Les quatre députés du MMM qui ont démissionné du comité parlementaire de l’Independent Commission Against Corruption affirment que leur parti refuse de cautionner le manque d’indépendance et l’inefficience de l’ICAC, ainsi que la manière de faire du Parti travailliste.
 Ils déplorent l’absence de réunion de ce comité parlementaire depuis juillet dernier alors que d’après la loi, ont-ils dit, cette instance doit se réunir au moins une fois par mois.
« Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une violation flagrante de la loi par le Chairperson de ce comité », estime Steve Obeegadoo, un des démissionnaires. « Enough is enough. Pa kapav business as usual », n’ont cessé de répéter Rajesh Bhagwan, Jean-Claude Barbier, Steeve Obeegadoo et Kee Cheong Li Kwong Wing, les quatre membres démissionnaires en donnant une liste de divers scandales touchant plusieurs institutions du pays. Selon eux, la République de Maurice « serait en danger » à l’heure actuelle en ce qu’il s’agit de l’étendue de la fraude et la corruption. « Il y a une escalade sans précédent en termes de scandales en tous genres. Telma ena ki MMM bizin triye pou ki kapav denonse. Nous sommes obligés de nous dissocier de la façon de faire du Ptr. Si nou pa demisione nou vinn konplis du Ptr », a déclaré hier Steve Obeegadoo. Selon les quatre députés MMM, ces nombreux cas de fraude/corruption/irrégularités dont certains font l’objet d’enquêtes de la part de l’ICAC « sont le reflet de la mauvaise gouvernance du Ptr ». Steve Obeegadoo a annoncé que le MMM entreprend en ce moment un « travail en profondeur » sur le problème de la fraude/corruption et présentera ensuite un dossier sur la question.
Les quatre députés du MMM soutiennent que leur démission de ce comité parlementaire est loin d’être une démarche anodine et qu’elle s’inscrit dans la logique du combat du MMM contre la fraude et la corruption. Leur démission, ont-ils expliqué à la presse hier, a pour but d’envoyer un « signal fort au gouvernement », mais aussi de provoquer un sursaut dans la population par rapport à ce problème. Ils ont souligné l’absence de réunion de ce comité parlementaire depuis juillet dernier, alors que la loi indique que cette instance « shall meet at least once a month ».
La première réunion de ce comité a eu lieu en juillet 2010 et il y a eu au total onze réunions. Ces membres démissionnaires affirment avoir participé à toutes ces réunions et collaboré pleinement aux travaux du comité. « Dans le respect des institutions il y a eu une présence assidue du MMM. Nous avons apporté notre contribution dans les discussions qui se sont déroulées. Malheureusement aujourd’hui la frustration est grandissante », disent-ils. Ces démissionnaires notent aussi que ce comité, comme prévu dans la loi, n’a jusqu’ici pas présenté de rapport à l’Assemblée nationale.
S’agissant de la performance et du fonctionnement de l’ICAC, les démissionnaires sont catégoriques sur le « manque d’indépendance » de cet organisme. « Un des points fondamentaux lorsque le gouvernement MSM-MMM avait créé l’ICAC en avril 2002, c’est que cet organisme serait totalement indépendant pas seulement par rapport à son nom, mais par son action. Me azordi kan nou get ICAC nou trouve ki se pa piti ki MMM-MSM finn kre en 2002 », dit Jean-Claude Barbier. Les démissionnaires ont fait clairement comprendre que leur démission ne signifie nullement une demande du MMM pour la dissolution de l’ICAC. « Nous ne demandons pas la dissolution de l’ICAC. Il faut rectifier le tir, revoir les dispositions de la loi pour assurer l’indépendance et l’impartialité de l’ICAC », a insisté Steve Obeegadoo.