Le leader du MMM a estimé samedi lors d’une conférence de presse à l’hôtel Park Hennessy à Ébène que « Maurice est un pays à la dérive et un bateau sans capitaine ». Paul Bérenger a critiqué le Premier ministre Navin Ramgoolam pour avoir fait une déclaration « stupide et enfantin » lors de sa première sortie publique en début d’année.
Passant en revue la situation dans le pays, Paul Bérenger a observé que l’économie est en pilotage automatique. « L’économie continue à fonctionner grâce au secteur privé qui opère sans tenir compte du gouvernement », a soutenu le leader de l’opposition qui estime que toutes sortes d’initiatives auraient pu être prises et de nouveaux secteurs économiques auraient dû être créés.
Le leader du MMM a observé que le Premier ministre n’a pas été en mesure de prendre des décisions durant des années concernant le fait que le secteur privé attendait depuis des années le feu vert du gouvernement et de la State Trading Corporation pour la production d’éthanol. Finalement, le secteur privé est allé de l’avant avec le projet, mais uniquement pour l’exportation.
Afin de démonter « l’immobilisme gouvernemental », Paul Bérenger a aussi cité le licenciement d’une employée du CEB qui a ignoré l’appel lancé par le ministre du Travail pour sa réintégration. De son côté, le DPM, Rashid Beebeejaun à qui une lettre avait été adressée en faveur de la licenciée, a refusé céder aux appels en faveur de celle-ci, soutient-on.
Le leader de l’opposition a estimé qu’il est bon que le juge Bushan Domah se soit retiré de l’affaire Nandanee Soornack. « En fait, il n’aurait jamais dû prendre cette affaire », a dit Paul Bérenger, tout en considérant qu’il n’aurait jamais dû émettre un Gagging Order. « Après le jugement du Privy Council dans l’affaire Lesage et le Gagging Order, le judiciaire mauricien est à la croisée des chemins. Je compte sur le chef juge Sik Yuen et le juge Matadeen, Puisne Judge, pour remettre le judiciaire sur la bonne voie », a-t-il.
Commentant l’erreur commise par le directeur de l’AML Serge Petit, Paul Bérenger est d’avis que ce dernier aurait dû avoir la décence de démissionner. Il s’est toutefois réjoui de l’annonce de la MRA sur des enquêtes qui ont été ouvertes sur les activités commerciales de Mme Soornack. Il a lancé une mise en garde contre toute tentation de faire pression sur cette institution. « Plus on avance, plus on mesure les ramifications de l’empire Soornack /Gooljaury », a-t-il dit. Et de citer l’achat d’un bâtiment de Rs 600 millions construit sur la prime land du BPML sans toutefois donner des détails.
Poursuivant son analyse, le leader du MMM a dénoncé la politique de deux poids deux mesures de la police en se référant à la manière dont la directrice de communication du PTr Nita Deerpalsing a été accueillie aux Casernes centrales qui contraste avec le traitement accordé aux membres de l’opposition. « Or dans l’intérêt du law and order, il est important que l’image de la police soit aussi bonne que possible et qu’une fin soit mise à la politique de transferts punitifs. Il est temps que la police se ressaisisse ! »
S’agissant de l’affaire Timol, Paul Bérenger a fait état de l’institution d’une commission d’enquête qui, dit-il, remonte à 2000. Ce qui ferait traîner l’enquête pendant des années. « Nous veillerons à ce que l’enquête de la police se poursuive. » À ce sujet, Paul Bérenger a précisé que le MMM a toujours été contre la nomination des juges en fonction comme président de commissions d’enquête pour le bien du judiciaire. Il est aussi revenu sur l’affaire de trafic d’armes. « Nous sommes contre le fait que cette affaire ait été mise entre les mains de l’ICAC. Pe fer sa pou touf tou zafer », a-t-il dit. « Il n’y a aucune raison pour que ce dossier soit confié à l’ICAC surtout l’aspect concernant Mme Austin. Il aurait dû être entre les mains du bureau du Premier ministre et de la police. »
Paul Bérenger s’est par ailleurs élevé contre la publication de deux rapports de l’audit. Selon lui, un rapport sur chaque département qui tiendrait compte des points positifs et négatifs suffit. Il revient, selon lui, aux porte-parole de chaque ministère de communiquer sur les mesures prises pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport de l’audit.
Le dossier des marchands ambulants à Port-Louis a aussi été évoqué. Paul Bérenger a observé que la municipalité cherche des solutions et fait des propositions, qui concernent aussi le ministre des Infrastructures publiques. « Je compte sur Anil Bachoo pour ne pas faire de ce dossier un problème partisan », a-t-il lancé.
Paul Bérenger a finalement exprimé sa solidarité aux habitants d’Agalega qui rencontrent actuellement des problèmes en termes de fourniture d’électricité, de la réception de la MBC et de la santé. « Je demande au gouvernement d’agir sans tarder … » Il a rappelé que le gouvernement du MMM avait déjà envisagé, avec l’aide de l’Inde, de remettre la piste d’atterrissage en état, mais rien n’a été fait jusqu’ici.