Dans une lettre au Premier ministre indien, remise hier à Prashant Pise, le Deputy High Commissioner of India, la Commission des Femmes du MMM exprime sa sympathie à la famille de la jeune victime du viol collectif et à l’ensemble de la population indienne qui a témoigné de son indignation. Cette commission est confiante que le gouvernement indien « prendra des mesures qui serviront d’exemple à d’autres pays ». « Cette rencontre ne s’est pas résumée qu’à une remise de lettre, il y a eu un vrai partage », commente Lysie Ribot, présidente de l’aile féminine du parti mauve.
Pour rappel, la jeune étudiante indienne qui a été agressée sexuellement le 16 décembre dernier par plusieurs individus est décédée treize jours après. La délégation de la Commission des Femmes du MMM, qui s’est rendue à la Haute Commission de l’Inde en fin de matinée hier, était composée de cinq personnes, à savoir Cherylle Rayapen (secrétaire de cette instance) et les quatre députées du parti mauve qui sont Lysie Ribot, Arianne Navarre-Marie, Françoise Labelle et Josique Radegonde. « En tant que femmes nous ne pouvons rester insensibles à ce drame qui a bouleversé et indigné la population indienne ainsi que le monde entier. Le parti politique auquel nous appartenons a toujours prôné le respect de la femme et n’a jamais cessé de militer en faveur de ses droits et nous vous demandons de bien vouloir transmettre nos sympathies à l’ensemble de la population indienne », a dit hier Lysie Ribot au représentant de la Haute Commission indienne.
Les responsables de cette commission féminine lui ont part aussi de leur appréciation de l’attitude solidaire de la grande majorité des Indiens, hommes et femmes confondus, face à ce crime. Dans sa lettre, cette commission dit qu’elle accorde tout son soutien aux diverses associations qui ont protesté avec force et qui ont aussi témoigné de leur désir et de leur volonté pour créer « a safe environment for girls and women, free from the crime of rape and sexual abuse ».
La commission des Femmes du MMM considère les revendications de ces différentes associations comme « légitimes » car ces requêtes ouvriront la voie à un environnement plus sécurisant pour les femmes et l’ensemble de la société en Inde et d’autres pays. « Dans le passé l’Inde a déjà initié des actions dans certains domaines, qui ont été suivies dans d’autres pays. Nous sommes confiantes que l’Inde sortira grandie de ce triste événement et qu’elle prendra les mesures appropriées qui peuvent à nouveau servir d’exemple à d’autres pays qui font face à ce type de problème », a dit hier Françoise Labelle.
Violence domestique et viol marital
Pour sa part, le Deputy High Commissionner a confirmé aux représentantes de la Commission des Femmes du MMM qu’il y a eu effectivement une protestation générale en Inde contre ce crime sexuel atroce. « There is a strong feeling across the board and every where in India following this particular case », a dit à ce sujet Prashant Price en ajoutant qu’il y a eu d’énormes difficultés pour trouver des avocats pour la défense. Prashant Price a fait comprendre à ses interlocutrices qu’il ne peut faire des commentaires sur une affaire qui est devant une Cour de justice. Mais il a insisté sur le caractère dynamique du système judiciaire indien en disant que « the judiciairy is very active ». Il a reconnu que cette affaire « is a very serious matter » et de ce fait, a-t-il fait remarquer, les autorités ont opté pour un « fast track ». « Ce n’est pas pour autant qu’il faut perdre de vue la notion de fair trial. Il est nécessaire d’avoir un équilibre même s’il y a un fast track », a dit Prashant Price. Celui-ci s’est dit « confiant » que ce triste événement débouchera sur « quelque chose de positif », d’autant, a-t-il ajouté, qu’il y a trois femmes qui occupent des postes clés au niveau politique : le Chief Minister de New Delhi, le Speaker du Lok Sabha et le leader de l’opposition.
Par ailleurs, cette rencontre a débouché sur des échanges intéressants portant sur les efforts entrepris à Maurice et en Inde pour faire régresser les différentes formes de violence physique à l’encontre de la femme. Les deux parties ont évoqué, entre autres, la question de la violence domestique et celle du viol marital. Les dirigeantes de la commission féminine aussi bien que le Deputy High Commissionner reconnaissent que malgré les efforts des autorités, beaucoup de femmes victimes de viol hésitent encore à rapporter le cas à la police.
À la sortie de cette rencontre, les cinq dirigeantes de la Commission Femmes du MMM affichaient la satisfaction. « Cette rencontre ne s’est pas résumée à une simple remise de lettre. Elle a duré plus de trente minutes et elle a été très enrichissante. Il y a eu un vrai partage démontrant par là même que les cas de violence atroce à l’encontre des femmes dépassent les barrières géographiques et que les hommes et les femmes de bonne volonté doivent unir leurs efforts pour venir à bout de ces problèmes », dit Lysie Ribot.