Le leader du MMM est revenu à la charge samedi pour souligner que, dans le cadre du projet d’amendement du code pénal concernant l’interruption volontaire de grossesse dans des cas spécifiques, ce n’est pas le rôle des spécialistes que de statuer s’il y a eu viol. Paul Bérenger a rappelé par la même occasion qu’il est pour le projet de loi mais avec des réserves.
Revenant sur le texte de loi, le leader du MMM s’est prononcé en faveur de l’élimination du paragraphe consistant à placer sur les épaules de trois spécialistes la responsabilité d’arriver à une opinion partagée afin de déterminer s’il y a eu viol. « Ce n’est pas de la responsabilité des spécialistes de conclure qu’il y a eu viol. C’est du ressort de la police et de la cour. De plus, puisqu’on demande aux spécialistes d’arriver à une opinion partagée, il est possible que cela pousse certains d’eux à refuser de donner leur feu vert, retardant ainsi les procédures dans des genuine cases », a observé Paul Bérenger.
Le leader du MMM a par la même occasion fait part de son insatisfaction quant à la manière dont le gouvernement a traité un tel sujet. « C’est un sujet qui méritait d’être traité de façon sérieuse et solennelle avec autant de séances spéciales que nécessaire. Après tout c’est une question de vie et de mort. » Les débats devraient se poursuivre vendredi. Toutefois, ce n’est que le mardi 12 que Navin Ramgoolam prendrait la parole.
Commentant la mission du Premier ministre à Londres cette semaine, Paul Bérenger a expliqué qu’il avait l’intention de dénoncer ce déplacement de Navin Ramgoolam en vue de célébrer le Diamond Jubilee alors que la Grande-Bretagne a toujours refusé de discuter avec Maurice sur sa souveraineté sur les Chagos et le sort des Chagossiens. Cependant, entre temps, il y a eu, a-t-il dit, une fuite organisée dans la presse anglaise venant des autorités mauriciennes selon laquelle il y aurait une rencontre cruciale entre David Cameron et Navin Ramgoolam sur la souveraineté de Maurice sur les Chagos. « Ces articles ont raised expectations. Il n’est pas normal qu’en tant que Premier ministre de Maurice, Navin Ramgoolam n’ait pas confirmé ces déclarations ainsi que l’ordre du jour de la rencontre avec son homologue britannique », a estimé Paul Bérenger. Dans une vraie démocratie parlementaire, il aurait dû avoir fait une déclaration au parlement, a observé le leader du MMM.
Au chapitre des élections municipales, Paul Bérenger a trouvé normal que les anciens règlements soient remplacés après l’adoption d’un nouveau texte de loi. Il a rappelé que l’opposition avait déploré lors des débats sur le texte de loi présenté par le ministre Aimée — qu’il a qualifié de mauvais — l’absence de sanctions dans l’éventualité où la disposition légale concernant la représentation des genres par arrondissement ne soit pas respectée. La loi prévoit qu’il y ait au moins une femme par arrondissement. Or, cela aurait dû faire partie des règlements qui sont publiés par la Commission électorale. Il estime que ce n’est pas la façon de procéder et que cette question doit faire l’objet d’un amendement du texte de loi sur les Administrations régionales. Il a demandé que cela soit fait le plus rapidement possible sans être utilisé comme prétexte pour le renvoi des élections municipales.
Paul Bérenger a finalement dénoncé ce qu’il estime être la volte-face du ministre de l’Industrie et du Commerce, Cader Sayed-Hossen concernant un rapport sur la STC. « En décembre, le ministre de l’Industrie avait annoncé au parlement son intention d’instituer une enquête sous la direction d’un magistrat pour se pencher sur le rapport et que les findings seraient remis l’ICAC. Or, à la lumière de la réponse ministérielle cette semaine, il n’y aura plus ni full-fledged enquiry ni recours à l’ICAC » ; selon lui, le ministre aurait dû démissionner. Il a observé qu’en réponse à une question de Kee Cheong Li Kwong Wing, il s’est avéré que la STC ait fait des profits de Rs 1,9 milliard sur les produits pétroliers en 2011. Paul Bérenger a déploré que le ministre du Commerce n’a toujours pas réduit les prix de l’essence alors que cela a été le cas en Afrique du Sud.
Concernant la censure de la chanson de Susheela Raman, Paul Bérenger a observé qu’Immédia aurait dû éclaircir les choses mais que le ministre de la Culture a commis une grosse bourde. Après avoir fait une première déclaration cette semaine, Mookhesswur Choonee est venu dire le contraire lors d’une conférence de presse vendredi. « Nous ne sommes pas pour la censure mais il est du devoir de tout un chacun de ne pas allumer le feu », a-t-il dit.