Avec la mise au jour de l’affaire alléguée d’escroquerie et de pots-de-vin au Board of Investment (BOI), Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM a réclamé, hier, lors de son point de presse hebdomadaire, le départ du président du Conseil d’administration de cet organisme, Maurice Lam. « Le président offshore du BOI ne perd rien pour attendre! « , prévient le leader de l’opposition. Ce dernier, qui répète, que, selon lui, la Central CID est « non-équipée » pour tirer au clair cette affaire « aux ramifications internationales », estime qu’il faudra, pour cela, attendre l’installation du prochain gouvernement. L’affaire de double usurpation d’identité pour avoir accès à un détenu condamné pour trafic de drogue à la prison de Beau-Bassin est, par ailleurs, jugée par Paul Bérenger comme un « véritable symbole du breakdown du law and order dans le pays ». « Le Commissaire de police doit s’expliquer sur toute cette affaire ! », répète-t-il encore.
Parlant de l’affaire qui vient de surgir au Board of Investment (BOI), M. Bérenger soutient qu’il n’y a, en fait, rien de nouveau, au niveau de cet organisme. Il se réfère, à ce propos, à un article de Week-End paru fin avril 2007 dans lequel il avait, notamment, dénoncé le Business Facilitation Act en citant le cas d’un investisseur étranger avec un projet « valable » et qui avait rempli toutes les conditions mais dont les démarches n’aboutissaient pas car il n’avait pas fait le « geste » qu’on attendait de lui.
Après la mise à jour de l’affaire en cours, le leader de l’opposition dit être en présence d’informations à l’effet que le président du Conseil d’administration du BOI, Maurice Lam, basé à Singapour, serait rentré précipitamment cette semaine en vue de « tout verrouiller ». Selon Paul Bérenger, toujours, des caméras de surveillance ont été installés, une stricte surveillance des moyens de communication — internet, téléphone et fax — mise en place et le cabinet Ernst & Young a été nommé en vue d’une « supposée Forensic Auditing ».
Pour lui, tout cela est « inacceptable » et le « président offshore » du BOI doit partir. « Il ne perd rien à attendre ! « , lance même le leader de l’opposition. Ce dernier trouve, par ailleurs, que même si le Central CID arrivait à faire le mieux de ce qu’elle peut, ce service de police demeure « non-équipé » pour tirer au clair une telle affaire qui, soutient M. Bérenger, « a des ramifications internationales ». Il juge aussi inacceptables les conditions dans lesquelles des témoins étrangers dans cette affaire, « dont certains seraient même fichés en France », ont pu quitter le pays.
« Nous prenons l’engagement de faire toute la lumière, en temps et lieu, sur les pratiques au BOI de 2007 à ce jour », déclare Paul Bérenger pour qui il faudra attendre l’installation d’un prochain gouvernement pour tirer au clair cette affaire. Il laisse aussi entendre qu’il dévoilera au moment opportun la manière par laquelle, selon lui, il aurait fallu procéder pour faire toute la lumière sur ce cas allégué de malversation.
Prison : « Le CP doit s’expliquer ! « 
L’autre affaire en cours concernant un double cas d’usurpation d’identité pour avoir accès à un détenu condamné pour délit de drogue dans l’enceinte même de la prison de Beau-Bassin fait aussi, de nouveau, l’objet de commentaires du leader de l’opposition. Celui-ci s’indigne qu’au moment même où, dit-il, la dégradation du maintien de l’ordre et de la paix constitue, soutient-il, la principale préoccupation de la population, une policière et son complice ont pu déjouer le système de sécurité de la prison.
« Tout cela symbolise le véritable breakdown du law and order », juge Paul Bérenger. Ce qui, dit-il, ne peut qu’accroître la profonde inquiétude de la population. « Le Commissaire de police doit s’expliquer », trouve-t-il, avant d’indiquer qu’il faisait confiance au Senior Magistrate nommé pour faire toute la lumière sur cette affaire. Le leader de l’opposition ne s’explique pas comment la police qui a objecté, le 1er juin, à la remise en liberté des deux prévenus dans cette affaire ne l’était plus le 9 juin.
Il s’étonne aussi de la vitesse à laquelle l’enquête policière aurait été bouclée. « Pourtant,  ce n’est que maintenant que l’inspecteur du poste de Midlands qui avait émis le memo est suspendu. Le Commissaire de police a le devoir de dire ce qui s’est passé, si quelqu’un est intervenu, qui a pris la décision, qu’est-ce qui a expliqué le comportement de la police », dit-il.
Paul Bérenger qui précise qu’il n’a pas, pour sa part, accusé le ministre Satish Dayal de quoi que ce soit dans cette affaire, s’interroge de la possibilité d’un « excès de zèle » quelque part en évoquant ce qu’il qualifie de « volte-face soudaine » de la police. Il trouve, à ce propos, « imprudent » de la part du Premier ministre de donner la garantie qu’il n’y a pas eu interférence à quelque niveau.
« Tamassa digne du PMSD! »
Le récent Shopping Festival ainsi que le carnaval organisés par le ministère du Tourisme et la Mauritius Tourism Promotion Agency (MTPA) sont, d’autre part, qualifiés par le leader de l’opposition de « tamassa typique du PMSD ». Il juge que ces activités projettent, en fait, une image négative tant sur le secteur du tourisme que sur le pays, en général.
Mais déjà, M. Bérenger annonce la couleur : « Il leur faudra bien rendre des comptes sou par sou! » L’opposition MMM, promet-il, veillera à ce que l’Audit se  passe au crible tous les aspects financiers de cette fiesta. Paul Bérenger ironise sur le fait que le directeur de la MTPA n’a rien trouvé de mieux à dire que les embouteillages causés à Flic-en-Flac en raison du carnaval n’ont pas débouché sur… une émeute. Il s’étonne aussi que dans notre Etat de droit, les organisateurs ont jugé utile d’avoir recours, pour l’organisation de cette manifestation, à une entreprise privée de sécurité.
Au sujet du rapport d’audit accablant l’Ag Chief Finance Officer du Central Electricity Board (CEB), le leader de l’opposition se dit « révolté » par le comportement du ministre de tutelle, le Dr Rashid Beebeejaun. « Tout en prétendant ne pas avoir pris connaissance de ce rapport, le ministre le remet en question! » Paul Bérenger qui souligne que le CEB qui constitue un outil indispensable pour le développement socio-économique et qui était, autrefois, « le joyau de Maurice » est, aujourd’hui, devenu un organisme « complètement pourri ».
« Il en est de même pour la Central Water Authority (CWA), autre organisme sous la tituelle du ministre Beebeejaun », dit-il. M. Bérenger félicite, à ce propos, les syndicats de la CWA « qui ont protesté contre les gaspillages et les passe-droits ».
D’autre part, le fait que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) n’a, « subitement », plus besoin de Sunil Dwarkasing « entre-temps passé au PTr » constitue, selon Paul Bérenger, « le dernier clou dans le cercueil de cette Commission ». A cet effet, il juge, une nouvelle fois, que les trois commissaires à la tête de l’ICAC « auraient dû avoir la décence de partir d’eux-mêmes ».