Les municipalités sous le contrôle de l’opposition baisseront les Trade Fees parce qu’elles avaient au départ proposé des augmentations raisonnable », a déclaré le leader de l’opposition et du MMM, Paul Bérenger, lors d’une conférence de presse jeudi à la municipalité de Port-Louis. Il a critiqué très sévèrement le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, pour avoir proposé des augmentations massives avant de demander aux collectivités locales de baisser le taux proposé. Il considère que le ministre aurait dû avoir le courage de démissionner.
Pour le leader de l’opposition, le ministre des Administrations régionales est une catastrophe et il est responsable si les collectivités locales se sont retrouvées dans la situation actuelle. Aux termes de la législation régissant les collectivités locales, dit-il, ces dernières doivent obligatoirement présenter un budget équilibré. C’est ainsi que la municipalité de Port-Louis avait proposé une augmentation raisonnable des Trade Fees tout en proposant d’autres mesures ainsi que l’exemption des petits commerçants. Elle avait même proposé une taxe de Rs 100 % sur chaque container entrant dans le port qui tombe sous sa juridiction. Or le ministre a choisi de proposer une majoration exagérée variant entre 100 % et 200 %. Et devant les protestations soulevées dans le pays, il demande maintenant une baisse de ces Trade Fees. « Comment les municipalités vont-elles équilibrer leur budget, il n’a rien dit à ce sujet », s’est insurgé Paul Bérenger.
« Naturellement les municipalités baisseront les Trade Fees parce qu’au départ elles avaient proposé des augmentations raisonnables et des exemptions pour les petits commerces… Il s’agira maintenant de calculer le manque à gagner et de faire des propositions pour obtenir des revenus supplémentaires. Espérons qu’Aimée « pas pou fané » », dit Paul Bérenger. Il a observé que le ministre des Administrations régionales a demandé aux municipalités de rembourser ceux qui ont déjà payé. « Il ignore les difficultés administratives et légales que cela entraîne. Li ti bizin démissionne », a dit Paul Bérenger.
Abordant les négociations en cours entre le MSM et le MMM concernant la liste des candidats en vue des prochaines élections, Paul Bérenger a dénoncé les informations qu’il a qualifiées de fictives parue dans une section de la presse locale. Il a démenti une information selon laquelle le MMM ne présenterait pas de candidat dans la circonscription N° 5 et « l’oeuvre de quelqu’un qui ignore tout du MMM ». Il a expliqué qu’il a été le premier à affirmer, tenant en considération le nombre de jeunes qui viennent vers le MMM, qu’il est normal qu’il y ait des difficultés pour présenter 30 candidats dans le cadre du Remake et pour choisir les ministres après une victoire éventuelle aux élections générales. « Nous travaillons sur la liste des 60 candidats du Remake. Le MMM travaille sur sa liste de 30 candidats. Mais en même temps, nous parlons des autres postes à pourvoir dont ceux du président, du vice-président, du Speaker, du Chief Whip, de l’Attorney General etc. », a-t-il dit. Il ajoute que les discussions sont en cours. « Nous ne finaliserons pas la liste des candidats alors que la date des élections n’est pas connue. La liste sera finalisée à la veille des prochaines élections », a-t-il dit.
Situation malsaine à Rodrigues
Répondant aux questions de la presse, Paul Bérenger a expliqué que c’est lui qui avait demandé à sir Anerood Jugnauth de créer le Remake selon le principe trois ans de fonction premier ministérielle pour SAJ et deux ans pour lui et le partage des tickets selon la formule 30/30. Il a rappelé que lors de la dernière assemblée de délégués, il avait expliqué que le MMM avait le choix entre conclure une alliance avec le MSM pour renverser le gouvernement ou aller tout seul aux élections avec 60 candidats. Il avait personnellement opté pour la première solution.
S’agissant de la situation au sein du GM, Paul Bérenger a observé que le ministre Sik Yuen organise de « grandes fiestas » à Curepipe auxquelles sont conviés les travaillistes mais pas le PMSD. Il ajoute que le ministre Sik Yuen traite l’Equal Opportunity Commission avec un mépris total alors que le Premier ministre Navin Ramgoolam fait les éloges de cette institution.
Paul Bérenger a aussi dénoncé la situation « très malsaine et troublante » prévalant à Rodrigues. Il déplore qu’un inspecteur de police qui menait l’enquête sur le meurtre d’un jeune commis il y a quelques années ait dû se retirer de l’enquête à cause de pressions. Il a exprimé des réserves au sujet de l’officier qui a été dépêché à Rodrigues pour le remplacer.
Paul Bérenger a finalement parlé de sa présence à la cérémonie d’investiture du nouveau président de la République de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina. Il a affirmé avoir eu l’occasion de rencontrer les dirigeants du gouvernement et de l’opposition. « Je n’ai que des amis là-bas », a-t-il dit.
Pour lui, Madagascar connaît une situation très fluide sur le plan politique et le pays a une occasion fantastique pour amener « un vrai nouveau départ » avec le soutien de la communauté internationale. Il a déploré l’absence du Premier ministre à la cérémonie d’investiture.
Commentant le dossier du traité de non double imposition entre Maurice et l’Inde, il a estimé que Maurice a mal géré ce dossier.