Le leader du MMM, Paul Bérenger, a condamné samedi la décision de la Banque centrale de mettre une ligne de crédits de Rs 4 milliards à la disposition de la National Property Fund Ltd et des Special Administrators de la BAI Co (Mtius) pour le remboursement des 7 836 détenteurs de 12 689 polices d’assurance. Pour lui, ce n’est pas le rôle de la Banque centrale de prêter de l’argent dans une circonstance pareille sans savoir jusqu’à quand. « Je suis choqué que le gouverneur de la Banque centrale ait accepté d’entrer dans “sa kales kase” », dit-il.
Paul Bérenger a rappelé que le ministre des Finances et d’autres membres du gouvernement avaient fait de « grandes » déclarations annonçant que les actifs détenus par la BAI au Kenya seraient vendus afin d’obtenir les Rs 3,9 millions dont les Special Administrators avaient besoin. « Adding insult to injury, le gouvernement veut faire croire qu’il préfère ne pas vendre les actifs détenus au Kenya. Rien de plus faux, l’argent est bloqué au Kenya », a-t-il lancé, tout en prévoyant que ce sera le cas pour longtemps encore. Il a observé que les salaires des employés de Courts, d’Apollo et d’Iframac sont payés à partir d’une autre ligne de crédit sur laquelle aucun détail n’a été donné. Par ailleurs, alors que le ministre Roshi Bhadain avait donné la garantie totale à la veille des élections que tous les emplois seraient garantis, Paul Bérenger s’élève contre le fait qu’il vient dire maintenant que tout sera fait pour en sauver le maximum. Cela sous-entend que certains emplois ne seront pas protégés, dit-il.
Pour Paul Bérenger, l’heure des comptes a sonné, tout comme l’heure de la vérité après les élections municipales. Pour lui, l’exemple le plus choquant est ce qui est arrivé à la Coopérative de Vacoas. « À la veille des élections municipales, le gouvernement a entretenu l’espoir chez les personnes affectées par la fraude dans cette coopérative que leurs demandes seraient prises en compte. Or au lendemain des élections, le ministre des Coopératives a annoncé la liquidation de l’association, et ce, au grand dam des membres », a-t-il observé.
Le leader de l’opposition a dénoncé l’attitude des ministres Bhadain et Bholah par rapport aux petits entrepreneurs qui « vont à la faillite ». « Le gouvernement a le devoir d’aider les petites et moyennes entreprises et commerçants qui vont à la faillite à cause de la manière dont on a tué la BAI ». Il a aussi tiré la sonnette d’alarme contre la façon dont le ministre des Finances prépare l’opinion à accepter l’idée que l’argent public soit utilisé dans le cadre de « cette affaire qui aura créé un trou financier estimé à plusieurs milliards de roupies ».
Abordant le dossier de Betamax, Paul Bérenger a rappelé l’ardeur avec laquelle Showkutally Soodhun avait défendu ce dossier pendant qu’il était ministre sous Navin Ramgoolam. « Nous n’accepterons pas que la même chose qui s’est produite dans l’affaire Gooljaury se répète. Nous n’avons pas confiance en la police ». Il a rappelé que tout a été décidé par un comité interministériel présidé par Xavier Duval. Il a demandé au Premier ministre adjoint de rendre public les minutes of proceedings des travaux de ce comité ministériel ainsi que le rapport qui a été soumis au gouvernement.
Par ailleurs, Paul Bérenger a critiqué la façon dont le judiciaire a été associé à l’affaire des terrains de l’État à travers les déclarations du ministre des Terres, Showkutally Soodhun.