Le lancement du PMU Moris dans le paysage mauricien a été accueilli avec hostilité par le MMM samedi. Paul Bérenger, qui rencontrait la presse, voit dans cette démarche « une incitation aux activités des “zougader” ». Ce qui va « à l’encontre des promesses formulées par le gouvernement à son arrivée au pouvoir », qui s’était engagé à oeuvrer contre les jeux de hasard.
Le leader du MMM s’est appesanti sur les « grandes promesses de Vishnu Lutchmeenaraidoo » pour mettre fin à la « nasion zougader ». Toutefois, a-t-il observé, c’est totalement le contraire qui s’est produit. « Depi eleksion zame bann zougader pa finn otan proteze », a-t-il soutenu. Paul Bérenger relève que « dans le budget il y avait des mesures pour favoriser un bookmaker proche du Premier ministre ». Or, « PMU Moris n’est pas étranger à un bookmaker, qui est également très proche de Pravind Jugnauth », affirme-t-il. « Nous dénonçons les volte-face du gouvernement », a-t-il lancé.
Paul Bérenger avait auparavant évoqué le mini-remaniement ministériel suite à la démission forcée de Showkutally Soodhun pour avoir tenu des propos à relent communal. « Son départ a permis à la population de pousser un ouf de soulagement ». Le leader du MMM considère que le même sentiment a été éprouvé suite à la démission de Raouf Gulbul de la présidence de la GRA et de la Law Review Commission. Il observe toutefois que la population est « choquée » par la nomination de Roubina Jadoo-Jaunboccus comme ministre de l’Égalité des genres.
Concernant l’enquête menée par Lutchmeeparsad Aujayeb sur le renouvellement du contrat de Vijaya Sumputh aux fonctions de directrice de Trust Fund for Specialised Care du ministère de la Santé, Paul Bérenger a demandé que le rapport de cette investigation soit rendu public. Ce qui permettra de « connaître toute la vérité sur le rôle qu’a joué Anil Gayan alors qu’il était ministre de la Santé ». Dans une autre ligne d’idées, il a trouvé « dégoûtant » que Kalyan Tarolah était non seulement présent au parlement, mais s’est permis de poser une question au Premier ministre adjoint et ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo.
Commentant le texte de loi sur la création de la SME Ltd, Paul Bérenger a affirmé que « les gens qui ont le plus souffert des fausses promesses du gouvernement ont été les opérateurs des PME ». Selon lui, la SME Ltd est « en contradiction avec leur propre “master plan” ». L’idée initiale, dit-il, « était de faire évoluer la SMEDA pour devenir un corps para-étatique ». Paul Bérenger estime que la création d’une compagnie gouvernementale privée constitue « une volte-face vis-à-vis des petites entreprises ». Il a trouvé ironique que le député Rughoobur, choisi pour donner la réplique à Reza Uteem, a finalement donné raison à ce dernier, allant même jusqu’à demander au Premier ministre de retirer son texte de loi.
Revenant sur l’enregistrement en possession de Xavier-Luc Duval qui a mené à la démission de Showkutally Soodhun, Paul Bérenger a déclaré : « Il est clair que la cassette en question a été remise à “l’express” le 7 novembre, mais la date depuis laquelle cette cassette est en possession de Xavier Duval n’est pas claire ». Les différentes déclarations du leader du PMSD donnent lieu, selon lui, à des confusions. Il a demandé à Xavier-Luc Duval, en tant que leader de l’opposition constitutionnel, de préciser la date à laquelle il a pris possession de la cassette.
Le leader du MMM a également rappelé que le dossier des Chagos sera pris par la Cour internationale de justice l’année prochaine. « Pour la première fois depuis l’existence de la CIJ, un candidat présenté par le conseil de sécurité a été rejeté par l’Assemblée générale », constate-t-il. En effet, la Grande-Bretagne a dû retirer son candidat, qui n’avait aucune chance de battre la candidate présentée par l’Inde. « Ce qui arrive à la Grande-Bretagne est un signe de la colère de l’Assemblée générale contre la façon d’opérer de l’ONU, mais c’est également un signe avant-coureur de ce qui attend la Grande-Bretagne après le Brexit. Elle devra par conséquent adopter une attitude raisonnable en particulier devant la CIJ lors de l’étude du cas des Chagos », est d’avis le leader des mauves.
Paul Bérenger a finalement favorablement accueilli la démission de Robert Mugabe à la présidence du Zimbabwe et a établi un parallèle avec le départ de Dos Santos de la présidence de l’Angola.