Alors que, selon Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, l’année en cours prend fin sur une très mauvaise note pour le Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, 2012 s’achève en beauté pour son parti. Il en veut pour preuve les récentes élections municipales qui auront, selon lui, constitué un véritable « tremblement de terre politique » et confirmé que le MMM est, « de très loin, le plus grand parti du pays ». Le leader des mauves indique qu’il s’apprête, à tête reposée, à tout mettre en oeuvre en 2013 pour faire du MMM « un parti encore plus fort ».
Paul Bérenger soutient que l’année 2012 s’achève sur une très mauvaise note pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il soutient, à cet effet, que les dernières recommandations du rapport du Pay Research Bureau (PRB) ont eu un effet boomerang sur le gouvernement, que le récent Budget présenté n’aura été qu’un flop, que ses dernières PNQ ont mis à jour de nombreux scandales, que les élections villageoises auront été un choc pour le gouvernement, alors que les municipales ont bel et bien été des « élections-correction ».
Sur ce dernier point, le leader du MMM trouve que son vis-à-vis du PTr s’est rendu ridicule aux yeux de tous en voulant faire croire qu’il avait gagné. Il ironise, de plus, sur la vitesse avec laquelle Navin Ramgoolam a réagi à l’appel d’Eric Guimbeau pour soutenir la candidature du seul élu MMSD à Curepipe au poste de maire. Se fiant, dit-il, à l’attitude des ministres à l’Assemblée nationale, mardi, Paul Bérenger trouve que, désormais, Navin Ramgoolam n’exerce plus aucune autorité.
Selon le leader de l’Opposition, le fait qu’en plus, le Premier ministre « verse dans le ridicule » comme dans, explique-t-il, l’« affaire Mme Nandini », ne peut être que « politiquement mortel ». Le leader du MMM trouve en revanche que 2012 s’achève en beauté pour son parti. Il qualifie surtout les élections municipales de véritable « tremblement de terre politique » qui est venu démontrer que le MMM est, « de très loin, le plus grand parti politique ». Il annonce ainsi qu’à tête reposée, il mettra tout en oeuvre en 2013 pour faire du MMM « un parti encore plus fort » et « en finir pour de bon avec Ramgoolam ».
Le leader du MMM réitère aussi que l’alliance du Remake 2000 achève l’année 2012 « plus solide et plus forte que jamais ». Il estime que sir Anerood Jugnauth a eu parfaitement raison de soutenir que des élections-correction pour les municipales vont inévitablement entraîner un tsunami lors des prochaines législatives. Pour lui, la nouvelle année qui s’annonce sera cruciale, et sera fort probablement celle des législatives anticipées.
Affaire Nandini : « Agissements illégaux »
Abordant l’affaire Nandini, qui a fait l’objet de la PNQ de mardi dernier à l’Assemblée nationale, le leader de l’Opposition trouve ridicule que le Premier ministre soit venu affirmer que les photos prises du portable incriminé (de l’agent du MSM Yogida Sawmynaden, ndlr) auraient été entre-temps manipulées. « Tout cela, dit-il, est digne d’être inscrit au livre Guinness des Records ». Il trouve en revanche que dans toute cette affaire, la police a agi « illégalement » en fouillant dans le portable « que la dame s’est permise de saisir ». Il rappelle à cet effet que, dans l’affaire Gros Dereck, il aura préalablement fallu un judge’s order pour passer au peigne fin les portables saisis dans le cadre de l’enquête de la police.
Paul Bérenger s’interroge aussi quant aux raisons pour lesquelles celui accusé d’avoir pris en photo l’official agent du PTr s’est retrouvé séquestré, a été emmené « de force » au poste de police et a vu son domicile perquisitionné. « Le Commissaire de police et les officiers responsables ont des comptes à rendre », avertit-il. Le leader de l’Opposition annonce qu’il n’en démordra pas en ce qui concerne les mesures de transfert prises contre deux inspecteurs de police dans le cadre de cette affaire, de même que pour les actions engagées contre un surintendant de police.
Alors que le Premier ministre a soutenu au Parlement que l’on aurait manipulé les données du portable en question, Paul Bérenger trouve, que les officiers suspendus n’ont, sans doute, vu aucune utilité de garder le téléphone. « Je n’accepte pas ce genre de persécution, d’autant plus quand il s’agit d’officiers de police », prévient le leader de l’Opposition, qui ne manque pas de souligner que les vacances parlementaires s’écouleront rapidement.
Alors que, explique-t-il, l’Assemblée nationale ne reprendra que le 26 mars prochain, c’est toujours « le cover-up total » dans les cas, entre autres, des affaires Timol, Bangaleea, Gros Dereck, Tertiary Education Commission (TEC), Mauritius Institute for Training and Development (MITD), et celle de la tentative alléguée de trafic d’armes impliquant deux ressortissants russes. Pour lui, le gouvernement PTr/PMSD « est devenu une machine à cover-up ».
Dans un autre ordre d’idées, le leader de l’Opposition salue la décision du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, d’écouter l’appel lancé par lui-même et les syndicats en vue d’un renvoi des débats sur les amendements à être apportés aux deux lois du travail. Il parle même de « lettre d’amour » que lui a adressé le ministre Mohamed à ce sujet, invitant l’Opposition à faire aussi connaître ses propositions. Paul Bérenger regrette que, sur le sujet, les syndicats soient divisés en deux blocs.
« Encore temps de faire l’unité syndicale »
Il salue le front syndical mené par le tandem Reeaz Chutoo/Jane Ragoo, qu’il a rencontré le samedi 17 décembre. Le leader de l’Opposition explique leur avoir déclaré que le plus important dans l’immédiat était de repousser les débats parlementaires autour des amendements à être apportés. « Je leur avait suggéré de mettre de côté toute question d’orgueil et de tenir, avec l’autre groupe conduit par Ashok Subron, une conférence de presse conjointe pour réclamer un tel renvoi. Ils sont allés dans cette direction mais, malheureusement, Subron a refusé. »
Paul Bérenger estime qu’il n’est « pas encore trop tard » de refaire l’unité syndicale sur toute cette question d’amendements aux lois du travail. « Ceux qui empêchent une telle unité de se réaliser auront des comptes à rendre à l’Histoire », dit-il. Soulignant le fait que le responsable du Bureau International du Travail (BIT) a laissé entendre dans la presse, hier, que certains aspects des amendements proposés par le gouvernement vont à l’encontre des Conventions du BIT, Paul Bérenger est d’avis que la voie est ouverte en vue d’un « bon travail » à la rentrée parlementaire avec le soutien de tout un chacun.
Le leader de l’Opposition dit, enfin, avoir pris connaissance « avec tristesse », du ruling « très décevant » de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire portée à sa juridiction par le Groupe Réfugiés Chagos (GRC). Il souligne que ce jugement de la Cour de Strasbourg tombe au moment même où la Maison Blanche a émis une fin de non-recevoir à la pétition signée par des milliers de Mauriciens pour soutenir le droit de retour des Chagossiens dans leurs îles natales.
Paul Bérenger appelle les Chagossiens à garder espoir et promet que le « prochain gouvernement MMM » fera preuve « d’initiatives intelligentes » visant à faire évoluer la souveraineté mauricienne sur les Chagos. « Quand, dit-il, Maurice aura fait respecter sa souveraineté sur les Chagos, je donne la garantie aux Chagossiens qui le souhaitent qu’ils pourront retourner sur leurs îles », promet-il.
Le leader de l’Opposition et du MMM a profité de cette dernière rencontre de l’année avec la presse pour formuler ses meilleurs voeux à la population pour un joyeux Noël et une bonne année 2013.