Le MMM a, par le biais de son leader Paul Bérenger, condamné le communiqué conjoint anglo-américain sur les Chagos diffusé jeudi dernier par le Haut-Commissariat britannique et l’ambassade des États-Unis au lendemain d’une rencontre entre SAJ et deux hauts représentants des gouvernements américain et britannique. « L’affaire Chagos refait surface d’une manière bien négative », a affirmé le leader du MMM.
Paul Bérenger a insisté sur le « timing » du communiqué anglo-américain. Selon lui, sans celui-ci, la rencontre qui a eu lieu la veille entre le Premier ministre et les représentants américains et britanniques serait restée secrète. Le leader de l’opposition a souligné « le ton très dur » adopté par le communiqué conjoint qui n’hésite pas à évoquer le risque de « lasting damage » quant aux relations entre Maurice et les deux pays concernés par les Chagos, à savoir les États-Unis et la Grande-Bretagne. « En diplomatie, c’est l’expression la plus dure qui aurait pu être utilisée », a-t-il souligné. De plus, le communiqué, dit-il, nie la souveraineté de Maurice sur les Chagos en utilisant des termes « très blessants ». Le leader de l’opposition a toutefois affirmé que, depuis les dernières élections, le dossier des Chagos a été très mal géré. Il a déploré les insultes grossières proférées contre les États-Unis par SAJ lors du meeting du 1er mai. Il a rappelé l’initiative prise par le gouvernement en 2001 alors qu’il était dirigé par sir Anerood Jugnauth. Beaucoup de progrès avaient alors été réalisés.
Sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger avaient eu l’occasion d’évoquer le dossier avec le président américain d’alors, George Bush. « On serait arrivé loin si Ramgoolam n’avait pas abandonné l’initiative à son arrivée au pouvoir », a estimé Paul Bérenger. Il a aussi exprimé son « appréhension » quant au risque d’une détérioration des relations entre Maurice et la Grande-Bretagne au plus mauvais moment.
Interrogé sur l’opportunité d’une convocation du comité interparlementaire sur les Chagos présidé par SAJ, Paul Bérenger estime qu’une telle réunion « ne débouchera sur rien ». Il s’est plutôt prononcé en faveur d’une rencontre entre le Premier ministre et lui. « SAJ aurait pu, à cette occasion, se faire accompagner par une personne de son choix ».