Le leader de l’opposition a souhaité hier que le comité parlementaire sur l’ICAC se réunisse le plus vite possible afin de suspendre le directeur de l’ICAC et de le remplacer par une autre personne, en suivant les procédures prévues par la POCA. Mais selon Paul Bérenger, les procédures pour la nomination de l’actuel directeur de l’ICAC « n’ont pas été respectées », car le Premier ministre n’aurait pas consulté le leader de l’opposition, comme prévu par la loi.  
Paul Bérenger, qui rencontrait la presse hier, a expliqué s’être prononcé depuis janvier dernier contre la manière dont l’actuel directeur de l’ICAC a été choisi. « Les procédures n’ont pas été respectées », a-t-il fait ressortir, reprochant au Premier ministre de l’avoir nommé avant d’avoir eu des consultations avec le leader de l’opposition comme prévu par la loi. Il affirme que dans une démocratie parlementaire, l’opposition est aussi importante que le gouvernement. Le leader du MMM a révélé qu’à plusieurs occasions l’actuel Premier ministre ainsi que l’ancien président de la République l’ont consulté concernant certaines nominations et ont dans plusieurs cas considéré son avis. La POCA prévoit que le directeur de l’ICAC peut être suspendu par une majorité simple du comité parlementaire sur cette institution.
Le leader de l’opposition s’est élevé contre le « harcèlement » du DPP, estimant que « si une personne a quelque chose à lui reprocher, la Constitution prévoit que le cas doit être porté devant le Judicial and Legal Service Commission présidé par le chef juge ». Dans l’éventualité où la Commission arrive à la conclusion que le DPP a fauté, elle devra recommander au Président de la République d’instituer une commission composée des juges du Commonwealth pour se prononcer sur la question. Pour Paul Bérenger « le pays passe par une situation dangereuse ». Il estime que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, « n’est pas étranger aux dérapages » qu’a connus le pays ces derniers temps.
Concernant le traité de non double imposition avec l’Inde, Paul Bérenger a affirmé être en possession du projet de protocole présenté par Maurice et du “minutes of proceedings” signé notamment par Dev Manraj à l’issue du Joint Working Group. Ce document décrit l’accord auquel les deux parties sont arrivées et recommande que les ministres concernés des deux pays le ratifient dans le plus bref délai. Paul Bérenger a toutefois affirmé que, par respect pour l’Inde, il ne comptait pas pour le moment rendre les deux documents publics.
Le leader de l’opposition a toutefois observé qu’après « avoir résisté pendant 20 ans » à l’amendement de la clause concernant le Capital Gain Tax, Maurice a finalement cédé lors de la dernière réunion à Delhi. Il a aussi déploré les pressions exercées sur les opérateurs pour qu’ils ne parlent pas. « Pe teroriz zot, fer zot per », a-t-il soutenu. Il a observé qu’après que le ministre des Finances ait qualifié de « dénouement heureux » l’accord conclu entre l’Inde et Maurice, aujourd’hui, « il veut corriger le tir en disant que “ rien n’a été décidé ” et en a annoncé les autorités indiennes à travers une lettre par le biais du haut-commissaire indien à Maurice ». Paul Bérenger a finalement lancé un appel à l’Inde pour demander « qu’au nom des relations d’amitié qui lient les deux pays, les autorités revoient leurs positions » concernant le Capital Gain Tax.
Paul Bérenger a finalement observé que la façon dont le dossier concernant l’investissement de Rs 1,2 milliard pour l’achat d’Apollo Bramwell est comparable à MedPoint. Il estime qu’il y a une procédure à suivre et qu’il revient au ministère du Logement d’en faire l’acquisition. D’après le leader de l’opposition, « les procédures ne sont pas suivies ». Il considère que « rien n’indique que les locaux actuels soient appropriés pour la création d’un hôpital universitaire » et il estime que si le gouvernement veut s’engager dans un tel projet, « il est préférable qu’il construise son propre bâtiment ».
Invité à commenter les récentes déclarations du leader du Mouvman Liberater concernant le MMM, Paul Bérenger a indiqué que « personnes au sein du MMM n’a pris la déclaration d’Ivan Collendavelloo au sérieux ».