Le leader du MMM, Paul Bérenger, a souhaité hier l’introduction d’un amendement constitutionnel afin d’éclaircir une fois pour toutes les pouvoirs de la présidence afin que cette dernière puisse procéder à des nominations après consultations avec le Premier ministre et le leader de l’opposition.
« Amendons la Constitution de façon à confirmer les pouvoirs octroyés à la présidence de la République lors de l’adoption de plusieurs législations par le Parlement », a déclaré Paul Bérenger hier lors d’une conférence de presse. Ce dernier a affirmé que son parti s’engage formellement à ce que cet amendement soit « une priorité pour un prochain gouvernement MMM ».
D’autre part, Paul Bérenger a indiqué avoir « pleinement espoir » que la présidente de la République, dans tous les cas où les législations lui donnent le pouvoir de procéder à des nominations après consultations avec Premier ministre et le leader de l’opposition, « n’acceptera pas que le Premier ministre lui impose son choix ». Dès lors, le leader de l’opposition a rappelé qu’avant l’institution de la République, en 1992, « tous les pouvoirs étaient concentrés entre les mains du Premier ministre ». Il poursuit : « Les choses ont changé sensiblement après 1992 (…) Le gouvernement a adopté une série de législations donnant à la présidence de la République les pouvoirs de nomination sans que le parquet ne trouve à redire. Sir Anerood Jugnauth a utilisé à plusieurs reprises les pouvoirs dont il disposait alors qu’il était président de la République. » Selon Paul Bérenger, le “ruling” de l’Acting Sollicitor General, affirmant que le Premier ministre « doit avoir le dernier mot » dans tous les cas, « a changé les choses ». Il explique : « Il était question à un certain moment que le MMM recherche l’avis de la Cour suprême, mais sa démarche s’est heurtée à des problèmes de procédures insurmontables. »
Sur le chapitre de la réforme électorale, Paul Bérenger s’est dit « convaincu » qu’on « ne peut compter sur sir Anerood Jugnauth concernant la réforme électorale et la présentation d’une législation sur le financement des partis politiques ». À cet effet, le leader du MMM a rappelé qu’en 2000-2005, deux Select Committees avaient été mis sur pied, dont un présidé par Ivan Collendavelloo, ajoutant que « le MSM a saboté ce projet de réforme ». Aussi, pour Paul Bérenger, « le comité Duval ne débouchera sur rien ». Et de commenter : « Tant que sir Anerood Jugnauth sera Premier ministre, il n’y aura pas de réforme électorale ou de loi sur le financement des partis. » Paul Bérenger a pris « un engagement solennel » à l’effet que la réforme électorale « sera une priorité d’un prochain gouvernement ».
Répondant aux questions de la presse, Paul Bérenger est revenu sur la démission des parlementaires du MMM du comité parlementaire de l’ICAC. Il a estimé que cette commission est devenue une « succursale politique du gouvernement ». Paul Bérenger a de plus indiqué avoir soumis au chef de file du PTr, Shakeel Mohamed, la décision du MMM et qu’il le laisse « prendre ses responsabilités ».