de l’autre à l’ingérence politique.
Lors d’une conférence de presse hier après-midi, Steve Obeegadoo, président de cette instance du MMM, a réclamé la dissolution du board et la reconstitution immédiate d’un autre conseil. La commission a aussi dénoncé hier le nombre élevé d’enfants dans la fourchette de 5 à 16 ans qui ne sont pas scolarisés malgré la loi pour l’éducation obligatoire.
La Commission éducation du MMM a fait un tour d’horizon des divers problèmes qui font l’actualité dans le secteur éducatif, notamment l’affaire d’abus sexuel allégué sur une mineure au MITD et les conséquences ; la pagaille au niveau des cours dispensés par le MITD à l’intention des élèves des troisième et quatrième années du secteur Pre-Vocational (Prevoc) ; la fermeture annoncée des écoles de l’APEIM faute de soutien des autorités ; la situation peu brillante des enfants handicapés et le taux élevé de non-scolarisation tant au primaire qu’au secondaire.
Selon l’analyse de cette commission du parti mauve, les problèmes auxquels est confronté le MITD datent de plusieurs années déjà et la direction n’arrive plus à gérer comme il se doit cette institution. Steve Obeegadoo en rejette le blâme sur les politiciens qui s’ingèrent dans les affaires de l’organisme. « MITD se enn institision ki pa pe fonksione. Ena boukou problem ki la press pe raporte. Il y a un climat de terreur au sein de cette institution », a affirmé le député du MMM, qui a fait état de répression syndicale, de « recrutements douteux », de licenciement injustes, de relations industrielles tendues. « C’est la conséquence d’une politisation à outrance. Il faut mettre fin à cette dérive du MITD, il faut une remise en ordre », a insisté hier l’ancien ministre de l’Éducation, qui a réclamé la dissolution du board au plus vite et la nomination d’un autre conseil.
Cette commission du MMM a aussi réclamé la publication du rapport du Fact Finding Committee sur le cas d’abus sexuel allégué au MITD dans un souci de transparence. Steve Obeegadoo a fait référence à la clause 11 de la Child Protection Act (Duty to report) et à la Criminal Code Act (Culpable ommission) pour soutenir que la psychologue Pascale Bodet et l’enseignante Sudha Singh, deux employées du MITD licenciées dans le sillage de la publication de ce rapport, ont agi en conformité avec la loi. Selon la Criminal Code Act, « Any person who is able to take prompt action, without risk to himself or to a third party, so as to prevent the commission of a crime, or a misdemeanour which is an offence against persons, and who wilfully fails to do so, shall be punished by a fine not exceeding 10,000 rupees and by imprisonment for a term not exceeding 2 years ». Or, selon le président de cette commission du MMM, les professionnels de l’éducation « ne savent plus quoi faire » à la suite des sanctions prises à l’encontre de ces deux employées du MITD. « C’est une situation extrêmement grave », estime Steve Obeegadoo.
Le taux élevé de non-scolarisation alors que l’éducation est obligatoire est aussi une préoccupation de la Commission éducation du MMM. Steve Obeegadoo s’est appuyé hier sur les récentes données officielles pour arriver à la conclusion que « le droit à l’éducation pour tous est violé par l’État mauricien ». Selon ses chiffres, 5 % des enfants de 4 et 5 ans et 3 à 4 % des enfants de 6 à 11 ans ne vont pas à l’école ; le taux d’achèvement au primaire est de 72 % ; et environ 10 000 enfants 5 à 16 ans ne sont pas scolarisés. Au vu de la situation, estime-t-il, le pays n’atteindra pas cet objectif fixé par l’Unesco, à savoir « L’Éducation pour Tous en 2015 ». Selon les observations du député du MMM, le gouvernement n’a pris aucune mesure depuis 2005 pour faire respecter la loi préconisant l’éducation obligatoire jusqu’à 16 ans élaborée par le gouvernement MMM/MSM de 2000/2005. « L’objectif de cette obligation légale n’était pas de punir les parents mais d’amener les autorités à emmener tous les enfants en âge d’être scolarisés à l’école. C’est une manière de garantir le droit à l’éducation à tous les enfants indistinctement mais ce droit est violé par l’État mauricien », soutient Steve Obeegadoo. Selon ce dernier, les autorités ont les ressources nécessaires pour retracer les enfants hors du circuit scolaire, du préprimaire au secondaire, et il suffit d’avoir la volonté pour ce faire. Steve Obeegadoo suggère la mise en place d’un « mécanisme sectoriel » pour combattre la non-scolarisation.